Flore César est doctorante en Histoire de l'Art à l'Université de Montpellier. Sa thèse porte sur "Collectionnisme et curiosité à Montpellier du XVIe au XIXe siècle".

 

 

 

« Vous sça­vez que les appé­tits des curieux sont dif­fe­rans, selon les pro­fes­sions, les hommes, les moyens et la com­mo­di­té des lieux. »1

La pro­blé­ma­tique liant col­lec­tion­nisme et curio­si­té est clai­re­ment expri­mée par ce col­lec­tion­neur mont­pel­lié­rain, Fran­çois Ran­chin (1560–1641), dans sa lettre adres­sée au « prince des curieux », Nico­las Fabri de Pei­resc (1580–1637). L'environnement des hommes condi­tionne leurs col­lec­tions : les com­por­te­ments humains prennent place dans un espace défi­ni, avec son envi­ron­ne­ment cultu­rel et social propre, et dans un temps défi­ni, déter­mi­né par sa posi­tion dans la chaîne des idées, comme l'a expri­mé Krysz­tof Pomian2.

Au regard de ces consi­dé­ra­tions, aus­si bien anciennes que contem­po­raines, nous allons essayer de com­prendre com­ment, à l'époque moderne, le phé­no­mène des col­lec­tions, et notam­ment des col­lec­tions de plantes, s'articule à une échelle locale : Mont­pel­lier.

Tout d'abord, il s'agit de com­prendre le contexte, ce que Ran­chin appelle en d'autres termes « la com­mo­di­té des lieux ». La ville de Mont­pel­lier pro­fite d'un contexte géo­gra­phique par­ti­cu­lier : pla­cée entre mer et hautes plaines, au cli­mat médi­ter­ra­néen pri­vi­lé­gié, elle se trou­vait à proxi­mi­té des grands ports tels celui de Mar­seille ou d'Agde, mais aus­si d'anciennes grandes colo­nies romaines, comme Nîmes, Arles ou Nar­bonne. Cette posi­tion quelque peu pri­vi­lé­giée de la ville per­met aux col­lec­tion­neurs de dis­po­ser de mul­tiples élé­ments propres à rem­plir leurs cabi­nets.

D'autre part, dès le XVIe siècle, le rôle de capi­tale admi­nis­tra­tive de Mont­pel­lier à l'échelle de la pro­vince s'accroît. En effet, la pro­vince du Lan­gue­doc com­pre­nait deux grandes villes : Tou­louse et Mont­pel­lier, qui se par­ta­geaient alors le pou­voir de par la pré­sence de cours sou­ve­raines. Mont­pel­lier abri­tait ain­si une cour des aides, une chambre des comptes, un bureau des finances, et enfin, un pré­si­dial, cour de jus­tice non sou­ve­raine3.

De plus, carac­té­ris­tique ori­gi­nale, Mont­pel­lier béné­fi­ciait d'une large noto­rié­té à l'échelle euro­péenne, grâce à son uni­ver­si­té de méde­cine créée au XIIe siècle, ame­nant alors de nom­breux étran­gers à venir étu­dier dans cette ville4. L'un d'entre eux, Tho­mas Plat­ter (1574–1628), étu­diant bâlois, a lais­sé de longues des­crip­tions de Mont­pel­lier à la fin du XVIe siècle, rap­por­tant de l'université de méde­cine : « Il y a aus­si à Mont­pel­lier une uni­ver­si­té consi­dé­rable, impo­sante, renom­mée au loin. Elle a été éri­gée par le roi Hen­ri de France et par le pape Urbain, en toutes les facul­tés, mais plus spé­cia­le­ment la facul­té de méde­cine : celle-ci sur­passe, et de loin, toutes les autres dans la France entière. En effet, la beau­té réjouis­sante de l'endroit, les palais et les édi­fices de la ville, l'amabilité des cita­dins, la dou­ceur de l'air, la fer­ti­li­té et la richesse des cam­pagnes ont inci­té les méde­cins à prendre pied sur place. […] Comme on venait de toutes les extré­mi­tés du monde pour y étu­dier, d'autres nations furent inci­tées, du coup, à élire leur demeure en ce lieu. En effet, il y a là, d'ordinaire, en méde­cine, plus de cents étu­diants étran­gers, à cause des bonnes oppor­tu­ni­tés qu'on a d'y pro­gres­ser dans cet art. »5

Ain­si, la dimen­sion de capi­tale régio­nale et médi­cale prise par Mont­pel­lier au début de l'époque moderne et qui se per­pé­tue tout au long de la période, amène une confi­gu­ra­tion ori­gi­nale de la socié­té urbaine. La ville comp­tait une popu­la­tion aisée, de par le nombre accru des robins d'une part, des bour­geois et des riches mar­chands d'autre part, et enfin, de par le nombre de per­sonnes liées au corps médi­cal, com­pre­nant autant des méde­cins et des apo­thi­caires. Les col­lec­tion­neurs6 de l'époque moderne, au nombre de 80 selon nos sources, semblent tous faire par­tie de cette élite pri­vi­lé­giée en rai­son de leur niveau de for­tune. Une tren­taine d'entre eux pos­sèdent des plantes. Par­mi eux, la grande majo­ri­té, à près de 80%, appar­tient au corps des méde­cins et des apo­thi­caires, tan­dis que la mino­ri­té com­prend des magis­trats. De là une pre­mière consta­ta­tion peut être faite : par­mi l'ensemble des col­lec­tion­neurs, deux ten­dances se des­sinent clai­re­ment. Le monde des magis­trats s'intéresse davan­tage aux col­lec­tions huma­nistes, c'est-à-dire celles com­po­sées d'objets anciens et autres curio­si­tés antiques, tan­dis que les méde­cins col­lec­tion­neurs, au contraire, sont avant tout curieux d'éléments liés à la nature. Cette atti­tude peut s'expliquer par la concep­tion qui est faite de la col­lec­tion par le pro­ta­go­niste, concep­tion qui condi­tionne alors la forme de cette même col­lec­tion.

Plu­sieurs formes de col­lec­tions de plantes peuvent être réper­to­riées, évo­luant dans le temps. Tout d'abord, la forme pri­mi­tive de col­lec­tion est la col­lec­tion de plantes vivantes, tel le jar­din : les méde­cins et étu­diants du XVIe siècle pra­ti­quaient l'herborisation, leur per­met­tant de consti­tuer un petit conser­va­toire de plantes vivantes, ins­tal­lé dans un jar­din à l'intérieur même de l'université7. Par­mi eux, peuvent être comp­tés tous les grands natu­ra­listes du siècle : Pierre Belon (1517–1564), Conrad Ges­ner (1516–1565), Mathias de Lobel (1538–1616), ou encore les frères Bau­hin, venus pour étu­dier la méde­cine au sein de l'illustre uni­ver­si­té8. Tou­te­fois, la docu­men­ta­tion reste lacu­naire, il est donc dif­fi­cile de déter­mi­ner si ces cam­pagnes d'herborisations ame­naient ceux-ci à conser­ver des échan­tillons chez eux dans une démarche de col­lec­tion. D'autre part, le jar­din des plantes, né de la volon­té de Richer de Bel­le­val (1564–1632) en 1593, se veut aus­si être une autre forme de col­lec­tion de plantes vivantes9. Ain­si, dans ces deux cas, la col­lec­tion de plantes est tou­jours sou­mise aux besoins de la méde­cine et donc à des fins uti­li­taires, s'inscrivant déjà dans une pers­pec­tive par­ti­cu­lière de la col­lec­tion : l'instruction, qui devien­dra plus tar­di­ve­ment volon­taire et consciente de la part du col­lec­tion­neur.

Chez les par­ti­cu­liers du XVIe et de la pre­mière moi­tié du XVIIe siècle, les plantes, direc­te­ment asso­ciées aux natu­ra­lia, prennent place dans les cabi­nets de curiosités,constituant un autre type de col­lec­tion. Ras­sem­blées sous forme de dro­guiers, conte­nant graines, tiges, feuilles, ou racines, celles-ci repré­sen­taient le règne végé­tal dans ces théâtres de la nature. En outre, les fleurs étaient très recher­chées par cer­tains des col­lec­tion­neurs, tel Fran­çois de Ran­chin, non pas pour être plan­tées et être col­lec­tion­nées vivantes, mais dans le seul but de les dis­til­ler : la plante passe alors de la caté­go­rie des natu­ra­lia à celle des arti­fi­cia­lia.

La pra­tique des col­lec­tions sous forme de cabi­nets de curio­si­tés témoigne de cet esprit contem­pla­tif de l'homme face à la nature. Cette curio­si­té liée davan­tage à la notion de mer­veille, ame­nait les curieux de Mont­pel­lier à recher­cher avant tout la rare­té et la sin­gu­la­ri­té, c'est-à-dire des pièces extra­or­di­naires : Tho­mas Plat­ter s'émerveille devant les « diverses plantes rares » du cabi­net de Laurent Jou­bert (1567/68–1582), ou encore devant le pal­mier du doc­teur Fon­ta­non10. Les sources docu­men­taires ne per­mettent pas de déter­mi­ner avec pré­ci­sion quels spé­ci­mens pou­vaient être conte­nus dans ces col­lec­tions, néan­moins, cer­taines varié­tés de plantes emblé­ma­tiques, telle la man­dra­gore, se retrouvent dans plu­sieurs cabi­nets. Jou­bert, méde­cin, pos­sé­dait « une man­dra­gore en forme d'homme minus­cule » sur laquelle « on lui a plan­té des millets à la place de la che­ve­lure », mais dont l'authenticité est mise en cause par l'étudiant bâlois, y voyant davan­tage une « mono­tro­pa »11. Laurent Cate­lan (1567/68–1647)12, apo­thi­caire dis­tin­gué13, était en pos­ses­sion d'une man­dra­gore, à qui il consa­cra un véri­table trai­té : Rare et curieux dis­cours sur la plante appe­lée man­dra­gore14. L'auteur y dis­tingue deux types de man­dra­gore, une est rare et selon ses propres termes « extra­or­di­naire », pousse sous les gibets et a l'apparence anthro­po­mor­phique, et l'autre est culti­vée dans les jar­dins. S'appuyant sur des textes anciens, il dresse l'histoire de cette plante et en défi­nit l'origine. Il décrit dif­fé­rentes méthodes pour la « cap­tu­rer », et s'attache à en faire une des­crip­tion pré­cise afin d'éviter au lec­teur d'acheter quelques contre­fa­çons, alors très répan­dues. En effet, les man­dra­gores étaient par­ti­cu­liè­re­ment recher­chées car elles étaient répu­tées non seule­ment porte-bon­heur, mais aus­si étaient consi­dé­rées comme véri­tables conseillères. Selon Cate­lan, il suf­fi­sait de leur poser une ques­tion, pour qu'elles répondent soit par paroles arti­cu­lées, soit par hoche­ments de tête15. Cate­lan se réfère aux textes anciens afin de décrire tous les pou­voirs magiques lui étant attri­bués, tout en les condam­nant et en expli­quant que toutes ces pro­prié­tés étaient avant tout fruits de la volon­té du diable. Tou­te­fois, l'auteur s'applique à démon­trer qu'il « est loi­sible & per­mis d'en recher­cher, & d'en tenir, tant pour admi­rer sage­ment les mer­veilleuses pro­duc­tions de la Nature que pour se ser­vir des rares qua­li­tez, ver­tus, & pro­prie­tez légi­times que Dieu lui a attri­buées »16. Cate­lan légi­time ain­si la quête des man­dra­gores, non seule­ment en tant que mer­veilles de la nature, mais aus­si en tant que remèdes médi­caux. Il donne ain­si dif­fé­rentes recettes et appli­ca­tions afin de rendre cette plante utile, notam­ment en cas de sté­ri­li­té, et met en avant ses ver­tus nar­co­tiques et som­ni­fères. Ain­si, la figure de Laurent Cate­lan paraît ambi­va­lente : entre curieux atti­ré par les choses sin­gu­lières et mer­veilleuses, fruits de la créa­tion divine, et véri­table savant, ten­tant de com­prendre et démon­trer, par une ana­lyse métho­dique, l'utilité véri­table d'une plante. A tra­vers cet exemple, la notion même de curio­si­té semble évo­luer. En pre­mier lieu liée à une fonc­tion sco­pique, à l'émerveillement et à la contem­pla­tion, mer­veilles s'entendant comme d'une nature divine et émer­veille­ment comme effet d'une « nature-lan­gage », la curio­si­té s'empare ensuite d'un sens lié davan­tage à ses pro­prié­tés phy­siques, à ses effets sur l'humain comme phé­no­mène agis­sant.

Cate­lan peut alors être consi­dé­ré comme l'ébauche du savant : il est révé­la­teur d'une trans­for­ma­tion pro­gres­sive de l'interprétation de la nature chez les col­lec­tion­neurs de Mont­pel­lier, entre contem­pla­tion et com­pré­hen­sion. La col­lec­tion, ou du moins l'objet de col­lec­tion, se jus­ti­fie selon lui par sa sin­gu­la­ri­té en tant que pro­duc­tion divine, mais aus­si par son uti­li­té. D'objet de contem­pla­tion l'objet de col­lec­tion devient alors objet de recherche. Cette ten­dance, dont les pré­mices se retrouvent chez les natu­ra­listes du XVIe siècle, va domi­ner chez les col­lec­tion­neurs de plantes mont­pel­lié­rains. En effet, au XVIe siècle, la pré­sence de la facul­té de méde­cine ame­nait les pro­fes­seurs à her­bo­ri­ser, la col­lec­tion de plantes étant donc jus­ti­fiée par un besoin médi­cal. De plus, une chaire de bota­nique était créée en 159317 : les pro­fes­seurs étaient donc conscients de cet enjeu uti­li­taire des plantes, enjeu qui ne se retrou­vait pas dans les col­lec­tions des par­ti­cu­liers.

Enfin, une der­nière forme de col­lec­tion se retrouve de manière sys­té­ma­tique chez les col­lec­tion­neurs du début du XVIIe siècle jusqu'à la fin du XVIIIe siècle : le jar­din sec, autre­ment dit l'herbier. Une col­lec­tion dis­po­sée en her­bier per­met­tait de conser­ver la forme et l'aspect géné­ral de la plante, et ain­si de ras­sem­bler divers échan­tillons de dif­fé­rents pays, consul­tables à loi­sir, rôle que ne pou­vaient qu'imparfaitement rem­plir le des­sin ou la pein­ture. De plus, les moyens d'échanges entre les hommes étaient alors faci­li­tés, per­met­tant plus aisé­ment le com­merce entre savants. Deux grandes qua­li­tés peuvent donc être attri­buées aux her­biers, étant à la fois outil de com­pa­rai­son et médium de trans­mis­sion du savoir. La forme de la col­lec­tion devient alors impor­tante, celle-ci condi­tionne le tra­vail du savant, deve­nant un outil néces­saire, voire même une condi­tion indis­pen­sable de la recherche, comme l'illustre Jean-Bap­tiste Lamarck (1744–1829) : « On devient bota­niste en récol­tant et en obser­vant soi-même et en consti­tuant un her­bier »18.

Dès lors, l'analyse des col­lec­tions de plantes à Mont­pel­lier à par­tir du début du XVIIe siècle amène à consi­dé­rer que celles-ci, étu­diées pour elles-mêmes, témoignent d'une nou­velle inter­ro­ga­tion du monde, intrin­sè­que­ment liée à un enjeu uti­li­taire. Les col­lec­tions semblent être consi­dé­rées dif­fé­rem­ment par les pro­prié­taires : plus qu'une simple appro­pria­tion de la nature, la col­lec­tion devient un réper­toire. Elle per­met de dis­po­ser libre­ment d'un ensemble et d'un véri­table maté­riau de recherche, consul­table à tout moment. Se déve­loppe ain­si un véri­table esprit d'observation, faci­li­té par la col­lec­tion, qui devient par consé­quent outil de réflexion. C'est en ce sens qu'il est pos­sible de la consi­dé­rer comme étant à voca­tion scien­ti­fique, dans la mesure où elle per­met au col­lec­tion­neur d'entreprendre une ana­lyse fon­dée sur l'observation de celle-ci. Le conte­nu et la forme des col­lec­tions à Mont­pel­lier sont bou­le­ver­sés, et de ce fait, le para­digme même du col­lec­tion­nisme est modi­fié. En effet, c'est à par­tir de ce moment-là que les col­lec­tions se spé­cia­lisent en his­toire natu­relle, don­nant nais­sance aux cabi­nets d'histoire natu­relle. De plus, il ne s'agit plus de recueillir des plantes pour leur sin­gu­la­ri­té mais dans une pers­pec­tive sys­té­ma­tique : il est donc ques­tion de réper­to­rier le monde et non plus sim­ple­ment de le contem­pler. Ain­si, dès le début du XVIIe, les col­lec­tion­neurs de plantes à Mont­pel­lier s'attachent-ils à col­lec­ter les plantes de la région envi­ron­nante. Richer de Bel­le­val, fon­da­teur du jar­din des plantes, eut pour pro­jet de publier une flore des Alpes et de la Gaule nar­bon­naise19. Un peu plus tar­di­ve­ment, Antoine Magnol (1638–1715) fit publier une flore de la région de Mont­pel­lier20 dans cette même optique. L'attrait pour les plantes rares, témoi­gné jusqu'alors par les cabi­nets de curio­si­tés, dis­pa­raît au pro­fit d'un désir de connaître l'environnement proche et immé­diat, la sin­gu­la­ri­té lais­sant alors place au régu­lier.

Dans cette pers­pec­tive d'inventaire du monde végé­tal, qui se veut à fin uti­li­taire, les savants vont entre­prendre de nom­mer les maté­riaux qu'ils ont en main et par consé­quent, de s'interroger sur l'ordre à tenir dans une telle col­lec­tion, et donc sur « l'ordonnancement » même de la nature. Les pro­blé­ma­tiques liées à la taxo­no­mie des plantes s'établirent ain­si, deve­nant pour lors une pré­oc­cu­pa­tion omni­pré­sente chez les col­lec­tion­neurs mont­pel­lié­rains, qui expé­ri­men­tèrent dif­fé­rentes méthodes de clas­si­fi­ca­tion dès la fin du XVIe siècle. Pierre Richer de Bel­le­val mit au point une nomen­cla­ture binaire21, dans son ouvrage connu sous le titre de Ono­ma­to­lo­gia22.Plus tar­di­ve­ment, Pierre Magnol, par l'observation assi­due de son her­bier, mit au point une méthode de clas­si­fi­ca­tion propre, posant les bases de la méthode natu­relle : dans l'introduction de son Pro­dome, daté de 1689,il explique : « Il existe des familles dis­tin­guées par des signes par­ti­cu­liers. […] De même qu'il existe d'innombrables familles d'animaux, je pro­pose l'établissement de familles dans les végé­taux »23. Cette décou­verte le fait sou­vent citer par les his­to­riens de la bota­nique comme pré­cur­seur de la méthode moderne de clas­si­fi­ca­tion, « le pre­mier à avoir réduit en art la bota­nique »24. Il entre­te­nait de mul­tiples cor­res­pon­dances avec les plus grands natu­ra­listes de son temps, dont, entre autres, Tour­ne­fort (1656–1708), ou encore Guy-Cres­cent Far­gon (1638–1718). La figure de Magnol ne cor­res­pond pas au por­trait du curieux de plantes dres­sé par son contem­po­rain La Bruyère (1645–1696) dans ses Carac­tères, dont il parle en ces termes: « il la [la tulipe] contemple, il l'admire. […] Il ne va pas plus loin que l'oignon de sa tulipe »25, cri­ti­quant ain­si le lien entre curio­si­té et connais­sance. Face à ces consi­dé­ra­tions, Magnol fait alors figure de véri­table savant : de par sa démarche intel­lec­tuelle et métho­dique, témoin de l'organisation d'un savoir, de par son ins­crip­tion dans un réseau de savants et aus­si, de par son appar­te­nance à diverses socié­tés scien­ti­fiques, telle l'Académie Royale des Sciences de Paris. Il peut donc être consi­dé­ré comme fai­sant figure de tran­si­tion à Mont­pel­lier au sein du phé­no­mène des col­lec­tions liées aux plantes. Dés lors à Mont­pel­lier, non seule­ment la col­lec­tion est subor­don­née à des fins scien­ti­fiques, mais elle va éga­le­ment consti­tuer le sup­port d'une recherche dépas­sant le cadre impar­ti jusqu'alors à la méde­cine, Magnol ne cher­chant pas seule­ment à faire connaître les ver­tus des plantes, mais posant les bases d'un savoir indé­pen­dant, éla­bo­rant ain­si une science à part entière : la bota­nique. Il répond à la défi­ni­tion du bota­niste, en tant que col­lec­teur et métho­dique, énon­cée plus tar­di­ve­ment par Lin­né, oppo­sé au « bota­no­phile », qui est celui qui sans avoir en vue la science bota­nique pro­pre­ment dite, s'intéresse aux plantes, notam­ment pour leurs pro­prié­tés médi­ci­nales26.

D'autres col­lec­tion­neurs se sont inté­res­sés à la clas­si­fi­ca­tion des plantes. Héri­tier de l'enseignement de Magnol, Fran­çois Bois­sier de Sau­vages (1706–1795), col­lec­tion­neur et doc­teur de l'université de méde­cine de Mont­pel­lier, mit au point une autre méthode de clas­si­fi­ca­tion, à par­tir de l'observation de la forme des feuilles27 des plantes de son her­bier28. Autre col­lec­tion­neur de plantes, Pierre Cus­son (1722–1783), pro­fes­seur en l'université de méde­cine, ten­ta éga­le­ment une clas­si­fi­ca­tion des plantes à par­tir de sa col­lec­tion : ses obser­va­tions lui per­mirent de faire connaître l'albumen qui entoure l'embryon dans les plantes comme chez les ani­maux, et fon­da sa clas­si­fi­ca­tion sur cette par­tie de la graine29. Enfin, Antoine Gouan (1733–1821), démons­tra­teur de bota­nique et col­lec­tion­neur, fut l'un des pre­miers en France à intro­duire le sys­tème de clas­si­fi­ca­tion de Lin­né (1707–1778)30, et ten­ta de mettre au point une méthode hybride, com­bi­née avec les ordres de celui-ci31. Ces dif­fé­rents exemples montrent que les col­lec­tions à Mont­pel­lier deviennent très tôt ins­tru­ments d'illustration d'un prin­cipe visant la com­pré­hen­sion et par ailleurs, moyens d'illustration d'articulation des savoirs. Cette concep­tion est à rap­pro­cher de celle de Lin­né qui pen­sait que la com­pré­hen­sion de la nature pas­sait avant tout par sa mise en ordre32. Les bota­nistes mont­pel­lié­rains orga­nisent donc leur tra­vail et leur réflexion autour de la col­lec­tion : après avoir récol­té, ils peuvent obser­ver, et ain­si nom­mer et clas­ser. L'ordre devient dès le XVIIe un cri­tère essen­tiel de la com­po­si­tion et de l'organisation d'une col­lec­tion, témoi­gnant alors d'une nou­velle concep­tion de l'idée de nature : conçue d'abord comme un ensemble de sin­gu­la­ri­tés, elle devient un ensemble de com­po­santes liées intrin­sè­que­ment, elle est sou­mise à des règles, voire à des lois. Cette idée sera expri­mée bien plus tard par l'auteur de l'article « his­toire natu­relle » de l'Ency­clo­pé­die : « Un cabi­net d'histoire natu­relle est fait pour ins­truire ; c'est là que nous devons trou­ver en détail & par ordre, ce que l'univers nous pré­sente en bloc. […] Qu'est-ce qu'une col­lec­tion d'êtres natu­rels sans le mérite de l'ordre ? A quoi bon avoir ras­sem­blé dans des édi­fices, à grand peine & à grands frais, une mul­ti­tude de pro­duc­tions, pour me les offrir pêle­mêle & sans aucun égard, soit à la nature des choses, soit aux prin­cipes de l'histoire natu­relle ? » 33

A tra­vers les dif­fé­rents modes d'observation effec­tués sur les plantes, et donc sur les col­lec­tions, les mont­pel­lié­rains par­ti­cipent à l'élaboration d'une véri­table science, la bota­nique, qui reste tou­te­fois subor­don­née à l'histoire natu­relle, cor­ré­la­tion se reflé­tant par les col­lec­tions. En effet, à Mont­pel­lier, les col­lec­tions ne sont pas spé­cia­li­sées en un seul règne de la nature, les plantes étant tou­jours accom­pa­gnées de quelques autres col­lec­tions liées à la nature, telles les col­lec­tions miné­ra­lo­giques, les col­lec­tions zoo­lo­giques, ou encore les col­lec­tions liées à l'ichtyologie ou à la conchy­lio­lo­gie. Les cabi­nets d'histoire natu­relle rem­placent pro­gres­si­ve­ment les col­lec­tions ency­clo­pé­diques : la trans­for­ma­tion du conte­nu des col­lec­tions et de leur mode d'organisation peuvent alors illus­trer l'évolution même de la curio­si­té en tant que com­po­sante de la culture savante. Le regard por­té sur elles semble trans­for­mé. Davan­tage dres­sé, dis­ci­pli­né, orga­ni­sé, il fait place à l'observation sou­mise à l'esprit cri­tique.

Au XVIIIe siècle, l'intérêt crois­sant por­té par les Mont­pel­lié­rains à la science bota­nique les ame­na à créer une classe de bota­nique au sein de la Socié­té Royale des sciences de la ville34. Créée en 1706, cette aca­dé­mie jouait un rôle pré­do­mi­nant à l'échelle du royaume, ses sta­tuts la liant direc­te­ment à l'illustre Socié­té royale des sciences de Paris, fai­sant de l'académie mont­pel­lié­raine par­tie inté­grante de l'institution pari­sienne35. Plu­sieurs dis­ser­ta­tions des aca­dé­mi­ciens de Mont­pel­lier étaient publiées annuel­le­ment dans les mémoires de l'institution pari­sienne, fai­sant valoir leurs tra­vaux dans tout le royaume. Tous les col­lec­tion­neurs de plantes du XVIIIe siècle, à deux excep­tions près, fai­saient par­tie de cette socié­té. S'appuyant sur leurs col­lec­tions, tous ont pro­duit quelques dis­ser­ta­tions ou mémoires sur la bota­nique, s'intéressant à une espèce par­ti­cu­lière, ou aux usages et pro­prié­tés qui pou­vaient en être fait, consti­tuant, orga­ni­sant, enri­chis­sant ain­si une dis­ci­pline scien­ti­fique qui devient ain­si recon­nue comme telle : la bota­nique. Ain­si, la grande majo­ri­té des col­lec­tion­neurs de Mont­pel­lier peut être consi­dé­rée véri­ta­ble­ment comme hommes savants, oppo­sés alors aux curieux ou aux ama­teurs. Bien que les démarches d'observation du curieux et du savant res­tent inti­me­ment liées, la démarche métho­dique et le but du savant marquent sa supé­rio­ri­té. Tan­dis que le simple curieux répond à une satis­fac­tion per­son­nelle, le savant cherche l'utile, le bien com­mun.

Tou­te­fois, paral­lè­le­ment à la démarche de ces « col­lec­tion­neurs savants » qui ont assi­gné à leurs col­lec­tions un usage scien­ti­fique, une autre pra­tique des col­lec­tions, bien que très mino­ri­taire, s'installe chez les magis­trats et riches mar­chands du XVIIIe siècle. Il s'agit de col­lec­tion­ner pour orne­men­ter et non pour ins­truire, les col­lec­tions de plantes ser­vaient alors sim­ple­ment à déco­rer les biblio­thèques, ou à satis­faire le plai­sir du pro­prié­taire. L'exemple de Jean-Pierre d'Aigrefeuille (1665–1744), pré­sident à la chambre des comptes de Mont­pel­lier, est signi­fi­ca­tif. Sa cor­res­pon­dance36 avec Ber­nard de Mont­fau­con (1655–1741) de 1709 à 1738 per­met de bien cer­ner ce per­son­nage, grand col­lec­tion­neur de livres, anti­qui­tés et tableaux. Piqué d'une véri­table manie nobi­liaire, il fut en quête d'illustres ancêtres, le pous­sant à chan­ger l'orthographe de son nom de Gre­feuille en Aigre­feuille. Un inven­taire som­maire de sa col­lec­tion montre qu'il pos­sé­dait un véri­table cabi­net de curio­si­tés, dont le prin­ci­pal attrait pour le pro­prié­taire était la sin­gu­la­ri­té et rare­té des objets pré­sen­tés. Sa démarche est donc davan­tage à rap­pro­cher d'une volon­té de répondre à une mode que d'un véri­table désir de connaître et d'étudier.

Pour conclure, il est oppor­tun de citer Jules-Émile Plan­chon (1823–1888), bota­niste mont­pel­lié­rain du XIXe siècle, qui s'est atta­ché à retra­cer l'histoire de la dis­ci­pline dans sa ville natale : « L'heureuse situa­tion de Mont­pel­lier sous un ciel clair et pur, les secours qu'on y trouve pour l'anatomie et la chi­mie, la terre féconde en plantes rares et sin­gu­lières, le voi­si­nage de la mer et la facul­té d'entretenir com­merce avec les divers sça­vants du royaume, soit des autres états, par le moien du grand concours d'étrangers qu'il y a tou­jours dans cette ville, les met­toient en état de faire plus faci­le­ment qu'en autre endroit des obser­va­tions et des recherches impor­tantes et curieuses, dont l'université de méde­cine célèbre dans tout le monde ne pou­voit que rece­voir un nou­vel éclat.37 »

Mont­pel­lier tient une place impor­tante au sein de l'histoire de la bota­nique : très tôt conscients d'un enjeu uti­li­taire des col­lec­tions de plantes, les natu­ra­listes ont lar­ge­ment par­ti­ci­pé à l'élaboration d'une science, de moins en moins subor­don­née à la méde­cine, mais fon­dée sur l'observation et secon­dée par les col­lec­tions. D'abord incluses dans les cabi­nets de curio­si­tés, les col­lec­tions de plantes des Mont­pel­lié­rains sont très tôt asso­ciées à une science. L'observation, qui n'est plus seule­ment liée à la contem­pla­tion ou l'émerveillement, amène les col­lec­tion­neurs à se ser­vir de leur col­lec­tion en tant que véri­table outil de tra­vail condi­tion­né par l'ordre qui pré­side à son arran­ge­ment. Véri­ta­ble­ment conscient de cet enjeu, André-Antoine Tou­chy, lui-même col­lec­tion­neur mont­pel­lié­rain expli­quait : « La col­lec­tion est un livre que le natu­ra­liste déchiffre et explique d'un bout à l'autre, et dans lequel tout élève, tout ama­teur, doit pou­voir lire réel­le­ment le titre des cha­pitres, les numé­ros de para­graphes, c'est-à-dire la nomen­cla­ture de l'ouvrage »38.Les col­lec­tions de plantes se suf­fisent alors à elles-mêmes, et montrent par leur dis­tri­bu­tion que se met en place un pro­ces­sus d'organisation même du regard. Les col­lec­tions peuvent être consi­dé­rées alors comme formes maté­rielles d'appréhension du monde, attes­tant de la place de l'homme face à son désir infi­ni de com­prendre. Mais cette démarche reste avant tout tri­bu­taire du pro­ta­go­niste même de la col­lec­tion, selon son propre « appé­tit », appé­tit de voir, appé­tit d'avoir, appé­tit de savoir.

Flore César, Uni­ver­si­té de Mont­pel­lier.

Notes de bas de page numériques

1 Paris, Biblio­thèque Natio­nale de France, Fonds fran­çais, Ms 9538, f°241.
2 Krysz­tof Pomian, « Curio­si­té et science moderne », in Nou­velles curio­si­tés, Digne, Musée Gas­sen­di, 2003, p. 5–26.
3 Voir, entre autres, à ce sujet : Phi­lippe Wolf (sous dir.), His­toire du Lan­gue­doc, Tou­louse, éd. Pri­vat, 2000.
4 A ce sujet, voir : Hubert Bon­net, La facul­té de méde­cine de Mont­pel­lier : huit siècles d'histoire et d'éclats, Mont­pel­lier, Sau­ramps, 1992.
5 Emma­nuel Le Roy Ladu­rie, Le siècle des Plat­ter II : le voyage de Tho­mas Plat­ter, 1595–1599, Paris, Fayard, 2000, p. 110.
6 Toute per­sonne qui amasse dans une démarche volon­taire un ou plu­sieurs types d'objet, quel qu'en soit le but, est alors consi­dé­rée comme col­lec­tion­neur.
7 Louis Dulieu, « His­toire de la bota­nique à Mont­pel­lier », in Cata­logue d'exposition sur l'histoire de la bota­nique à Mont­pel­lier, Mont­pel­lier, Musée Fabre, 1981, p. 3.
8 Jules-Émile Plan­chon, Ron­de­let ou ses dis­ciples ou la bota­nique à Mont­pel­lier au XVIe siècle, Mont­pel­lier, Boëhm et fils, 1866.
9 Voir com­mu­ni­ca­tion pré­cé­dente : Marie-Eli­sa­beth Bou­troue, « Le jar­din des plantes de Mont­pel­lier au temps de Charles de l'Ecluse et Richier de Bel­le­val ».
10 Emma­nuel Le Roy Ladu­rie, op. cit., 2000, p. 220–224.
11 Emma­nuel Le Roy Ladu­rie, op. cit., 2000, p. 222.
12 Mont­pel­lier, Archives muni­ci­pales, BB147, n°13, Marye f° 478–480.
13 Laurent Cate­lan semble avoir été en contact avec divers col­lec­tion­neurs de curio­si­tés, notam­ment avec Paul Contant, à qui il aurait offert un fla­mant rose. Paul Contant, Le Jar­din et cabi­net poé­tique, Poic­tiers, éd. Antoine Mes­nier, 1609,Rennes, Presses Uni­ver­si­taires de Rennes, nou­velle édi­tion 2004, p. 213.
14 Laurent Cate­lan, Rare et curieux dis­cours sur la plante appe­lée man­dra­gore : de ses espèces, ver­tus & usages, et par­ti­cu­liè­re­ment de celle qui pro­duict une racine, repré­sen­tant de figure, le corps d'un homme, qu'aucuns croyent celle que Josephe appelle Baa­ras & d'autres les téra­phins de Laban, en l'escriture sainte, Paris, aux dépens de l'auteur, 1638.
15 Laurent Cate­lan, op. cit., p. 9–10.
16 Laurent Cate­lan, op. cit., p. 28.
17 Gérad Chol­vy (sous dir.), His­toire de Mont­pel­lier, Tou­louse, éd. Pri­vat, 2001, p. 135.
18 Jean-Bap­tiste Lamarck, « Her­biers et her­bo­ri­sa­tions », in Ency­clo­pé­die métho­dique, Paris, Pan­coucke, 1789, Tome III, p. 112.
19 Ce pro­jet n'a jamais abou­ti. A ce sujet, voir l'article de Louis Dulieu, « Les Icônes de Pierre Richer de Bel­le­val », in Mons­pe­lien­sis Hip­po­crates, 1960, n°8, p. 13–21.
20 Antoine Magnol, Hor­tus Regius Mons­pe­lien­sis, sive Cata­lo­gus Plan­ta­rum quae in Hor­to Regio Mons­pe­lien­si demons­tran­tur a Petro Magnol Regio Consi­lia­rio, in Alma Mons­pe­lien­sium Medi­co­rum Aca­de­mia pro­fes­sore regio. Acces­se­runt novae plu­ri­ma­rum plan­ta­rum cum suis ico­ni­bus, des­crip­tiones. Vir­tutes etiam jux­ta Neo­te­ri­co­rum prin­ci­pia bre­vi­ter expli­can­tur, Mon­pel­lier, H. Pech, 1697.
21 Voir à ce sujet Jules-Émile Plan­chon, Pierre Richer de Bel­le­val fon­da­teur du jar­din des plantes : dis­cours pro­non­cé à la séance solen­nelle des facul­tés le 15 novembre 1859, Mont­pel­lier, J. Mar­tel aîné, 1869.
22 Pierre Richer de Bel­le­val, Ono­ma­to­lo­gia seu nomen­cla­tu­ra stir­pium quaen hor­to regio Mons­pe­lien­si recens construc­to colun­tur, Mont­pel­lier, Gile­tum, 1598.
23 Pierre Magnol, Pro­do­mus his­to­riae gene­ra­lis plan­ta­rum in quo fami­liae plan­to­rum per tabu­las dis­po­nun­tur, Mont­pel­lier, Pech, 1689, p. IV.
24 Jules-Émile Plan­chon,« His­toire de la vie et des ouvrages de M. Pierre Magnol, de l’Académie Royale des Sciences de Paris, Pro­fes­seur dans l’Université de Méde­cine, et Ins­pec­teur du Jar­din des Plantes de Mont­pel­lier », in Lan­gue­doc Médi­cal, février-avril 1884, p. 6–33, p. 7.
25 Jean de La Bruyère, « Les Carac­tères », in Oeuvres, Paris, G.E.F., 1865, Tome II, p. 135.
26 A ce sujet, voir­Jean-Marc Drouin, L'herbier des phi­lo­sophes, Paris, Seuil, 2008.
27 Fran­çois Bois­sier de la Croix de Sau­vages, Metho­dus folio­rum seu plan­ta­rae Mons­pe­lien­sis jux­ta folio­rum ordi­nem ad juven­dam spe­cie­rum cog­ni­tio­nem diges­tae, La Haye, 1751.
28 Son her­bier, aujourd'hui conser­vé à l'institut de bota­nique de Mont­pel­lier, témoigne de son tra­vail : il est le reflet de sa concep­tion et l'illustre par­fai­te­ment.
29 Les tra­vaux de bota­nique de Pierre Cus­son ne furent jamais édi­tés, mais furent tout de même uti­li­sés par des bota­nistes pos­té­rieurs, d'après l'enseignement de celui-ci. Voir à ce pro­pos : Charles Mar­tins, Coup d'oeil sur l'histoire des bota­nistes et du jar­din des plantes de Mont­pel­lier : dis­cours d'ouverture du cours de bota­nique médi­cale pro­non­cé le 17 avril 1852, Mont­pel­lier, Ricard frères, 1852.
30 Antoine Gouan, Hor­tus regius mon­pe­lien­sis, sis­tens plan­tas, tam inde­gi­nas tum exo­ti­cas, 2200 ad gene­ra rela­tas, Lyon, de Tournes, 1762. Voir aus­si du même auteur, Expli­ca­tions du sys­tème bota­nique du che­va­lier Lin­né, Mont­pel­lier, Picot, 1787.
31 Antoine Gouan, Flo­ra Mons­pe­lia­ca. Sis­tens plan­tas n°1850 ad sua gene­ra rela­tas et hybri­da metho­do diges­tos, Lyon, Duplain, 1765.
32 Voir à ce pro­pos, Jean-Marc Drouin, op. cit., 2008.
33 Dau­ben­ton, « Cabi­net d'histoire natu­relle », in Ency­clo­pé­die ou dic­tion­naire rai­son­né des sciences, des arts et des métiers, Paris, Brias­son, 17 vol., tome II, p. 489–492.
34 Junius Cas­tel­nau, Mémoire his­to­rique et bio­gra­phique sur l'ancienne socié­té royale des sciences de Mont­pel­lier, Mont­pel­lier, Boëhm, 1858.
35 Sta­tuts de la socié­té royale de Mont­pel­lier, s.l.n.d.
36 Alexandre Ger­main, Le pré­sident Jean-Pierre d'Aigrefeuille : biblio­phile et anti­quaire, Mont­pel­lier, Boëhm, 1862.
37 Jules-Émile Plan­chon, La bota­nique à Mont­pel­lier : une vie inédite de Pierre Magnol, par son fils Antoine Magnol, Mont­pel­lier, Boëhm et fils, 1884.
38 Mont­pel­lier, archives muni­ci­pales, 1R, série non clas­sée.