Trésor de l'Abbaye de Saint-Denis

Un compte-rendu de visite de 1643, et deux inventaires : 1660 et 1752.

Tré­sor cité par John Eve­lyn, voya­geur anglais. Il le visite en 1643 :

The trea­su­ry is estee­med one of the richest in Europe. The church was built by king Dago­bert1, but since much enlar­ged, being now 390 feet long, 100 in breadth, and 80 in height, without com­pre­hen­ding the cover : it has also a very high shaft of stone, and the gates are of brass. Here, whil­st the monks conduc­ted us, we were sho­wed the ancient and modern sepulchres of their kings, begin­ning with the foun­der to Louis his son, with Charles Mar­tel and Pepin, son and father of Char­le­magne. These lie in the choir, and without Gues­clin, Constable of France ; in the cha­pel of Charles V., all his pos­te­ri­ty ; and near him the magni­ficent sepulchre of Fran­cis I., with his chil­dren, wars, vic­to­ries, and triumphs engra­ven in marble. In the nave of the church lies the cata­falque, or hearse, of Louis XIII., Hen­ry II., a bodies of seve­ral Saints ; below, under a state of black vel­vet, the late Louis XIII., father of this present monarch. Eve­ry one of the ten cha­pels, or ora­to­ries, had some Saints in them ; among­st the rest, one of the Holy Inno­cents. The trea­su­ry is kept in the sacris­ty above, in which are crosses of mas­sy gold and sil­ver, stud­ded with pre­cious stones, one of gold three feet high, set with sap­phires, rubies, and great orien­tal pearls. Ano­ther given by Charles the Great, having a noble ame­thyst in the middle of it, stones and pearls of ines­ti­mable value. Among­st the still more valuable relics are, a nail from our Saviour’s Cross, in a box of gold full of pre­cious stones ; a cru­ci­fix of the true wood of the Cross, car­ved by Pope Cle­ment III., encha­sed in a crys­tal cove­red with gold ; a box in which is some of the Virgin’s hair ; some of the linen in which our bles­sed Saviour was wrap­ped at his nati­vi­ty ; in a huge reli­qua­ry, model­led like a church, some of our Saviour’s blood, hair, clothes, linen with which he wiped the Apostles’feet ; with many others authen­tic toys, which the friar who conduc­ted us would have us believe were authen­tic relics. Among­st the trea­sures is the crown of Char­le­magne, his seven-foot high sceptre and hand of jus­tice, the agraffe of his royal mantle, beset with dia­monds and rubies, his sword, belt, and spurs of gold ; the crown of St. Louis, cove­red with pre­cious stones, among­st which is one vast ruby, uncut, of ines­ti­mable value, wei­ghing 300 carats (under which is set one of the thorns of our bles­sed Saviour’s crown), his sword, seal, and hand of jus­tice. The two crowns of Hen­ry IV., his sceptre, hand of jus­tice, and spurs. The two crowns of his son Louis. In the cloak-royal of Anne of Bre­tagne is a very great and rare ruby. Divers books cove­red with solid plates of gold, and stud­ded with pre­cious stones. Two vases of beryl, two of agate, whe­reof one is estee­med for its bigness, colour, and embos­sed car­ving, the best now to be seen : by a spe­cial favour I was per­mit­ted to take the mea­sure and dimen­sions of it : the sto­ry is a Bac­cha­na­lia and sacri­fice to Pria­pus ; a very holy thing tru­ly, and fit for a clois­ter ! It is real­ly antique, and the noblest jewel there. There is also a large gon­do­la of chry­so­lite, a huge urn of por­phy­ry, ano­ther of cal­ce­don, a vase of onyx, the lar­gest I had never seen of that stone ; two of crys­tal ; a mor­sel of one of the water­pots in which our Saviour did his first miracle ; the effi­gies of the Queen of Saba, of Julius, Augus­tus, Mark Anto­ny, Cleo­pa­tra, and others, upon sap­phires, topazes, agates, and cor­ne­lians : that of the queen of Saba2 has a Moo­rish face ; those of Julius and Nero on agates are rare­ly colou­red and cut. A cup in which Solo­mon was used to drink, and an Apol­lo on a great ame­thyst. There lay in a win­dow a mir­ror of a kind of stone said to have belon­ged to the poet Vir­gil. Charlemagne’s chess­men, full of Ara­bic cha­rac­ters. In the press next the door, the brass lan­tern full of crys­tals, said to have conduc­ted Judas and his com­pa­ny to appre­hend our bles­sed Saviour. A fair unicorn’s horn, sent by a king of Per­sia, about seven feet long. In ano­ther press (over which stands the pic­ture in oil of their Orleans Ama­zon with her sword), the effi­gies of the late French kings in wax, like ours in West­mins­ter, cove­red with their robes ; with a world of other rari­ties.

1A. D. 630. 2Or She­ba.
SOURCE: The dia­ry of John Eve­lyn, Ed. William Bray, J.M. DENT et E.P DULTON, Lon­don-New York, 1905, Tome 1, p.44–45.

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Inven­taire de 1660.

Pla­quette dépour­vue de page de titre, sans lieu ni date. La Biblio­thèque d’Etude et du Patri­moine de Tou­louse, où l’on trou­ve­ra ce très rare exem­plaire sous la cote [Res XVI 128 (9)], le décrit comme un « guide à l'usage des péle­rins et des visi­teurs de l'abbaye de St Denis, don­nant un cata­logue des reliques, du Tré­sor de la basi­lique et la liste des rois et grands per­son­nages qui y sont inhu­més » et avance la date de 1660. Le cata­logue des « rare­tez » occupe les pages 1 à 20 de la pla­quette ; suit un « Cata­logue des Roys, Reynes, et enfans de France, enter­rez à S. Denys » jusqu’à la vingt-qua­trième et der­nière page, sanc­tion­née par le mot « FIN ».

Je trans­cris fidè­le­ment le texte de la pre­mière par­tie consa­crée aux "rare­tez", fautes com­prises (on note­ra en par­ti­cu­lier les négli­gences dans le régime des accords) ; je suis cepen­dant inter­ve­nu p. 16 pour cor­ri­ger deux coquilles évi­dentes qui ris­quaient d'entraver la lec­ture : "babits" pour "habits", et "ceceut" pour "receut".

 

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Les rare­tez de l’Abbaye de S. Denys en France.

Une grande Croix d’or faicte par S. Eloy Evesque de Noyon, dont le champ tant devant que der­riere est semé de Jacynthes, Rubis, Gre­nats, Esme­raudes, Saphirs, Aigues­ma­rines, et autres pier­re­ries.

Une autre grande Croix d’or enri­chie de belles perles et pier­re­ries, où estoit autre­fois le Cru­ci­fix d’or, qui fut pris durant la ligue. Cette Croix a esté don

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née par l’Abbé Sug­ger.

Une Croix d’or de trois pieds de hau­teur dite la vraye Croix, ou de Phi­lippe Auguste, toute cou­verte de gros Saphirs Rubis Esme­raudes, et autres belles pier­re­ries, et bor­dé d’un grand nombre de grosses perles Orien­tales.

Une autre Croix d’or plus haute que la pre­ce­dente, don­née par l’Empereur Char­le­magne, gar­nie au milieu entre les croi­sons d’une belle et grande Ame­thiste Orien­tale semée sur le champ de gros Saphirs, et Rubis, et bor­dée de perles Orien­tales.

Une autre grande Croix d’or ditte de Charles le chauve, enri­chie d’un grand nombre de

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Rubis, Saphirs, et bor­dée de grosses perles.

Un grand Taber­nacle d’argent ver­meil doré, gar­ny de pier­re­ries, où il y a un des Clouds dont nostre Sei­gneur fut atta­ché à la Croix, enchas­sé dans une boitte d’or, por­tée par un Anges d’argent.

Une grande Croix d’argent doré, gar­nie de pier­re­ries.

Plu­sieurs autres Croix d’argent doré, dans les­quelles il y a des Reliques.

Un Cru­ci­fix du bois de la vraye Croix, taillé par le Pape Cle­ment III. enchas­sé sur un crys­tal, dans un Tableau d’or.

Un Cru­ci­fix gra­vé sur un grand crys­tal de roche, enchas­sé

p.4

dans une belle Cor­niche d’or, semée de perles, et pier­re­ries pre­cieuses.

Une Image de nostre Sau­veur à demy relief sur un beau Lapis, enchas­sé dans un Tableau d’or bor­dé de pier­re­ries.

Une grande Image de nostre Dame d’argent doré, ayant une Cou­ronne gar­nie de pier­re­ries sur la teste, et en la main une fleur de lis de pier­re­ries assis sur un bran­chage d’or, où il y a de ses che­veux.

Une autre Image de nostre Dame, aus­si d’argent doré tenant en sa main un Tableau fer­mé de crys­tal, sous lequel il y a des drap­peaux dont elle enve­lop­pa nostre Sei­gneur à sa Nais­sance.

p.5

Une autre Image de nostre Dame d’ivoire, ayant sur la teste une cou­ronne d’or, enri­chie de belles pier­re­ries, et une rose d’or à la main.

Une autre Image de nostre Dame d’Ambre jaune.

Une Image de nostre Dame sur un Lapis fort ancien, la cor­niche est bor­dée de pier­re­ries.

Un grand Reli­quaire en façon de Chap­pelle, d’un rare ouvrage dans lequel il y a du pre­cieux Sang, et de l’eau qui sor­tit du cos­té de nostre Sei­gneur, et ses che­veux et ses habits, du linge dont il essuya les pieds des Apostres à la Cene, de la cou­ronne d’Espines, de l’Esponge, du Suaire, du tiltre de la Croix, etc. tou-

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tes ces reliques sons enfer­mées dans des Phioles de crys­tal enchas­sées en or par les deux bouts, et atta­chees sur des verges d’or avec des chaisnes, bandes et Table d’or.

Un grand reli­quaire d’argent doré à dix huict creux quar­rez cou­verts de crys­tal, et des­sus le crys­tal une façon de treillis d’or gar­ny de gros Rubis et Saphirs, où il y a du laict de nôtre Dame, et de son Couvre-chef, des ses habits, et plu­sieurs autres reliques.

Un bras de S. Simeon qui receut nostre Sei­gneur au Temple, enchas­sé en or avec beau­coup de pier­re­ries.

Une grande Image d’or a-

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vec des pier­re­ries, de S. Jean l’Evangeliste, tenant en sa main un crys­tal enchas­sé en or, dans lequel il y a un [une] de ses dents.

Un grand reli­quaire assis sur quatre Lyons mas­sifs d’argent doré à un enta­ble­ment aus­si d’argent doré, et audes­sus d’iceluy deux Anges d’or por­tant un grand crys­tal, où est la main droite de l’Apostre S. Tho­mas, ledit crys­tal gar­ny d’or, de pre­cieux Saphirs, Rubis, Esme­raudes, pointes de Dia­mans, et d’un grand nombre de perles des plus grosses qu’on puisse voir.

Un grand reli­quaire d’argent doré, où est le Men­ton du Roy S. Louys dans un grand crys­tal sous­te­nu par deux Ima-

p.8

ges aus­si d’argent doré gar­ny de pier­re­ries.

Un beau reli­quaire d’argent doré, dans lequel il y a un os de l’Espaule de S. Jean Bap­tiste.

Un autre beau reli­quaire d’argent doré, où il y a un doigt de S. Bar­the­le­my, dans un crys­tal por­té par trois Images d’argent.

Un grand chef d’or Mitré avec deux fanons cou­verts de tres-pre­cieux Rubis, Saphirs, Esme­raudes, Ame­thistes, Topazes, et d’une infi­ni­té de belles perles Orien­tales, dans lequel le Chef de S. Denys est enchas­sé, sous­te­nu par deux grands Anges, il y a un autre Ange plus petit qui tient des reliques du mesme S. De-

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nys riche­ment enchas­sées.

Le Calice de S. Denys, et ses Burettes de crys­tal de roche, gar­nis d’argent doré.

Sa Crosse cou­verte d’or.

Son Anneau pas­to­ral.

L’Agraffe de sa Chappe, de Syde­rite.

Son Bas­ton de pele­ri­nage.

Son Escri­toire et ses escrits.

Une Image d’argent doré du mesme S. Denys.

Le beau bas­ton de la Confrai­rie de S. Denys.

Une Image de S. Hylaire Evesque de Poic­tiers, à demy corps de la cein­ture, au des­sus tenant un grand crys­tal où il y a un os de son bras, cette Image est d’argent doré, et la

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Mitre et le Col­lier, sont cou­verts d’un mil­lier de riches pier­re­ries de diverses sortes, et d’une infi­ni­té de perles.

Un autre Image d’argent doré de S. Benoist, aus­si à demy corps tenant un de ses bras sous un crys­tal dont le Col­lier, Mitre et fanons enri­chis d’une infi­ni­té de pier­re­ries.

Un bras de S. Eus­tache, enchas­sé en argent doré.

Une Image d’argent doré de sainct Nico­las.

Une Image de saincte Cathe­rine, aus­si d’argent doré.

Une Image de S. Leger Evesque d’Autun, tenant en ses mains l’œil qu’Ebroin Maire de Palais, luy fit arra­cher.

p.11

Une Eglise d’argent, sur le modele de Nostre Dame de Paris, ladite Eglise est pleine de reliques.

Un reli­quaire d’argent doré de sainct Hipo­lyte.

Un reli­quaire d’argent blanc de sainct Pla­cide.

Un Reli­quaire d’argent en façon de Coffre, où il y a quelques osse­ments du Pro­phete Isaye.

Un Reli­quaire de S. Pan­ta­leon, de mesme façon que le pre­cedent.

Des Che­veux de saincte Mar­gue­rite, enchas­sez dans un crys­tal, gar­ny d’argent.

La Lepre du Lepreux que nostre Sei­gneur gua­rit à la De-

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dicace de l’Eglise de S. Denys, cou­verte d’un crys­tal enchas­sé dans un Tableau d’argent.

Une grande Table d’or, enri­chie de beau­coup de pier­re­ries.

Le Buf­fet d’honneur, ou Escrain de l’Empereur Char­le­magne, à trois estages d’or, gar­ny d’une infi­ni­té de perles et de pier­re­ries de toute sorte, il y a des reliques dans le sou­bas­se­ment.

L’Estole et Pal­lium du Pape Estienne III. dans un Coffre d’yvoire.

Le Corps de S. Louys, dans une chasse d’argent doré.

Une Image d’argent de sainct Louys Arche­vesque de Tho­lose.

Le corps de S. Denys, S. Ru-

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stique, et S. Eleu­there dans trois cer­cueils d’argent.

Le corps de S. Denys Evesque de Corinthe.

Ceux de sainct Hipo­lyte, et saincte Concorde sa nour­risse.

Le corps de S. Eus­tache.

Le corps de S. Fir­min Evesque d’Amiens.

Le corps de sainct Per­egrin Evesque de Gre­noble.

Le corps de sainct Cucu­fas mar­tyr.

Les corps d’un des sol­dats de sainct Mau­rice, et d’un des Inno­cens.

Les corps des saincts Seconde, Pane­fede, et Semi­ba­rie, et le Chef de saincte Mer­souande Com­pagne de sain-

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cte Ursule.

Le Chef de sainct Pierre l’Exorciste.

Un Bras de S. Eugene.

Le Corps de S. Hilaire Evesque de Poic­tiers.

Le Corps de S. Hilaire Evesque de Mande.

Le Corps de S. Romain, dis­ciple de S. Mar­tin.

Le Corps de saincte Osmanne Vierge.

Une Chasse d’yvoire dans laquelle il y a un tres-grand nombre de Reliques.

La Cou­ronne de l’Empereur Char­le­magne d’or mas­sif, avec les plus riches pier­re­ries qu’on puisse voir.

Son Sceptre de six à sept

p.15

pieds de hau­teur, et sa main de jus­tice, l’un et l’autre, d’or gar­ny de pier­re­ries.

L’Agraffe de son Man­teau Royal, aus­si d’or semé de Dia­mant, et de Rubis, et bor­dée de grosses perles Orien­tales.

Son Espée à la garde d’or, le four­reau, et le bau­drier gar­nis d’or, et de pier­re­ries.

Ses Espe­rons d’or, gar­nis de pier­re­ries.

La Cou­ronne du Roy sainct Louys d’or mas­sif, toute cou­verte de pier­re­ries, et entre-autres d’un Rubis par­faic­te­ment beau du poids de trois cens qua­rats, sous lequel il y a une Espine de la Cou­ronne de nostre Sei­gneur.

p.16

Son Espée, sa main de jus­tice, sa tasse, et son cachet.

Le Sceptre, et l’Agraffe du man­teau Royal de Dago­bert, l’un et l’autre est d’or, orné de pier­re­ries.

Les deux Cou­ronnes d’Henry IV. son Sceptre, sa main de jus­tice, et ses espe­rons.

La Cou­ronne de Jeanne d’Evreux, à sept Fleu­rons d’or semée de pier­re­ries, et bor­dée de grosses perles.

Les deux Cou­ronnes du feu roy Louys le Juste d’heureuse memoire.

L’Agraffe du man­teau Royal d’Anne de Bre­tagne, au milieu de laquelle, il y a grand Rubis beau à mer­veilles.

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Plu­sieurs autres Agraffes char­gées de pier­re­ries.

Les habits Royaux.

Un bon nombre de beaux Livres ser­vants à l’Autel, les uns cou­verts d’or, les autres d’argent ornez de belles pier­re­ries.

Deux vases de beril, gar­nis de perles, et pier­re­ries.

Deux admi­rables vases d’Agathe, gar­nis de perles, et pier­re­ries.

Une grande Gon­dole de Chry­so­lite enchas­sée en or, bor­dée de perles et pier­re­ries.

Une Gon­dole d’Agathe enchas­sée en or.

Un vase de Por­phyre.

Un vase de Cas­si­doine.

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Un vase d’Orix.

Deux vases de crys­tal de roche.

Une grande Tasse d’or, et de pier­re­ries.

Les Mitres des Abbez de S. Denys, dont les gar­ni­tures sont d’or, et les fonds de perles, et pier­re­ries.

Leur Crosse, leurs Anneaux, le beau Calice, Paix et le reste de la Chap­pelle.

Le Bas­ton Royal du chantre.

Un mor­ceau d’une des Cruches, dans les­quelles nostre Sei­gneur chan­gea l’eau en vin aux Nopces de Cana en Gali­lée.

Les effi­giers de la Reyne de Saba, de Jule-Cae­sar, d’Auguste Tybere, neron, Marc-

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Antoine, Cleo­patre, et plu­sieurs autres sur des Saphirs, rubis Topazes, Cas­si­doines, Agathes, Cor­na­lines, etc.

Un idole d’Apollon autre­fois ado­ré par les Gen­tils, sur une grande Ame­thiste.

Cette fameuse Lan­terne que por­toit Judas, à la prise de nostre Sei­gneur.

La Corne d’une Licorne de six à sept pieds de hau­teur.

L’Ongle d’un Grif­fon.

La Cuve de Por­phyre.

La grand Cuve du Cloistre.

L’espee de Tur­pin Arche­vesque de Reims.

L’espee de la Pucelle d’Orleans.

Les Cor [le cor] de Roland.

p.20

Les Eschets de Char­le­magne.

Des dents d’Elephans.

Des Costes de Baleines, et beau­coup d’autres curio­si­tés qu’on peut mieux admi­rer, que des­crire.

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Le Tré­sor de l’Abbaye Royale de S. Denis en France, Qui com­prend les Corps saints et autres Reliques pré­cieuses qui se voyent tant dans l’Eglise, que dans la salle du Tré­sor. A Paris, De l’Imprimerie de J. Char­don. 1752

Je trans­cris le texte de l’exemplaire conser­vé à la Biblio­thèque d’Etude et du Patri­moine de Tou­louse sous la cote [Res D XVIII 781]. La page 15 est muti­lée, avec légère atteinte au texte : j’ai inter­pré­té, en atten­dant de véri­fier sur un autre exem­plaire, « et de Madame la Duchesse de Ber… » en fin de ligne, en « et de Madame la Duchesse de Ber­ry ». Au ver­so de la page de titre, la page 2, non numé­ro­tée, offre un plan inti­tu­lé « Des­crip­tion du che­vet » avec loca­li­sa­tions numé­ro­tées de 1 à 11, les onze lieux étant iden­ti­fiés immé­dia­te­ment des­sous, dans la moi­tié infé­rieure de la page. Le texte com­mence page 3, non numé­ro­tée, en regard du plan.

[p.2]

Des­crip­tion du che­vet

[p.3]

Le Tre­sor de l’Abbaye Royale de S. Denis en France, Qui com­prend les Corps Saints et autres Reliques pré­cieuses qui se voyent tant dans l’Eglise, que dans la Salle du Tré­sor.

CHAPITRE PREMIER.

Des Corps Saints qui sont dans le Che­vet de l’Eglise.

Le Che­vet qui est la par­tie super­ieure de l’Eglise, est com­po­sé d’onze Cha­pelles, qui ren­ferment cha­cune quelques Corps Saints.

Les Corps de Saint Denis, Apôtre de France, Evêque Mar­tyr et Patron de la Ville et de l’Abbaye ; de Saint Rus­tique Archi­prêtre, et de Saint Eleu­there Archi­diacre, sont enfer­mez dans l’Autel de Saint Denis.

S. Romain ; Prêtre, Reli­gieux et Dis­ciples de saint Mar­tin, repose dans la Cha­pelle qui

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porte son nom. Il fut appor­té du tems du Roi Dago­bert.

Saint Hilaire Evêque de Mande, est dans la Cha­pelle de son nom.

Sainte Pane­frede, Sainte Seconde et sainte Semi­rables, Vierges, Mar­tyres et Com­pagnes de Sainte Ursule, sont dans la Cha­pelle de Sainte Eugene, Dis­ciple de saint Denis, et Arche­vêque de Tolede dont le corps entier repo­soit ancien­ne­ment dans saint Denis. Ceux de ces Saintes ont été appor­tés du tems de Louis VII, dit le Jeune ; dans cette Cha­pelle, le Pavé est à remar­quer pour la gran­deur.

S. Cucu­fas, Mar­tyr de Bar­ce­lonne, fut appor­tée de Rome en 763. Il est dans la Cha­pelle de son nom.

S. Hilaire de Poi­tiers, et S. Patrocle mar­tyr et Evêque de Gre­noble, ont été appor­tés du tems de Dago­bert. Ils reposent dans la Cha­pelle de la Sainte Vierge.

S. Pele­rin Mar­tyr, pre­mier Evêque d’Auxerre, est dans la Cha­pelle qui porte son nom.

Un des Saints Inno­cens, et un des Mar­tyrs de la Légion Thé­baïne, qui fut appor­té par saint Louis, sont dans la Cha­pelle de saint mau­rice.

Ste. Osmane Vierge, du Sang Royal d’Hibernie, est dans la Cha­pelle de son nom.

Saint Fir­min Mar­tyr, pre­mier Evêque d’Amiens fut appor­té du tems de Dago­bert. Il repose dans la Cha­pelle qui prote son nom.

S. Eus­tache Mar­tyr, est dans la Cha­pelle qui porte son nom, où l’on voit le superbe,

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Mau­so­lé de Hen­ry de la Tour d’Auvergne, Vicomte de Turenne, qui mou­rut en 1675. Le Roy l’a fait enter­rer à saint Denis en recon­nois­sance de ses ser­vices.

Outre les corps de ces Saints, celui de S. Hypo­lite Mar­tyr, est dans une Cha­pelle qui porte son nom, vers la Nef de l’Eglise. Le Pape Leon III, le don­na à Char­le­magne, qui en fit present à l’Abbaye de Saint Denis.

Celui de saint Louis de France, se voit au Tré­sor avec celui de S. Denis de Corinthe.

CHAPITRE II.

Des saintes Reliques et des Reli­quaires pré­cieux qui sont au Tré­sor, dis­tri­buez dans sept Armoires.

Pre­miere Armoire.

Une grande Croix d’or mas­sif, toute cou­verte de Rubis, Saphirs, Eme­raudes et de Perles Orien­tales, qui ren­ferme un mor­ceau du bois de la vraye Croix, de la lon­gueur d’un pied, envoyé l’an 1205 à Phi­lippe Auguste, Roy de France, par Bau­doüin Empe­reur d’Orient.

Un Reli­quaire d’or dans lequel il y a un Cru­ci­fix fait du bois de la vraie Croix, tra­vaillé des propres mains du Pape Cle­ment III. qui en fit pré­sent à Phi­lippe Auguste.

L’Oratoire du même Roy Phi­lippe Auguste, dont la face ante­rieure est d’or, cou­verte de pier­re­ries. On y compte jusqu’à trente-quatre sortes de Reliques ; il y a de la vraye Croix, une

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Epine de la Cou­ronne de Notre-Sei­gneur, de l’Eponge avec laquelle on lui pré­sen­ta du fiel, de sa Robe, etc.

Une Châsse d’argent doré, dans laquelle se voyent des par­celles des prin­ci­pales Reliques de la Sainte Cha­pelle de Paris : cette Châsse est aux armes de l’Abbaye.

Un des Cloux avec les­quels Notre-Sei­gneur fut atta­ché à la Croix ; il fut envoyé à Char­le­magne par Constan­tin VII. Empe­reur de Constan­ti­nople, et depuis don­né par Charles le Chauve. Il est enchas­sé dans un Reli­quaire d’argent doré que les Reli­gieux ont fait faire.

Une grande Image d’argent doré de Nôtre-Dame, tenant à la main droite une Fleur de lys d’or émaillée, sur laquelle on lit ces mots, Des che­veux de Notre-Dame. Ce Reli­quaire a été don­né par Jeanne d’Evreux, Reine de France, avec le sui­vant.

Une autre grande Image d’argent doré de saint Jean l’Evangeliste tenant d’une main une Dent de ce saint Apôtre.

Une autre Image d’argent doré de la sainte Vierge, qui tient d’une main un petit Reli­quaire, dans lequel se voit un mor­ceau des Langes dans les­quels elle enve­lop­pa Nôtre-Sei­gneur dans la Crêche. La Relique a été don­née à Phi­lippe Auguste, par l’Empereur Bau­doüin en 1205. et le Reli­quaire par Guy de Mon­ceau, Abbé de saint Denis en 1385.

Un Reli­quaire d’argent doré de saint Hyp­po­lite dont il y a un Osse­ment.

Le bras de saint Simeon qui reçut Notre-Sei­gneur au Temple. Son Reli­quaire est d’or en-

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richi de pier­re­ries, don­né par Charles le Chauve.

L’Os du bras de Saint Eus­tache Mar­tyr, enchas­sé en argent doré, enri­chi de Pier­re­ries.

Un Reli­quaire d’or, accom­pa­gné de deux Anges d’yvoire sur un pied d’argent doré, où sont quelques Osse­mens de saint Pla­cides, Dis­ciple de saint Benoît, et de sa sœur sainte Fla­vie.

Un petit Cris­tal gar­ni d’or, dans lequel il y a une dent de saint Pan­crace Mar­tyr.

Les deux Cou­ronnes que Hen­ry IV. Roy de France fit faire pour son Sacre, dont l’une est d’or et l’autre d’argent doré, avec le Sceptre et la main de Jus­tice d’argent doré, qu’il fit appor­ter de Chartres où il fut Sacré, pour être mis dans le Tré­sor, tant en recon­nois­sance de ce que ce fut dans l’Eglise de saint Denis qu’il fit abju­ra­tion de l’Héresie, que parce que c’est l’ancienne coû­tume d’y gar­der les Orne­mens du Sacre.

Une Cou­ronne d’argent doré qui a ser­vi aux obséques de Hen­riette Marie, Reine d’Angleterre, fille du Roy de France Hen­ry IV.

Deux Mîtres des anciens Abbez Régu­liers, dont l’une est à fond de Perles, enri­chies de pierres pré­cieuses enchas­sées en or.

La Crosse du Car­di­nal Charles de Lor­raine, Abbé de saint Denis.

Un Bâton d’argent doré dont se sert le Chantre.

En la seconde Armoire.

Un Chef d’argent doré de saint Hilaire, Evêque de Poi­tiers, cou­vert de Perles

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Orien­tales et de Pier­re­ries pré­cieuses enchas­sées en or. On y voit une Agathe sur laquelle est en demie relief le Por­trait de l’Empereur Cesar Auguste. Cet ouvrage vient de l’Abbé et des Reli­gieux en 1606.

Une grande Croix d’or, enri­chie de Gre­nats et Saphirs, dans laquelle il y a une Verge du Gril sur lequel fut rôti saint Laurent. C’est un present de Charles le Chauve, aug­men­té d’un pied et d’un bâton de ver­meil, ache­tez par les Reli­gieux.

Un Reli­quaire d’argent doré, au haut duquel se voit un Doigt en chair et en os de l’Apôtre saint Bar­the­le­mi, enchas­sé dans un cris­tal gar­ni d’or.

Un Reli­quaire d’argent doré, dans lequel paroît l’os d’une épaule de saint Jean-Bap­tiste, envoyé par l’Empereur Heracle à Dago­bert.

Une Croix d’argent doré, dans laquelle il y a du bois de la vraye Croix, don­né par Jerôme de Cham­bel­lan, Prieur de S. Denis en 1606.

Une Image d’argent doré de S. Nico­las, au pied de laquelle il y a des Reliques du saint. Guy de Mon­ceau, Abbé, l’a don­né en 1385.

Une plaque d’argent doré, sur laquelle sont appli­quées deux Her­mines d’or émaillé, soû­te­nant une devise, au milieu de laquelle, se voit dans un cha­ton d’or une fort belle Hya­cinte Orien­tale, don­né par Anne de Bre­tagne, Reine de France.

Une Image de saint Denis d’argent doré don­née en 1360. par Mar­gue­rite de France, Com­tesse de Flandres.

Une Image de sainte Cathe­rine, d’argent doré, au bas de laquelle il y a de ses Reliques, don­née par Guy Mon­ceau, Abbé en 1385.

Une belle Châsse d’argent faite en forme d’Eglise, conte­nant plu­sieurs Reliques et Osse­mens des Apôtres S. Pierre S. Paul, etc. qui porte au Fron­tis­pice les Armes de l’Abbaye, et du Car­di­nal Jean de Vil­liers, Abbé de Saint Denis.

Un grand Bas­sin et Aiguiere d’argent doré, ache­tez par les Reli­gieux.

Le Sceptre de Dago­bert, d’or émaillé.

Un Aigle d’or enri­chi d’un riche Saphir, et autres Pierres, qui ser­voit d’agraphe au Man­teau Royal du Roy Dago­bert.

Un Reli­quaire d’argent doré, dans lequel selon l’Inscription, il y a des Reliques du Por­phéte Isaïe.

Un autre Reli­quaire de même façon que le pré­cé­dent, où il y a un os de S. Pan­ta­leon Mar­tyr.

Un petit Reli­quaire de cris­tal, dans lequel il y a des che­veux et vête­mens de Ste Mar­gue­rite.

Un œil de S. Leger Evêque d’Autun, por­té par une Image d’argent qui repré­sente ce saint.

Les Cou­ronnes du Sacre de Louis XIII. dont l’une est d’or, et l’autre d’argent doré.

Une Cou­ronne d’argent doré, qui a ser­vi à la pompe funebre de la Reine-Anne d’Autriche.

Deux petits vases appel­lés Burettes de Suger.

Une Image de Notre-Dame, faite d’yvoire, cou­ron­née d’or, enri­chie de pier­re­ries pré­tieuses.

Un Manus­crit d’environ neuf cens ans, qui contient les quatre Evan­giles, écrits en lettres d’or et d’argent sur du velin pour­pré.

Un Mis­sel écrit à la main il y a sept ou huit

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cens ans, la cou­ver­ture est enri­chie de lames d’or, figures d’yvoire et pierres pré­cieuses.

Dans la troi­sieme Armoire.

Le Chef de saint Denis, enchas­sé dans un Reli­quaire d’or, dont la Mître est toute cou­verte de très-fines Pïerres et Perles d’Orient, por­té par deux grands Anges d’argent doré avec un troi­siéme tenant un petit Reli­quaire d’or, enri­chie de Pier­re­ries, dans lequel est un os de l’épaule du même S. C’est un pré­sent de Mat­thieu de Van­dôme, Abbé regu­lier.

Le Calice et les burettes de saint Denis.

Sa Crosse qui n’est que de bois, est cou­verte d’or et de pier­re­ries.

Son anneau pon­ti­fi­cal, ayant au milieu un beau Saphir, accom­pa­gné d’autres anneaux d’Abbez.

L’Agraphe de sa Chappe.

Son bâton de voyages, il est de bois qui depuis a été cou­vert d’argent, orné de cris­taux.

La main droite de saint Tho­mas Apôtre, riche­ment enchas­sée en or avec Dia­mans, gros Rubis et grosses Perles, don­née par Jean Duc de Ber­ry, en 1394.

Un beau Reli­quaire d’argent doré, avec un cris­tal à tra­vers lequel se voit toute la mâchoire infe­rieure de saint Louis, don­née par Gilles de Pon­toise, Abbé de saint Denis qui est repre­sen­té sur le sou­bas­se­ment, tenant un autre Reli­quaire où il y a un Os de saint Louis.

L’Agraphe du Man­teau Royal de S. Louis, d’argent doré, et émaillé, enri­chie de Pier­re­ries.

Un petit Reli­quaire d’argent doré, dans le-

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quel il y a un Os de saint Denis que saint Louis por­toit dans ses voyages.

La main de Jus­tice de saint Louis.

Un grand Cris­tal de roche, où est gra­vé un Cru­ci­fix, avec les Images de la Ste Vierge et de S. Jean, au haut duquel il y a des vête­ment Royaux de S. Louis. Ce cris­tal est dans une enchas­sure d’or ornée de Pierres pré­cieuses.

<p
lass="texte" lang="fr-FR" dir="ltr">L’Anneau même de S. Louis ; il est d’or gar­ni d’un Saphir sur lequel est gra­vé son Image.

La Cou­ronne du même S. Louis, d’or mas­sif, enri­chie de très grosses pierres, entr’autres d’un Rubis, dans lequel S. Louis a fait enchas­ser une Epine de la Cou­ronne de Nôtre-Sei­gneur.

Les deux Cou­ronnes du Sacre de Louis XIV. l’une est d’or et l’autre d’argent doré.

Une autre Cou­ronne de ver­meil qui a ser­vi à ses fune­railles.

Une autre d’argent doré qui a ser­vi aux pompes funebres de la Reine son Epouse.

Une de Mon­sei­gneur le Dau­phin son fils.

Une autre de Suger, Abbé de S. Denis, dont la coupe est d’une très-belle Agathe Orien­tale, gar­nie par le haut d’argent doré, avec pier­re­ries. Le pied est aus­si d’argent doré.

La Patenne du même Calice est nom­mée Ser­pen­tine, avec une bor­dure d’or, ornée d’Emeraude, Ame­thistes, etc.

Une Agathe sur laquelle est repre­sen­tée une Reine : la bor­dure est de ver­meil, tra­vaillé en fila­grame, et char­gée de Pier­re­ries.

Une Phiole d’Onix fort esti­mée.

Une Gon­dole d’Agathe onix.

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Un Livre de velin cou­vert d’argent, avec Pier­re­ries et figures d’yvoire, conte­nant les œuvres de saint Denis, com­men­cées par saint Maxime. Ce livre fut envoyé par Manuël Paleo­logue, Empe­reur d’Orient, en mil quatre cens huit.

Dans la qua­triéme Armoire.

Un Buste de ver­meil orné de pier­re­ries et de médailles d’Agathe, tra­vaillé en por­traits, don­né par Jean Duc de Ber­ry en 1401. dans lequel est une par­tie du Chef de saint Benoît et un Osse­ment de son bras ; sur le col­let de la figure est une Médaille d’Agathe qui repre­sente l’Empereur Domi­tien.

Une Agathe qui repre­sente l’Empereur Pro­bus.

Une Ame­thiste enchas­sée en or, sur laquelle est gra­vée une figure d’Appollon.

Une grande Croix d’or mas­sif, entou­rée de Perles Orien­tales, enri­chie de Saphirs, éme­raudes, et d’une grande Ame­thiste d’Orient au milieu. Elle a appar­te­nu à Char­le­magne, et a été don­né par Charles le Chauve.

Deux Agathes repre­sen­tans deux têtes, l’une de César Auguste, l’autre d’un enfant qu’on croit être Annius-Verus, fils de l’Empereur Marc Aurele.

L’Oratoire de Char­le­magne qui est d’or, enri­chie de Saphirs, Eme­raudes, Aigues-marines et Perles Orien­tales. Dans la par­tie infé­rieure de cette Ora­toire, on voit trois bras des trois Mar­tyrs, saint Georges, saint Theo­dore et saint Apo­li­naire. Dans la par­tie supé­rieure est une

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Aigue-marine qui repre­sente Julie, fille de l’Empereur Tite.

Un grand bocal de cris­tal de roche, avec son anse de la même piece, dont les figures qui sont gra­vées des­sus font connoître l’antiquité, et par­ti­cu­lie­re­ment une ins­crip­tion en carac­teres anciens, que l’on tient être de l’Arabe.

Une espece de sou­coupe d’or ornée de cris­taux de dif­fe­rentes cou­leurs ; sur celui du milieu on y voit un Roy assis sur son Trône.

La Cou­ronne de l’Empereur Char­le­magne qui est d’or, enri­chie de gros Rubis, Saphirs et Eme­raudes. Elle se porte à Reims pour ser­vir aux Sacres de nos Rois, avec les autres orne­mens Royaux ; sça­voir le Sceptre, la main de Jus­tice, et les épe­rons de Char­le­magne, son épée dont la poi­gnée et la garde sont d’or et le haut du fou­reau enri­chie de rubis et de dia­mans, avec un tour de belles Perles Orien­tales, et le Livre conte­nant les cére­mo­nies et Prieres du Sacre.

Les deux Cou­ronnes du Sacre de Louis XV. dont l’une est d’or et l’autre enri­chie de Pier­re­ries.

La Cou­ronne de Jeanne d’Evreux, Reine de France, femme de Charles IV. Elle est d’or, enri­chie de Rubis et Saphirs, avec plu­sieurs Perles, et sert au Cou­ron­ne­ment des Reines, qui se fait dans l’Eglise de saint Denis.

Un beau Vase de Por­phire orné d’une tête d’Aigle, et de deux aîles d’argent doré.

Un autre Vase de Cris­tal de roche don­né

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par Suger, avec la piece pré­ce­dente.

Un Calice avec la Patenne d’argent doré et émaillé, don­né par Charles V. Roy de France.

Une grande Gon­dole de Chry­so­lite, ou de Jadde, enchas­sée en or, don­née par Suger, qui la rache­ta soixante marcs d’argent. Elle avoit appar­te­nu au Roy Louis VII. qui l’avoit enga­gée pour les besoins de l’Etat.

Un autre grand Vase d’Agathe avec son pied, anse et cou­vercle d’argent doré don­né par Suger.

Un Livre manus­crit conte­nant les Epîtres et les Evan­giles ; il est cou­vert d’or, Pier­re­ries et grosses Perles.

Un très-beau Vase d’Agathe Orien­tale, qui est la plus pré­cieuse piece du Tré­sor, à cause de sa gran­deur, son anti­qui­té et son ouvrage : on tient que ç’a été Pto­lo­mée-Phi­la­delphe qui l’a fait faire il y a près de deux mille ans, pour des Bac­cha­nales qui sont repre­sen­tées des­sus en relief avec tant d’artifice, que l’on croit que c’est un ouvrage de trente années. Charles III. Roy de France l’a don­né.

Un Calice avec sa patenne de ver­meil, d’une gran­deur extra­or­di­naire, et d’une très-belle cize­lure, ser­vant à la Com­mu­nion sous les deux especes, ache­tez par les Reli­gieux.

Une Cou­ronne qui a ser­vi aux fune­railles de Mon­sei­gneur le Dau­phin, ci-devant Duc de Bour­gogne.

Une autre à celle de Madame la Dau­phine son épouse.

Une autre de Marie-The­rese Infante d’Espagne épouse de Mon­sei­gneur le Dau­phin.

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Une autre de Madame Marie-The­rese de France Fille de Mon­sei­gneur le Dau­phin.

Dans la cin­quiéme Armoire.

On y voit un Soleil d’un fort beau tra­vail, enri­chi de P
erre­ries. On y voit aus­si les Cou­ronnes de M. le Duc d’Anjou et de Madame troi­siéme de France.

Dans la sixiéme Armoire.

Une belle Châsse d’argent doré, enri­chie d’Emeraudes et Pierres pré­cieuses, dans laquelle est le corps de S. Louis Roy de France.

Une ancienne Châsse dans laquelle est le corps de Denis de Corinthe, don­née par le Pape Inno­cent III.

Un Buste d’argent doré de S. Pierre l’Exorciste, où est ren­fer­mé son Chef.

Une petite Châsse de saint Pele­rin Mar­tyr.

Deux petits Coffres d’yvoire où sont plu­sieurs saintes Reliques.

Une Châsse de cuivre doré et émaillé, dans laquelle est le Pal­lium du Pape Etienne III.

Les habits Royaux qui ont ser­vi au Sacre du Roy, et qui devoient être repre­sen­tez au Sacre de son Suc­ces­seur. On y voit la Cami­sole qui a ser­vi à faire les Onc­tions à sa Majes­té Louis XV, sa Tunique et sa Dal­ma­tique.

Deux Cou­ronnes qui ont ser­vi aux fune­railles de M. le Duc d’Orleans, et de Made­moi­selle de Mont­pen­sier.

Deux Cou­ronnes qui ont ser­vi aux fune­railles de M. et de Madame la Duchesse de Ber­ry.

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La Cou­ronne et l’Epée qui ont ser­vi aux fune­railles de M. le Duc d’Orléans, Régent du Royaume.

Dans la sep­tiéme Armoire.

Le Man­teau Royal de Louis XV. Ses Bot­tines, et les piéces qui ont ser­vi aux funé­railles de Louis XIV. qui sont son Heaume cou­ron­né, son Ecu de France, ses Gan­te­lets et ses Epe­rons ; les Pis­to­lets que la Ville d’Aix-la-Chapelle pré­sen­ta à Sa Majes­té à son retour de Hol­lande, don­nez au Tré­sor par M. Antoine Porte-Arque­buse ordi­naire de Sa Majes­té.

L’Epée d’un Fameux Géné­ral Anglois, nom­mé Tal­bot, don­née au Tré­sor par M. le Comte d’Aubeterre, Lieu­te­nant géné­ral des Armées du Roy, et Che­va­lier de ses Ordres.

Au des­sus de ces Armoires on voit une Chaire de cuivre doré, qui a ser­vi de Trône aux Rois de la pre­miere Race, de laquelle étoit Dago­bert.

L’Epée de Tur­pin, qui de Moine de saint Denis ayant été fait Arche­vêque de Reims, por­ta depuis les armes avec son Oncle Char­le­magne contre les Infi­deles.

L’Epée de Jeanne d’Arcq, Pucelle d’Orleans, et son por­trait.

Une Corne de Licorne qui a six pieds et demie de long.

Une Epée que saint Louis rap­por­ta de son pre­mier voyage de la Terre Saincte.

FIN.

*

SOURCE : Le Tré­sor de l'abbaye royale de S. Denis en France, Qui com­prend les Corps saints et autres Reliques pré­cieuses qui se voyent tant dans l’Eglise, que dans la salle du Tré­sor. A Paris, De l’Imprimerie de J. Char­don. 1752.

 

Loca­li­sa­tion:

- Tou­louse, Biblio­thèque d'Etude et du Patri­moine : Rés.D XVIII 781(3). [sai­si ici]

- Paris, Ins­ti­tut natio­nal d'Histoire de l'Art, col­lec­tion J. Dou­cet : FIAA 12 1 40(2).
— Lyon, Biblio­thèque muni­ci­pale : 361284, CGA.
— Nantes, Biblio­thèque muni­ci­pale : 35646, Fa4.