Cabinet de Bégon, Michel

Cité par Bonnaffé

1638–1710. Inten­dant de la géné­ra­li­té de la Rochelle et de la Marine, à Roche­fort. – Cabi­net consi­dé­rable : estampes très nom­breuses et de pre­mier choix, por­traits his­to­riques, magni­fique médaillier, bustes antiques, ins­crip­tions ; Sainte Cathe­rine de Raphaël, por­trait de Rubens par lui-même, pein­tures de l’Albane du Tin­to­ret, de Van Dyck, de Le Brun, de Mignard, etc. ; por­ce­laines de la Chine et du Japon, ins­tru­ments de mathé­ma­tiques, « un rate­lier très propre dans lequel il y a des armes offen­sives et def­fen­sives de toutes les nations du monde, faites par de bons maîtres. » La biblio­thèque com­pre­nait 7,000 volumes par­mi les­quels plu­sieurs manus­crits de Pei­resc. Bégon col­lec­tion­nait éga­le­ment les rare­tés d’histoire natu­relle, les coquilles, les cos­tumes de sau­vages, les dépouilles d’animaux curieux ; il conser­vait pré­cieu­se­ment une figure de cire qu’il avait fait faire « d’une enfant à deux testes » née dans les envi­rons.

Bégon avait ache­té le fameux recueil de médailles d’or for­mé par Gro­lier au XVIe siècle ; il acquit de Noin­tel ou de ses héri­tiers les 43 des­sins de Jacques Car­rey. En 1688, il ache­ta en bloc, moyen­nant 2,078 livres, le cabi­net que Sibon, Tré­so­rier géné­ral de Pro­vence, avait for­mé à Aix (v. Sibon et Pei­resc).

A sa mort, les médailles, livres et tableaux furent ven­dus et dis­per­sés. Les estampes res­tèrent dans la famille jusqu’en 1770, époque à laquelle le roi en fit l’acquisition moyen­nant 16,481 livres ; elles s’élevaient alors au chiffre de 24,746, savoir : 8,133 por­traits, 15,688 estampes et 925 cartes.

L’extrait des inven­taires du cabi­net de Bégon a été impri­mé, 1699.

Michel Bégon par G. Duples­sis. Paris, 1874. — $4, II, 2e série, 45.