Cabinet de Chambré

Cité par Bonnaffé

V. 1652. Gen­til­homme de Mon­sieur le Prince et tré­so­rier des guerres, à Paris, rue de Clé­ry. C’était, dit Mariette, « un homme riche, grand ama­teur de musique et par-des­sus tout ami de la pein­ture, puisqu’il l'était de l’illustre Le Sueur ». Il rece­vait beau­coup et sa mai­son devait être fort attrayante, à en juger par un tableau de Le Sueur qui montre M. de Cham­bré chez lui, en com­pa­gnie de ses intimes, « cha­cun d’eux repré­sen­té avec les sym­boles de leurs incli­na­tions par­ti­cu­lières ou de leurs pro­fes­sions » : Le Sueur se tient debout devant une toile pla­cée sur un che­va­let ; celui qui chante et joue de la gui­tare est Denis Gaul­tier, le pre­mier joueur de luth de son temps. Ce tableau est au Louvre (n° 564).

M. de Cham­bré avait réuni dans un volume, inti­tu­lé la Rhé­to­rique des Dieux, plu­sieurs com­po­si­tions musi­cales de Denis Gaul­tier, cha­cune pré­cé­dée d’un des­sin à la plume d’Abraham Bosse et de Nan­teuil ; deux de ces fron­tisc­pices étaient com­po­sés par Le Sueur (le Louvre en conserve une esquisse). Ce pré­cieux volume, écrit sur vélin et ren­fer­mé dans une magni­fique reliure en ver­meil cise­lée par Bal­lin, se trou­vait en 1757 dans le cabi­net de Girar­dot de Pré­fond et fut payé 300 livres à sa vente.

$4, II, 51, note de Mariette. – Guillet de Saint-Georges, Eust. Le Sueur.