Cabinet de Scheffer, Johannes

Schef­fer (Johannes Schef­fe­rus de son nom de plume) indique quelques objets de son cabi­net, en en don­nant le plus sou­vent une image gra­vée, dans Lap­po­nia, publié en 1673 et tra­duit en 1678 par « L.P.A.L. Geo­graphe ordi­naire de Sa Majes­té », pro­ba­ble­ment le Père Augus­tin Lubin : His­toire de la Lapo­nie, sa des­crip­tion, l’origine, les moeurs, La maniere de vivre de ses Habi­tans, leur Reli­gion, leur Magie, et les choses rares du Païs. Avec plu­sieurs Addi­tions et Aug­men­ta­tions fort curieuses, qui jusques-icy n’ont pas esté impri­mées. Tra­duites du Latin de Mon­sieur Schef­fer. Schef­fer est depuis 1648 pro­fes­seur à l’Université d’Uppsala, marié à une Sué­doise et père de famille : on peut sup­po­ser que c'est dans cette ville qu'il a son domi­cile, et son cabi­net.

Ces objets ont évi­dem­ment trait à la Lapo­nie : des tam­bours magiques, une énig­ma­tique boule appe­lée « tyre » dont les magi­ciens se servent, une paire de skis, un traî­neau, une armoire ovale et mar­que­tée d’os, des outils de tis­se­rand et une boîte à tabac en os, du fil fait de nerfs de renne, des objets bro­dés (bourses, gaines de cou­teaux, étuis à aiguilles), et par­mi quelques pierres semi-pré­cieuses des « dia­mants de Lapo­nie », pierres cris­tal­lines que les lapi­daires, dit-il, par­viennent à faire pas­ser pour des dia­mants, et dont les indi­gènes se servent comme de silex en les frap­pant avec de l’acier pour faire jaillir des étin­celles.