Cabinet de De Nointel (marquis), Charles-Henri-François Olier

Cité par Bonnaffé

"1630?-1685. […] Diplo­mate dou­blé d'un curieux. Il avait emme­né dans son ambas­sade le célèbre voya­geur Gal­land et deux peintres, dont l'un, Jacques Car­rey, lui avait été recom­man­dé par Le Brun. Noin­tel pro­fi­ta de son séjour en Orient pour visi­ter les îles de l'Archipel, une par­tie de l'Asie Mineure et de la Grèce. Jacques Car­rey des­si­nait les ruines et les monu­ments, pen­dant que l'ambassadeur recueillait les sta­tues, les ins­crip­tions et les médailles.

Jacob Spon, voya­geant en Orient, fut reçu à Cosn­tan­ti­nople par le mar­quis de Noin­tel, "qui est extrê­me­ment curieux. Il nous fit voir chez lui plus de curio­si­tez que nous n'en aurions vu dans tout le reste de Constan­ti­nople. Nous y vîmes envi­ron trente marbres ou ins­crip­tions antiques qu'il a appor­tées d'Athènes ou de l'Archipel… Il a grand nombre de médailles… et 400 des­sins de bas-reliefs, édi­fies et pay­sages, qu'il a fait faire dans tous ses voyages de Grèce et de Tur­quie."

Ch. Patin fait l'éloge de son recueil de médailles, "quam et sum­mâ auc­to­ri­tate sum­misque impen­sis coe­git Chris­tia­nis­si­mi regis ad Otto­ma­ni­cum impe­ra­to­rem lega­tus D. de Noin­tel."

Noin­tel res­ta neuf ans en Orient, ache­tant des curio­si­tés, payant lar­ge­ment et menant train de prince ; si bien que le roi, pour le faire reve­nir, se vit for­cé d'acquitter ses dettes. Cha­cun se par­ta­gea ses dépouilles : The­ve­not eut les ins­crip­tions, Bégon les des­sins de Car­rey, et Bécha­mel le mar­qui­sat. […]

Les des­sins de Car­rey, ache­tés par Bégon, sont au Cabi­net des Estampes ; il y en a 43. […]

Les ins­crip­tions ache­tées par The­ve­not, puis par Bau­de­lot, et léguées par ce der­nier à l'ancienne Aca­dé­mie des ins­crip­tions, sont au Musée des antiques.[…]

$66, I, 157. — $57, p. 251. — $37 — $61, XII, 26, 69. — $30, VII, 246. — Bois­lisle, la Sei­gneu­rie de Ber­cy, p. 26 et 50. — $4 1883, inven­taire de Le Brun."