Sources écrites Réédition de textes par Curiositas.org

Rédigé par Pierre Martin

Avis au public. Cabinet curieux.

Ce texte, sorte de tract publicitaire, figure à la suite du Discours abregé touchant les momies […] par Monsieur l’Abbé Fauvel, Abbé de Notre-Dame de Clerfay, chapelain Honoraire de la Chapelle du Roy, et Chanoine de l’Eglise Royale de S. Quantin. De l’imprimerie de la V. d’André Knapen, au bas du Pont S. Michel. Il est accompagné dans ce volume d'un permis d’imprimer et de distribuer du 3 septembre 1726.

Rédigé par Pierre Martin

André  BEAGUE : Detail general de toutes les raretez et varietez qu’on trouve chez André Beague marchand demeurant dans la maison qui fait le coin des petites halles, où pend pour enseigne l’Acteur romain, sur la petite place à Lille en Flandre. A Lille, chez P. Brovellio. 1755.

Très nettement, le cabinet de Beague sert de publicité à son fonds de commerce : il est vrai que les riches vêtements et accessoires qu’il propose à la location ne déparent pas les merveilles que recèlent les armoires de son cabinet. André Beague ouvre pour nous tous ses tiroirs, méthodiquement, l'un après l'autre, et l'on a la chance de pouvoir se représenter le capharnaüm du marchand collectionneur, un invraisemblable bric-à-brac d'objets aux noms savoureux, rassemblés dans un lieu circonscrit, son cabinet de curiosités au plafond luxueusement décoré. J’ai saisi le texte de l’exemplaire de la Bibliothèque Sainte-Geneviève (Réserve : 8 ZZ 6382 INV 9616 FA), et regrette de ne pouvoir offrir la gravure qui figure en regard de la page de titre.

Rédigé par Pierre Martin

Pierre BOREL, 1649 : « Catalogue des choses rares qui sont dans le Cabinet de Maistre Pierre Borel Medecin de Castres au haut Languedoc. Edition 2. augmentée de beaucoup. »

Ce catalogue du cabinet de Borel, dressé par son propriétaire, occupe les pages 132 à 150 des Antiquitez, raretez, plantes, mineraux, et autres choses considerables de la Ville, et Comté de Castres d’Albigeois, et des lieux qui sont à ses environs, avec l’Histoire de ses Comtes, Evesques, etc. Et un recueil des Inscriptions Romaines, et autres antiquitez du Languedoc, et Provence. Avec le Roolle des principaux Cabinets, et autres raretez de l’Europe. Comme aussi le Catalogue des choses rares de Maistre Pierre Borel, Docteur en Medecine Autheur de ce livre. (Castres, par Arnaud Colomiez, 1649). Je recopie le texte sur l’exemplaire conservé par la Médiathèque Michel-Crépeau (La Rochelle), cote [Res. 362 C. Je suis parfois intervenu pour normaliser la ponctuation (restitution de majuscules après un point, restitution d’un point au lieu de virgule avant majuscule, et systématisation d’une triple espace entre les différents items de la liste) ; j’ai également « aéré » le texte en ménageant un saut de ligne avant chaque nouvelle tête de rubrique. On remarquera que le catalogue est incomplet : en passant de la page 133 à la page 134, on quitte brutalement les quadrupèdes pour les volatiles. Il y a donc eu une erreur à la fabrication du livre, qui nous prive de la fin de la liste des quadrupèdes et du début de celle des oiseaux.

Rédigé par Pierre Martin

Pierre BOREL, 1649 : « Roolle des principaux cabinets curieux, et autres choses remarquables, qui se voyent ez principales Villes de l’Europe. Redigé par ordre Alphabetique ».

Cette liste de cabinets de curiosités occupe les pages 124 à 131 de l’ouvrage donné par Pierre Borel à Castres, chez Arnaud Colomiez, en 1649 : Les Antiquitez, raretez, plantes, mineraux, et autres choses considerables de la Ville, et Comté de Castres d’Albigeois, et des lieux qui sont à ses environs, avec l’Histoire de ses Comtes, Evesques, etc. Et un recueil des Inscriptions Romaines, et autres antiquitez du Languedoc, et Provence. Avec le Roolle des principaux Cabinets, et autres raretez de l’Europe. Comme aussi le Catalogue des choses rares de Maistre Pierre Borel, Docteur en Medecine Autheur de ce livre. On ne peut pas croire que cette liste de quelque deux cents cabinets privés, assortis du nom et, le plus souvent, de l’état de leurs propriétaires, à quoi se mêle une petite dizaine de cabinets disons institutionnels (« cabinet public » d’Oxford, « magasin de la ville » de Pise, cabinet du roi à Paris, magasin de la Compagnie des Indes à Amsterdam…), soit absolument actuelle en cette toute fin du premier XVIIème siècle : on sait par exemple, par un acte passé devant notaire en 1635, que le cabinet de Paul Contant, que Borel mentionne encore pour la ville de Poitiers, a été entièrement vidé de ses objets peu après la mort de son propriétaire (1629) et qu’il n’existe plus en tant que tel. Sans doute ces objets sont-ils venus former ce cabinet de ce « M. Raffou » que Borel identifie comme « medecin », et qui doit être Jean de Raffou, gendre de Paul Contant et père de ce Pierre de Raffou que le testament dudit Contant fait l’héritier du cabinet (voyez la note sur le devenir du cabinet de Contant). La liste dont nous proposons ici la lecture a été saisie sur l’exemplaire conservé par la Médiathèque Michel-Crépeau (La Rochelle), cote [Res. 362 C.

Rédigé par Pierre Martin

Catalogue d’une grande chambre de curiositez. Contenant des choses rares des Indes et autres parties du monde eloignees […]. Amsterdam, veuve J. Desbordes, 1721.

Nous mettons à votre disposition ce catalogue de vente après décès du cabinet de curiosités de Nicolas Chevalier dans notre Galerie d’images. Peut-être est-ce là une pièce unique : ce document n'apparaît en tout cas ni sur les catalogues du CCF, ni sur ceux du KVK.

Rédigé par Pierre Martin

Catalogue d’un riche cabinet d’antiquités de tableaux anciens et de curiosités tels que : beaux meubles de la Renaissance, armes, faïences italiennes et de Palissy, provenant de la succession de feu M. Alex. du Mège (de La Haye), Chevalier de la Légion-d’Honneur et de plusieurs autres ordres, ancien ingénieur militaire au titre étranger, lauréat de l’Institut, correspondant du ministère de l’instruction publique et des cultes, pour les recherches historiques, chargé de la mission de réunir les éléments de l’archéologie pyrénéenne, inspecteur des antiquités, conservateur des monuments, membre du conseil des bâtiments civils, associé-correspondant de l’académie des sciences de Turin, de celles des bonnes-lettres de Barcelone, de la société des beaux-arts d’Athènes, de celle des antiquaires du Nord, à Copenhague, de l’académie d’archéologie de Belgique, de la société des antiquaires de Normandie, de celle des antiquaires de la Morinie, des sociétés archéologiques de Montpellier, Béziers, etc., de l’académie des sciences, belles-lettres et arts de Bordeaux, de la société des sciences, beaux-arts etc., des Pyrénées-Orientales, des sociétés d’agriculture et des arts de l’Ariége, de Narbonne, de Tours ;de la société de Sphragistique, de la société des sciences, arts et belles-lettres de l’Aveyron,de l’ancienne académie celtique et de la société des antiquaires de France ; membre de l’académie des Jeux-Floraux, de celle des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, secrétaire-général de la société archéologique du Midi de la France, ex-commissaire pour la recherche des antiquités dans les départements de la Haute-Garonne, de l’Aude, des Basses-Pyrénées, du Tarn, de Tarn-et-Garonne et du Gers, l’un des vice-présidents du congrès scientifique de France, etc. etc. Toulouse, imprimerie de Lamarque et Rives, rue Tripière, 9. [mention en fin de plaquette ; sans date]

Il nous a semblé intéressant d’offrir un témoignage de la persistance du phénomène des cabinets de curiosités, avec ce catalogue de vente du XIXème siècle, résolument hors du champ de notre investigation. On remarquera qu’on y parle de « curiosités », et que la plupart des pièces antiques, celles qui semblent les plus prestigieuses aussi, ne remontent qu’au XVIème siècle. On peut consulter ce document à la Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine de Toulouse (cote [Res CXIX 617). Ce cabinet bien entendu ne concerne pas notre système d'indexation.

Rédigé par Pierre Martin

Paul CONTANT : Le Jardin, et Cabinet poetique de Paul Contant Apoticaire de Poictiers. A Tres haut et trespuissant MonSeigneur, Maximilien de Bethune, Duc de Sully, Pair de France, Chevalier, Marquis deRosny, Con[seill]er du Roy en ses Conseils D’estat et privé, grand M[aistr]e et Cap[itai]ne g[ene]ral De son artillerie, grand Voyer, et superIntendant des Finances de France, Gouverne[ur] Et Lieutenant g[ener]al pour Sa Ma[jes]te en poictou. A Poictiers. Par Anthoine Mesnier, Imprimeur ord[inai]re Du Roy. DU DON DE DIEU JE SUIS CONTANT. 1609

L'auteur décrit d'abord les fleurs singulières de son jardin, puis une quarantaine d'objets choisis dans son cabinet de curiosités, et pour finir revient sur le jardin. La première particularité de cette double description est d'être versifiée. La seconde tient au fait qu'elle est accompagnée d'un jeu de planches gravées où apparaissent, numérotés, les différents objets de la description que l'on retrouve avec (en principe...) leurs numéros au fil du poème, puis dans un double index en fin de volume. Pour ce qui est du Cabinet poétique, le dispositif inventé par Contant est parfaitement fonctionnel : on pourra le vérifier en cliquant sur les numéros de la deuxième série (puisque les numéros sont pour ainsi dire "joués" deux fois, une pour les végétaux du jardin, une pour les raretés du cabinet) pour faire apparaître les planches où figurent les objets concernés. Ces numéros, de 1 à 43, apparaissent en rouge en début de vers. Quant aux arbres et fleurs du Jardin, nous avons opéré quelques découpages dans la magnifique planche dite du "bouquet printanier", selon le titre du poème primitif de 1600, afin de faciliter le repérage dans le dédale végétal de la composition.

Rédigé par Pierre Martin

Paul CONTANT : Exagoge  mirabilium naturae è Gazophyliacio Pauli Contanti Pictavensis Pharmacopaei.

Contant a joint ce catalogue exhaustif de sa collection à la réédition in-folio de 1628 de son Jardin, et cabinet poetique.

Rédigé par Pierre Martin

Abraham GöLNITZIUS : Ulysses belgico-gallicus, Amsterdam I655 (épître dédicatoire datée de 1631).

Abraham Gölnitz, au cours d’un voyage depuis Dantzig, est venu dans le Poitou et a visité le Cabinet de curiosités du pharmacien Paul Contant, dont il a acquis pour la somme de seize sous français, précise-t-il, le poème accompagné des planches gravées de 1609 (Le Jardin, et Cabinet poetique, que l'on trouvera également sur ce site). Il ne manque pas de faire le compte rendu de sa visite dans son récit de voyage, en retrouvant dans ses notes, qu'il met en ordre selon la hiérarchie traditionnelle (naturalia, puis praeternaturalia, et enfin artificialia), ce qui l’a le plus frappé. On pourra bien entendu retrouver ces quelques objets du Cabinet dans l’impressionnante liste de l’Exagoge mirabilium que Contant publiera avec les Œuvres de 1628. Nous reproduisons ici la page 265 de l'Ulysses belgico-gallicus, qui rend compte de la visite de Gölnitz dans le capharnaüm du pharmacien.

Rédigé par Dominique Moncond'huy

Du Molinet, Le Cabinet de la bibliotheque Sainte Genevieve

Paris, Antoine Dezallier, 1692

Rédigé par Pierre Martin

Les raretez de l’Abbaye de S. Denys en France.

Plaquette dépourvue de page de titre, sans lieu ni date. La Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine de Toulouse, où l’on trouvera ce très rare exemplaire sous la cote [Res XVI 128 (9), le décrit comme un « guide à l'usage des pélerins et des visiteurs de l'abbaye de St Denis, donnant un catalogue des reliques, du Trésor de la basilique et la liste des rois et grands personnages qui y sont inhumés » et avance la date de 1660. Le catalogue des « raretez » occupe les pages 1 à 20 de la plaquette ; suit un « Catalogue des Roys, Reynes, et enfans de France, enterrez à S. Denys » jusqu’à la vingt-quatrième et dernière page, sanctionnée par le mot « FIN ». Je transcris fidèlement le texte de la première partie consacrée aux "raretez", fautes comprises (on notera en particulier les négligences dans le régime des accords) ; je suis cependant intervenu p. 16 pour corriger deux coquilles évidentes qui risquaient d'entraver la lecture : "babits" pour "habits", et "ceceut" pour "receut".

Rédigé par Pierre Martin

André de RIVAUDEAU : Les oeuvres d'André de Rivaudeau Gentilhomme du bas-Poitou. Poitiers, Nicolas Logeroys, 1566.

C'est dans le Second Livre des Oeuvres qu'on trouve l'Hymne de Marie Tiraqueau Damoiselle de La Rousseliere, qui comporte une description sommaire mais précieuse, pour son caractère très précoce, du cabinet de curiosités de Michel Tiraqueau.

Rédigé par Pierre Martin

Le Trésor de l’Abbaye Royale de S. Denis en France, Qui comprend les Corps saints et autres Reliques précieuses qui se voyent tant dans l’Eglise, que dans la salle du Trésor. A Paris, De l’Imprimerie de J. Chardon. 1752.

Je transcris le texte de l’exemplaire conservé à la Bibliothèque d’Etude et du Patrimoine de Toulouse sous la cote [Res D XVIII 781. La page 15 est mutilée, avec légère atteinte au texte : j’ai interprété, en attendant de vérifier sur un autre exemplaire, « et de Madame la Duchesse de Ber… » en fin de ligne, en « et de Madame la Duchesse de Berry ». Au verso de la page de titre, la page 2, non numérotée, offre un plan intitulé « Description du chevet » avec localisations numérotées de 1 à 11, les onze lieux étant identifiés immédiatement dessous, dans la moitié inférieure de la page. Le texte commence page 3, non numérotée, en regard du plan.

Rédigé par Myriam Marrache-Gouraud

Samuel VEYREL : Indice du cabinet de Samuel Veyrel apothicaire à Xaintes avec un recueil de quelques antiquités de xaintes, et observations sur diverses medailles. A Bourdeaux, par Pierre de la Court imprimeur et marchand libraire, rue S. Iammes. 1635

Ce catalogue du cabinet de curiosités de Veyrel est précédé dans l'édition originale d'un poème de Pierre Trichet qui en évoque le contenu en quelques stances, et que nous joignons en Annexe.

Rédigé par Pierre Martin

Nicolas Chevalier. Recherche curieuse d'antiquités Utrecht, 1712.

Cet ouvrage, dont on lira ci-dessous le long titre complet, correspond au deuxième cabinet de curiosités de Nicolas Chevalier, qui a quitté Amsterdam pour s'établir à Utrecht, de 1703 à 1713. Il y a eu plusieurs éditions de cette nouvelle description, au gré de changements de dédicataires, peut-être mécènes, peut-être clients potentiels. Cette description en forme de visite guidée est suivie d'un Catalogue de 878 articles que l'on trouvera en mode image dans notre Galerie, et d'une série de planches gravées que l'on pourra faire apparaître, pour la plupart d'entre elles, en cliquant sur leur référence lorsque le texte les mentionne, ou que l'on consultera de façon suivie sous forme d'album directement dans la Galerie d'images. Ces planches sont aussi assorties d'un "Indice" descriptif en trois langues, également consultable dans la Galerie. Nicolas Chevalier a enfin joint aux gravures les images d'une collection de monnaies qu'il possède en double exemplaire et qu'il propose à la vente.

Rédigé par Pierre Martin

LE BOUQUET PRINTANIER DE PAUL CONTANT, D. P. A MONSIEUR DU LIGNERON MAUCLERC, GENTIL-HOMME POICTEVIN, Seigneur du Ligneron Mauclerc, pres Aspremont sur Vie. [marque typographique] A LA ROCHELLE, Par Haultin.1600.

Il ne reste qu'un seul exemplaire, à notre connaissance, de cette première version du poème de Paul Contant, qui, considérablement augmentée dans sa deuxième partie, deviendra en 1609 le Jardin, et cabinet poetique. Le poème en effet, accompagné d'une seule gravure dépliante représentant une superbe composition végétale, ce qui justifie pleinement ce premier titre de "bouquet printanier", est presque entièrement consacré aux plantes rares du jardin du pharmacien. On pourra découvrir, à la lecture de cette plaquette unique conservée à la Marsch Library de Dublin, ce qui fut l'embryon du cabinet de Contant, - son cabinet poétique tout au moins. Chaque numéro renvoie au dessin d'une plante identifiée (en principe !) par le même numéro sur la gravure : vous ferez apparaître ces détails du "bouquet" en cliquant sur les passages du poème qui apparaissent en rouge.

Rédigé par Anne-Céline Michel

Edmond Bonnaffé, Dictionnaire des Amateurs français du XVIIe siècle, 1884

Liste des abréviations