Cabinet de Baudelot de Dairval, Charles-César

Cité par Bonnaffé

1648–1722. Membre de l’Académie des Ins­crip­tions et garde du Cabi­net de Madame, étu­dia d’abord la méde­cine, puis le droit, et se fit avo­cat ; un beau jour, avec le pro­duit de ses hono­raires, il ache­ta une petite col­lec­tion de livres, de médailles, d’estampes, et devint anti­quaire. Le cabi­net s’augmenta rapi­de­ment et finit par être consi­dé­rable. — Livres, médailles, pierres gra­vées, marbres, etc. Lis­ter signale dans son cabi­net une quan­ti­té de figu­rines de bronze antique, un sque­lette de femme en cuivre mas­sif trou­vé dans le corps d’une momie, un bas-relief attri­bué à Praxi­tèle, un autre de Musos, le comé­dien, un Cupi­don endor­mi, un buste de Zéno­bie en marbre blanc et les ins­crip­tions célèbres rap­por­tées de Grèce, que Thé­ve­not avait ache­tées à la suc­ces­sion de Noin­tel (v. ces noms). A la mort de Thé­ve­not, ses héri­tiers, enchan­tés de se débar­ras­ser de blocs de pierre aus­si encom­brants, les ven­dirent à Bau­de­lot. Dans sa joie, notre ama­teur les charge presque seul sur une voi­ture et les amène au pays d’Issy, où demeu­rait Thé­ve­not, jusqu’à son loge­ment, rue Neuve-Saint-Étienne, à Paris. Plus tard, obli­gé d’aller habi­ter le fau­bourg Saint-Ger­main, il accom­pagne ces pré­cieux débris et les ins­talle pro­vi­soi­re­ment dans la cour de sa nou­velle mai­son.

Bau­de­lot était lié avec les savants et les plus célèbres ama­teurs de son temps. Son livre De l’Utilité des voyages, dont nous avons par­lé ailleurs, est plein de détails pré­cieux sur la curio­si­té contem­po­raine ; on y trouve la des­crip­tion et l’image de plu­sieurs objets appar­te­nant à l’auteur.

Il légua son cabi­net à l’Académie des Ins­crip­tions.

$6, pass. — $31, II, 30 ; 1713, II, 218. — $54, I, 364. — $44, 54 et suiv. — $11.