XIVe Congrès international d’étude du XVIIIe siècle, ISECS - Opening Markets - Rotterdam, 26-31 juillet 2015

 

Economie(s) de la collection naturaliste au XVIIIe siècle.

Ses­sion diri­gée par Ros­sel­la Bal­di (Uni­ver­si­té de Neu­châ­tel)

et par Simo­na Bos­ca­ni-Leo­ni (Uni­ver­si­té de Berne)

 

Au cours du XVIIIe siècle, l’étude de l’histoire natu­relle connaît un essor consi­dé­rable et devient une véri­table mode sociale et cultu­relle, dont la col­lec­tion de spé­ci­mens des trois règnes se fait l’indispensable corol­laire. Per­dant son sta­tut de démarche exclu­si­ve­ment éru­dite, la col­lec­tion natu­ra­liste pas­sionne depuis les som­mets de la hié­rar­chie sociale jusqu’à la bour­geoise aisée, et cela sous des formes variées. Dès les années 1740, le cabi­net de curio­si­tés natu­relles en consti­tue le modèle domi­nant. Véri­table dis­po­si­tif de savoir, il se pré­sente comme un espace de repro­duc­tion mimé­tique du monde natu­rel, dont il donne à voir et à lire, sur le mode de l’abrégé, la com­plexi­té de l’ordre natu­rel ain­si que ses beau­tés. Mais l’engouement concerne éga­le­ment des dis­po­si­tifs de col­lec­tion plus spé­ci­fiques, et de taille plus modeste comme, par exemple, l’herbier.

Cette quête géné­ra­li­sée de spé­ci­mens natu­rels est accom­pa­gnée de l’émergence d’une lit­té­ra­ture didac­tique (manuels, cata­logues, dic­tion­naires, guides et récits de voyage, etc.) qui affine les méthodes de col­lecte et d’arrangement des ama­teurs, tout en édu­quant leur regard. Alors que curieux, ama­teurs et savants se dis­putent le droit de pos­sé­der la nature et ambi­tionnent l’élaboration d’un dis­cours scien­ti­fique sur la base de leurs col­lec­tions res­pec­tives, le mar­ché de la curio­si­té natu­relle se déve­loppe expo­nen­tiel­le­ment à tra­vers le conti­nent, mais aus­si grâce aux voyages d’exploration. Les échanges englobent désor­mais de manière très active des régions soi-disant péri­phé­riques comme la Suisse et les pays scan­di­naves, qui s’offrent comme des mar­chés paral­lèles à ceux plus tra­di­tion­nels des Pays-Bas et des grandes capi­tales.

 

Notre séance se pro­pose de ques­tion­ner les dif­fé­rentes formes de l’économie de la col­lec­tion natu­ra­liste au XVIIIe siècle. Il sera donc ques­tion d’interroger la cir­cu­la­tion, l’échange et de la consom­ma­tion d’objets d’histoire natu­relle dans une pers­pec­tive intel­lec­tuelle, sociale, moné­taire et sym­bo­lique. L’approche envi­sa­gée sera aus­si bien théo­rique qu’axée sur des pra­tiques par­ti­cu­lières ; elle pour­ra por­ter sur des études de cas ou pré­sen­ter une réflexion d’ordre plus géné­ral.

On pri­vi­lé­gie­ra les pistes sui­vantes, même si toute pro­po­si­tion sor­tant de ce cadre sera évi­dem­ment exa­mi­née :

 

  • théo­ries et dis­cours de la col­lec­tion en rela­tion à la valeur des spé­ci­mens (valeur moné­taire, sociale, sym­bo­lique, scien­ti­fique, etc.) ;

 

  • les moda­li­tés de cir­cu­la­tion des spé­ci­mens et leur sta­tut « éco­no­mique » au sein de la col­lec­tion, notam­ment en rela­tion à la consti­tu­tion d’un capi­tal d’échange entre dif­fé­rents acteurs ;

 

  • les acteurs de cette éco­no­mie de la col­lec­tion natu­ra­liste, dans une pers­pec­tive pri­vée ou ins­ti­tu­tion­nelle, leurs rôles res­pec­tifs, leurs rap­ports hié­rar­chiques, etc. ;

 

  • élar­gis­se­ment du mar­ché à de nou­velles zones géo­gra­phiques et ses consé­quences sur l’économie de la col­lec­tion natu­ra­liste.

Les pro­po­si­tions pour des com­mu­ni­ca­tions de 20 minutes envi­ron sont à sou­mettre avant le 12 jan­vier 2015 sur le site de la ISECS (isecs2015.wordpress.com) à l’adresse sui­vante : http://isecs2015.wordpress.com/registration/submit-a-paper-for-a-panel-session/

Elles com­pren­dront un des­crip­tif de 500 mots au maxi­mum et une pré­sen­ta­tion bio-biblio­gra­phique de l’auteur d’une dizaine de lignes. Les pro­po­si­tions de jeunes cher­cheurs sont les bien­ve­nues.

Pour tout ren­sei­gne­ment : rossella.baldi@unine.ch et simona.boscani@hist.unibe.ch