Cabinet de Borel, Pierre

Cabinet décrit par Borel lui-même dans un Catalogue des choses rares de Maistre Pierre Borel inséré dans ses Antiquitez, raretez, plantes, mineraux, et autres choses considerables de la Ville, et Comté de Castres d’Albigeois de 1649.

L'érudit Pierre Borel, méde­cin depuis 1643, exerce son art à Castres et fré­quente dès 1649 l'Académie de cette ville. Le cata­logue de son cabi­net, que l'on trouve adjoint à son ouvrage à orien­ta­tion his­to­rique sur Castres, se pré­sente comme la réédi­tion actua­li­sée d'une publi­ca­tion de 1645, dont aucun exem­plaire n'est par­ve­nu jusqu'à nous. La seconde par­tie de ce docu­ment est pas­sion­nante à double titre : parce qu'elle fait l'inventaire des curio­si­tés du cabi­net de Pierre Borel , et parce que l'auteur fait une "liste des cabi­nets de France et d'ailleurs" qui lui sont contem­po­rains, assor­tis pour la plu­part du nom de leur pro­prié­taire, source très pré­cieuse pour nos tra­vaux (ce docu­ment excep­tion­nel est éga­le­ment acces­sible sur notre site, voir lien indi­qué).

 Ce cata­logue du cabi­net de Borel, dres­sé par son pro­prié­taire, occupe les pages 132 à 150 des Anti­qui­tez, rare­tez, plantes, mine­raux, et autres choses consi­de­rables de la Ville, et Com­té de Castres d’Albigeois, et des lieux qui sont à ses envi­rons, avec l’Histoire de ses Comtes, Evesques, etc. Et un recueil des Ins­crip­tions Romaines, et autres anti­qui­tez du Lan­gue­doc, et Pro­vence. Avec le Roolle des prin­ci­paux Cabi­nets, et autres rare­tez de l’Europe. Comme aus­si le Cata­logue des choses rares de Maistre Pierre Borel, Doc­teur en Mede­cine Aut­heur de ce livre. (Castres, par Arnaud Colo­miez, 1649).

Je reco­pie le texte sur l’exemplaire conser­vé par la Média­thèque Michel-Cré­peau (La Rochelle), cote [Res. 362 C]. Je suis par­fois inter­ve­nu pour nor­ma­li­ser la ponc­tua­tion (res­ti­tu­tion de majus­cules après un point, res­ti­tu­tion d’un point au lieu de vir­gule avant majus­cule, et sys­té­ma­ti­sa­tion d’une triple espace entre les dif­fé­rents items de la liste) ; j’ai éga­le­ment « aéré » le texte en ména­geant un saut de ligne avant chaque nou­velle tête de rubrique. On remar­que­ra que le cata­logue est incom­plet : en pas­sant de la page 133 à la page 134, on quitte bru­ta­le­ment les qua­dru­pèdes pour les vola­tiles. Il y a donc eu une erreur à la fabri­ca­tion du livre, qui nous prive de la fin de la liste des qua­dru­pèdes et du début de celle des oiseaux.

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 Pierre BOREL, 1649 : « Cata­logue des choses rares qui sont dans le Cabi­net de Maistre Pierre Borel Mede­cin de Castres au haut Lan­gue­doc. Edi­tion 2. aug­men­tée de beau­coup. »

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Cata­logue des choses rares qui sont dans le Cabi­net de Maistre Pierre Borel Mede­cin de Castres au haut Lan­gue­doc. Edi­tion 2. aug­men­tée de beau­coup.

Ins­crip­tion qui est sur la porte du sus­dit Cabi­net s’adressant aux curieux.

Siste gra­dum (curiose) hic enim orbem in domo, imo in Musæo, id est micro­cos­mum seu rerum omnium rario­rum Com­pen­dium cernes, in eo stans regiones omnes momen­to lus­trare pote­ris, cae­me­te­rium for­san voca­bis, cum mul­ta cada­ve­ra conti­neat, sed dic potius cam­pos Elisæos, ubi mor­tua feli­ci tran­quilli­tate fruen­tia revi­vis­cunt vel lici­ta necro­man­tia resur­gunt, vel dic Her­cu­lis tro­phææ hic jacere, cum ser­pen­tum exu­vias, ossaque gigan­tum videas. hic tibi Dei et naturæ ope­ra luben­ter demons­tran­tur, hic mul­ta quæ ars affabre fin­xit tam libe­ra­lis et mecha­ni­ca quam chi­mi­ca, hic res suas exo­ti­cas Ame­ri­ca, et sua mons­tra tibi pan­dit Afri­ca, ast hic fero­ci­ta­tem depo­sue­runt, vide­bis enim sine noxa basi­lis­cos ser­pentes, dra­cones, remo­ras, lamias, et gigantes, hic mare tibi pisces suos rariores, aer aves, ignis ope­ra, ter­ra mine­ra­lia offe­runt, hic fruc­tus per­egri­nos mul­tos cernes quos incons­tan­tia maris fur­to lau­da­bi­li é par­ti­bus igno­tis orbis, constantes red­di­dit, et ex igno­tis notos, hic vis­ce­ra terræ et aquæ pan­dun­tur, uniones et ada­mantes in matri­ci­bus suis tibi offe­run­tur, hic tan­dem rara mul­ta anti­qui­ta­tis monu­men­ta

   quæ nec Jovis ira, nec ignes
Nec potuit fer­rum neque edax abo­lere vetus­tas.

Hæc omnia par­vo in loco conti­nen­tur, et sine chao pisces ærem habi­tant et inimi­ci jun­gun­tur, hæc omnia, ut

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et quæ sequen­ti conti­nen­tur cata­lo­go, vide­bit curio­sus qui huc acce­dere digna­bi­tur.

Gran­diaque effos­sis, mira­bi­tur ossa sepul­chris.

Pro­verbes chap. 24 vers. 4.

Par science les Cabi­nets seront rem­plis de toute che­vance pre­tieuse et delec­table.

    Rare­tez de l’Homme.

L’Omoplate ou os de l’espaule d’un Geant pesant trente cinq livres, et ayant quatre pams de haut et sept de large.   Un monstre à 2. testes.   Deux dents de geant grosses comme la moi­tié du poing.   Des pieces de Mumie ou corps embau­mez des Egip­tiens.   La pierre de gra­velle. La peau, Cres­pine ou coeffe qui enve­lope les enfans dans le ventre.

    Des bestes à quatre pieds.

Un Cro­co­dille long de neuf pieds.   Un grand Lezard des Indes, long de quatre pieds.   Une belle Tor­tuë de Cata­logne.   Un chat à deux testes.   Une grande corne noire, ridée, et un peu cour­bée, longue de quatre pams, que les uns disent estre du Pacos, ani­mal qui porte le besoard, les autres de gaselle, et les autres de licorne Ethio­pique.   Le Crane d’une beste inco­gneuë, ayant les sutures esle­vées en forme de creste.   Deux autres sortes de Tor­tuës.   Une her­mine.   Une corne d’agneau d’Ethiopie.   Une corne de Cha­mois.   Une piece de vraye corne de Licorne.   Dents de Licornes mine­rales.   L’os du cœur du Cerf.   Des pierres de Besoard.   Du Cas­to­reum.   Du pied d’Elent.   De grandes dents de San­glier.   Des espines de Porc espi, entre les­quelles y en a de fort longues et une de tri­an­gu­laire.   De corne de Rhi­no­ce­rot.

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Un Phœ­ni­cop­tere, ou Fla­mand, oyseau rare, haut de neuf pams, et qui a le plu­mage de cou­leur de feu.   Le bois où s’engendrent les Oyes d’Escosse, qui naissent de la pour­ri­ture des navires, l’aisle et le bec d'un de ces oyseaux.   Le bec de l’oyseau poche ou cueiller.   Le bec de la Cigogne, et de l’oyseau de Para­dis, de la Gruë, et du Phæ­ni­cop­tere qui est fort gros, et fait en cro­chet.   Les griffes d’un Duc Royal, et d’un Aigle.   Un crane de poule mons­trueux.   Un œuf d’Austruche.   Une peau de Vau­tour.   De plumes de plu­sieurs oyseaux rares des Indes, comme poules de Gui­née, et autres.    Une piece du nid des Hal­cions.   Trois fort grandes ongles d’oyseaux rares.

    Des Pois­sons, et Zoo­phites de mer.

L’espée de mer, ou bec du pois­son Empe­reur, dit, Xiphias, ayant quatre pams de long.   La scie de mer longue de trois pams.   Le Zigæ­na, Libel­la, Balis­ta, Mar­teau de mer, ou pois­son Juif.   La queuë du Renard de mer, ou Ramard, longue de 7. pams. Un veau Marin.   La teste d’un Dau­phin.   La coquille, et teste d’une Tor­tuë de l’Isle saincte Helene, ayant quatre pams de long, et 3. de large.
Un porc de mer, dit Capris­cus.   Autre porc de mer, dit, Cen­tri­na, ou Human­thin.   La Tor­pille pois­son rare qui engour­dit la main du pes­cheur.   La Remore qui arreste les navires.   Le Lievre de mer.   Le Chat de mer.
Le Rat de mer.   Le Coq de mer ou Char­pen­tier, pois­son duquel les os repre­sentent tous les ins­tu­mens d’un Char­pen­tier.   Une piece de la peau de la Balene.   La peau du Chien marin.   Une coste

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de Balene.   Une plume ou membre viril de mer.   Un Concombre de mer.   Un Homar ou grande Escre­vice marine, ayant chaque pate plus grosse que les deux poings.   Une Lan­gouste de mer.   Un Maler­mat ou pois­son du vent dit ain­si, parce qu’il se tourne tous­jours du cos­té qu’il fait vent, mesmes estant mort.   Une petite Cigale de mer.   Autre Cigale de mer dite, Nym­pha ou tet­tix.   Un Scor­pion de mer.   Un cœur de mer dit Bris­sus ous­pa­ta­gus.   Un os de l’espine d’un Dau­phin.   Un Diable de mer ou Galan­ga, une ongle de Chau­ve­sou­ris de mer.   Trois sortes d’esponges nais­santes ou en fleur.   Plu­sieurs Estoiles de mer petites et dif­fe­rentes.   Une fort grande Estoile de mer.   Autre dite Soleil de mer.   Divers Heris­sons de mer grands et petits, avec espines et sans espines.   Trois espines longues comme le doigt d’un pois­son rond fort rare appor­té de la terre saincte.   Une Gre­nade de mer.   Des Her­mites de mer de diverses sortes.   Une dent de Lamie blanche comme Ivoire, et toute den­te­lée à l’entour.   Des stincs ou Cro­co­dilles ter­restres.   Deux dents d’un grand Che­val marin grosses comme le bras et longues presque d’un pam.   Une bague de mesme matiere.   Divers Cancres grans et petits.   De grandes dents de pois­sons de riviere.   Deux trom­pettes ou aiguilles de mer dif­fe­rentes.   Du sperme de Balene.   Divers Hip­po­campes ou petits che­vaux marins entiers.   Des Cou­teaux de mer.   Une machoire de pois­son, à plu­sieurs rangs de dents mousses.   Un pois­son appel­lé une Damoi­selle de mer.   Petits pois­sons, dits, Croix de mer, qui semblent de pier­rettes rondes grises, ayans comme une estoile par-des­sus, et un per­tuis par-des­sous.

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Deux meres Perles, ou Nacres de la mer Medi­ter­ra­née, dont l’une contient plu­sieurs perles qu’on void en leur matrice.   La mere perles de la Mer Oceane.
Deux coquilles dites Conchæ cælatæ qui ont par tout l’esclat des perles Orien­tales.   Autres brutes, c'est à dire sans polir.   Un gros Lima­çon per­lé, et repre­sen­tant toutes cou­leurs.   Un gros lima­çon tache­té de noir comme jayet, et le reste estant de cou­leur de vraye perle.   Un autre assez gros tout tache­té de verd et de cou­leur de perle, et un autre de mesme gros­seur qui est de cou­leur de perle, et a deux rangs de taches vertes qui semblent des Esme­raudes, et un cercle de cou­leur de lait en ligne spi­rale.  Autre gros per­lé ayant une cein­ture noire aus­si en ligne spi­rale.   Deux autres petits, dont les taches noires sont si bien ran­gées qu’un Geo­metre n’y sçau­roit obser­ver de plus belles pro­por­tions.   Une belle coquille assez plate et lon­guette reti­rant au genre des cha­mas qui est encor plus escla­tante et rare que toutes les pre­ce­dentes, n’y ayant point de pierre pre­tieuse qui soit si belle, ny de cou­leur qu’elle ne repre­sente.   Concha umbi­li­ca­ta, grande coquille qui finit en forme de nom­bril.   Conchi­lium grande coquille rare.   Concha cylin­droides, coquille faite en forme de cylindre, et qui natu­rel­le­ment est tres bien tabi­sée.   Concha imbri­ca­ta, grosse coquille qui semble un toit, estant comme cou­verte de tuiles ren­gez l’un sur l’autre.   Divers buc­ci­nums grands et petits ou coquilles des Tri­tons de plu­sieurs especes.   Por­ce­laines ou Conchæ vene­reæ de diverses sortes grandes et

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petites mar­que­tées, et entr’autres une tache­tée comme de picote, une autre grise, et une finis­sant en lima­çon, autres fort agrea­ble­ment tache­tées, et autres de fort blanches, appro­chant cette coquille à l’oreille on entend le bruit de la mer.   Une fort grande et belle Por­ce­laine ser­vant de gon­dole, et une autre mediocre tres-rare, et cou­verte natu­rel­le­ment de Cha­rac­teres Hebrieux, Syriaques, Grecs, Latins, et de toutes autres langues.   Pin­na bis­si­fe­ra, grande coquille nacrée, et rouge dedans comme sang, longue de trois pams, et large d’un.   Un peu de la soye de mer, qu’elle porte.   Petits pin­nas de mesme forme.   Un gros Lima­çon long blanc ayant de lignes rouges et noires.   Deux oreilles de mer, coquilles qui ont la cou­leur des perles, et res­semblent aux oreilles humaines, et mesmes sont per­tui­sées natu­rel­le­ment.   Une coquille dite remore, ou vray nau­tile ayant la figure d’une Galere.   Une coquille petite blanche envi­ron­née de bos­setes.   Autres dites Tigres de mer, tache­tées de points noirs et roux bien ran­gez. Autres dites rats de mer.   Coquilles dites cou­teaux de mer.   Diverses coquilles rares sans nom.   Coquilles dites Enta­li et den­ta­li, qui sont la logete de cer­tains vers, les unes semblent de petites cornes, et les autres de trom­pettes.   Chamæ sorte de coquilles.   Pec­toncles grands et petits, et plu­sieurs autres petites coquilles tres-rares.   Autres petites de toutes cou­leurs et mar­breure, et mesmes de trans­pa­rentes.   Tur­bines ou sabots de mer divers.   Murex mar­mo­reus ou pourpre, c’est une grosse coquille pesant neuf livres qui res­semble dedans à du marbre blanc.   Deux Murices tri­an­gu­laires, ou autre espece de pourpre

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rou­geastre dedans, et cou­vert de grosses et longues pointes.   Plu­sieurs petits pourpres aus­si cou­verts de pointes tres aiguës.   Toutes coquilles com­munes de mer et de riviere, comme moules, huistres, etc.   Coquilles tres petites de plu­sieurs façons, dites à Agde du Babo­tum.   Coquilles dans les cavi­tez d’un roc qui n’en peuvent plus sor­tir, s’y estans aug­men­tées en gran­deur.   Autres enchas­sées dans la pierre.   Autres petri­fiées.   Coquilles, dites, pan­theres à cause de leurs taches rousses.   Lepades ou œils de bouc, qui sont des coquilles faites comme une ter­rine.   Deux coquilles ayans un bec cro­chu, et fort polies dedans.   Des coquilles armées d’espines ou def­fenses.   Lima­çons de mer de toutes sortes, et de blancs comme neige, de fort longs, et de tache­tez en tres bel ordre.   Cou­toyes de Bour­deaux.   Coquilles striées, rugosæ, et d’autres esla­bou­rées natu­rel­le­ment, et ouvra­gées de diverses sortes.   Rochers de coquilles natu­rels Lima­çons ayans un trou pro­fond en vis comme un nom­bril.   Lima­çon, dit Pen­te­dac­ti­los.   Tur­bines auri­ti.   Concha lon­ga.   Concha echi­na­ta.   Tel­lines ridées, une oublie de mer, une coquille dont les taches font la figure d’une fleur de Lys, et une boiste de petit coquillage ran­gé en forme de fleurs et autres figures.

    Autres choses marines.

Plu­sieurs sortes de fèves de mer, ce sont les portes de cer­tains lima­çons, et mesme j’en ay dans leur matrice.   Pila mari­na ou paume de mer.   Bourses ou matrices de mer, rousses et noires.   Rose ou œillet de mer.   Unguis odo­ra­tus, coquille de la mer rouge.   Coral­lines diverses.   Tous Coraux.   Soye

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de mer.   Ambres divers.   Bechuts.   Mousses marines.   Rai­sins de mer.   Osse­mens de Sepia.

    Insectes et ser­pens.

Un ser­pent des Indes marin.   Un Dra­gon ou ser­pent volant escailleux, long de quatre pieds.   Une piece de la peau d’un ser­pent qui estoit long de quatre canes et gros comme un homme.   Un Basi­lic.   Deux ongles et la dent d’un Dra­gon, du sang de Dra­gon.   Plu­sieurs rare­tez tou­chant les insectes, Papillons rares, lima­çons ter­restres, et autres choses.   Ster­cus lacer­ti qui sert de fard.   Deux Sale­mandres.   La des­poüille des ser­pens, et du cra­paut.   Plu­sieurs Cerf-volans, l’insecte licorne.

    Des plantes, et pre­mie­re­ment des bois et racines.

Une petite cane ou jonc d’Inde.   De la cane qui porte le Sucre.   Un Guy de chesne tout entier auquel on void le bois du chesne qui s’y tient.   Du Jou­ca racine dont les Indiens font le pain.   De l’ebene en tronc.   La rose de Hie­ri­co.   Le vray Cas­sia lignea ou cina­mome des anciens.  Le vray bois d’Aloës.   La ter­ra meri­ta.   Deux racines, se per­çans et tra­ver­sans natu­rel­le­ment.   De toutes sortes d’autres bois et racines qui sont au rang des drogues, comme guayac, sar­sa pareille, cos­tus, impe­ra­toire, ange­lique contraier­va, zedoa­ria, gin­gembre, etc.   Du bois de la Chine tout damas­qui­né natu­rel­le­ment.   Des san­daux.   Du bois Nephri­tique, qui mis dans l’eau, la rend de toutes cou­leurs.   Une racine marine noire sem­blant une grosse che­nille qui a plu­sieurs pieds.

    Des fueilles.

Trois mille plantes en her­bier sec, et ren­gées par ordre alpha­bé­tique, et en outre. Le Fun­gus stel-

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latus plan­ta­ni­mal, fait en forme d’estoile, et relui­sant la nuict, duquel j’en ay plu­sieurs.   Le mata­got herbe des sor­ciers.   Le cedre du liban.   Toutes les lunaires.   La fueille et fleur de cane d’Inde et pal­mier.   L’Herbe divine ou thea, qui infu­sée dans du vin, et don­née à boire, fait qu’on se passe long­temps de dor­mir sans incom­mo­di­té.

    Des fleurs.

La fleur de jacea pinea qui semble une pigne.   La fleur de la pas­sion.   La fleur de Mus­cade.   Les fleurs Eter­nelles, ou ste­chas citrin.

    Des gommes et liqueurs.

Toutes gommes des bou­tiques, et entr’autres celles de Gaiac, gomme laqueb­del­lium, mirrhe, sto­rax, ben­join, euphorbe, etc.   Le vray baume.

    Des semences ou graines.

Toutes semences des bou­tiques, et en outre. La graine de fou­gere.   Bamia mos­ca­ta, qui est faite comme la semence de man­dra­gore, et qui sent fort bien l’ambre si on la masche.   La graine de l’herbe porte soye.   Le vray per­sil de Mace­doine.   La graine qui déferre les che­vaux, qui luy passent des­sus.   La graine de sto­rax.   Le bled des Indes.   La graine de cane d’Inde.   Le grand Milium solis, nom­mé lachry­ma Jobi.   Les lupins en leurs gousses.   La graine de jacea pinea, aro­ma­ti­ca et autres rares.

    Des Fruits rares.

Un fruit des Indes tout noir, fort dur et espais ayant l’ouverture et la forme d’un sabot, de la gros­seur de la teste.   Un autre fruit des indes de mesme gros­seur mais moins espais, ayant une grande ouver­ture comme un bonet, et envi­ron­né de

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lignes, et lettres ou figures rous­sastres qui semblent des Cha­rac­teres Chi­nois.   Le Cabas­se­na ou Melon des Indes.   Une grande Fève des Indes avec la gousse et des grains sepa­rez d’icelle.   Les pois des Indes de mesme gros­seur, aus­si avec la gousse.   Trois nois des Indes ou cocos qui sert à tous usages : elles sont fort grosses, l’une comme la teste, et est avec son escorce : l’autre est tirée de l’escorce, et la troi­siesme est mise au tour et sert de bou­teille.   Des cha­tagnes de mer de diverses especes.   La cha­tagne de Cana­da.   Le fruit qui porte le coton.   Beau­coup de sali­gots ou tri­bules de mer, qui sont noirs et cou­verts de pointes.   Le fau­sel ou noi­settes des Indes.   Un fruit de Tur­quie appel­lé Caphet ou Faga­ra.   De pisum cor­da­tum ou pois des Indes tous noirs, ayans cha­cun sur soy un cœur blanc.   La noix mus­cate envi­ron­née de son macis.   Les noix mus­cates masles ou longues.   Autre fruict res­sem­blant fort à une noix mus­cate.   Le cocos de mal­dive.   Le Car­po­bal­sa­mum ou fruit du baume.   Plu­sieurs fruits inco­gnus de diverses especes.   Le fruit du Pal­ma pinus, ou pigne des Indes.   Deux aca­jous qui sont de fruits qui semblent de rognons.   Des pignons des Indes.   De fort gros gerofle.   De faseols des Indes.   De figues d’Inde.   La pomme de Man­dra­gore.   La semence de Gua­na­ba­nus.   Une grande quan­ti­té de petits fruits divers et estran­gers, enfi­lés ensemble.   Un fruit rare long de cou­leur de bois.   Autre fruit rare de cou­leur de chas­tagne, plat, lon­guet et ovale.   Autre qui retire aus­si à la chas­tagne.   Autre ayans des­sus comme un cachet en forme de crois­sant.   Autre en forme de figue, mais ayant une escorce fort fibreuse et

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espaisse, et dedans un noyeau comme un pignon d’Inde.   Autre fruit estran­ger ves­tu d’un heris­son tres-dur, et ayant un noyau dur comme un caillou, et blanc dedans comme neige.

    Autres fruits et semences.

Les pois de la chine de toute gros­seur.   Le poivre long, blanc, noir, et de gui­née en sa gousse.   Courge cou­verte de ver­rues.   Millets rares, blanc, noir et autres.   Uvæ amo­mi.   Jujubes.   Gousses de l’arbre de Judas.   Les car­rouges.   Les oranges des Indes.   Les pal­mites.   La colo­quinte.   Tous les car­da­momes.   Baccæ orien­tales.   La casse entiere.   Les pis­taches, noix vomiques, noix metelles, behen, sebestes, ana­cardes, cubebes, tama­rindes, etc.

    Des mine­raux et pre­mie­re­ment des pierres.

Un beau chan­de­lier de Cris­tal pesant six livres.   Deux chaines d’Agates, jaspes, et cas­si­doines.   Le rocher des vrais Dia­mants, où il y en a d’attachés.   Le rocher des dia­mans d’alançon, et autres faux.   De grosses Tur­quoises de vieille et nou­velle roche en forme de dents.   Divers cris­taux polis, sans polir, et autres atta­chez à leurs matrices, taillés à facetes natu­rel­le­ment.   Du Jaspe de toutes cou­leurs.   De Marbre de toutes cou­leurs en boules.   Marbre brut.   Du Por­phire.   Des Saphirs.   Des Esme­raudes.   Des Hia­cinthes.   Des Gre­nats.   Des Cas­si­doines.   Des Agates.   La pierre ser­pen­tine.   Des Oniches.   Des Sar­doines.   Une pierre où on void deux yeux sem­blables natu­rel­le­ment avec leurs pru­nelles.   Autre où on void un pai­sage rem­ply d’Arbres.   Autre où on void un beau rosier.   Autre où on void un cœur jaune.   Autre où on

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void comme un ser­pent entor­tillé.   Trois Cra­pau­dines, dont l’une est dans le roc qui est sa matrice, bien qu’on croye qu’elles vienent de la teste d’un cra­paut.   De Topasses.   Beau­coup de Lapis­la­zu­lis.   Beau­coup de Cor­na­lines.   Pierres de picote.   Pierres d’esponges.   Pierre de gra­veles.   Des aymans comuns.   L’aimant blanc, qui est fort rare.   Deux pierres à estoiles, où astroites, qui se remuent dans le vinaigre sans qu’on les touche.   Des pierres d’Arondelles.   De pierres judaiques en forme d’olives.   De pierres de linx en forme de cone.   Deux pierres d’Aigles diverses, et qui resonent quand on les secoüe.   Deux pierres de tonerre.   Cinq langues de Malte diverses, ou pierres res­sem­blans à des langues.   La pierre d’œil.   Les pierres d’Escrevices et cancres.   Deux pierres de saincte croix d’Espagne.   Pierre de loup de mer.   La pierre de Bala­gate, de sang et de lait, enchas­sée en argent.   De leme­ry.   L’amiantos ou lin incom­bus­tible.   Le coral blanc, rouge, noir, et bas­tard.   Trois arbres entiers de coral nais­sant.   De fort grandes conge­la­tions d’eau.   De petites de diverses sortes, de bran­chues et per­tui­sées.   Un pomeau d’espee antique de jaspe fort beau, tiré d’un sepulchre.   La pierre dite per­igueux.   La pierre de colique ou de maigre.   La pierre d’Armenie.   Des pierres de touche.   Un Camaieu gra­vé d’une Diane qui chasse un Cerf.   Du Jaiet brut.   La pierre hæma­tite.   La pierre san­guine.   La pierre Thra­ciene.   La pierre Sta­lac­tite.
La pierre plom­bine.    La pierre du Talc.   La pierre Ham­mo­nite.   La pierre Entro­chos.   Le Pria­po­li­thos.   L’histerapetra.   L’enosteos.   De belles

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pierres arti­fi­cielles, lui­santes et de diverses cou­leurs for­mées par la force du feu.

    Choses chan­gees en pierre.

Du pain petri­fié.   Des os et Dents humaines.   Une pierre où on void natu­rel­le­ment une femme debout en bosse.   Autre où on void des arbustes repre­sen­tés.   Des pignons petri­fiez avec coque et sans coque.   Des œufs d’oiseau, et olives.   Une amande petri­fiée avec coque et sans coque.   Du bois et branches petri­fiées.   Des fueilles chan­gees en pierre.   De la Vesse.   Des pois.   Des len­tilles.   Un œil de Ser­pent petri­fié.   Des langues de Ser­pent, ou becs de Cane apier­ris.   Des racines d’herbes petri­fiees.   Des Capil­laires et cipres petri­fié.   Une esponge petri­fiee.   Du crane humain petri­fié.   Une plante d’Hepatique apier­rie.
Diverses coquilles de mer, chan­gées en pierre, jointes et sepa­rées, des tel­lines et des moules.   Une figue petri­fiée.   De la mousse chan­gée en pierre.   Un poti­ron petri­fié.   Un mor­ceau de ser­pent petri­fié.   Des cloux cou­verts de pierre.   Diverses sortes de lima­çons, plats, ronds, longs, et marins noirs, et blancs petri­fiez, de diverses sortes.   Des escorces de melon chan­gées en pierre.   Des membres virils avec les tes­ti­cules, et des matrices de femmes chan­gées en pierre.   Une escorce de citron chan­gée en pierre. Un rognon petri­fié.    Une dent de Dra­gon de pierre.   Un rou­leau de pierre.   Des dra­gées petri­fiées.   Diverses conge­la­tions rares, et de la cave gou­tiere de Tours.   Autres choses apier­ries, comme un tes­ti­cule de che­val, du miel en rayon, du lard, où le maigre, le gras et le rance paroissent fort bien, et un fro­mage.

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Et autres choses.   Un gland chan­gé en Mar­cas­site.   Plu­sieurs lima­çons divers, chan­gez en mine de fer.

    Autres mine­raux.

De toutes sortes de mine­raux des bou­tiques, etc.
Du Sel de mon­tagne de Car­done, blanc et rouge.   De Sel gemme.   Sel armo­niac.   De la mine de l’or.   De l’argent.   Du cuivre.   De l’estain.   Du plomb.   Du fer, et acier y en ayant une pierre en forme de corne de licorne.   Des mar­cas­sites.   D’estain de glace. Mine­ral qui s’envole à escailles lui­santes fort aise­ment.   De l’ambre jaune rem­ply natu­rel­le­ment d’insectes.   De terre sigil­lée avec le cachet du grand Turc, et d’autre sans sceau.   Du savon natu­rel.   Toutes sortes de talcs et alums, comme alum de plume, etc.   Toutes cou­leurs et terres mine­rales.

    Des anti­qui­tez.

Une urne grande et une moyenne de terre, une petite de verre.   Des cou­vercles et autres pieces de petites urnes de terre sigil­lée avec des ins­crip­tions et des os qui estoient dans les urnes.   Un vase ancien des sacri­fices qui est de marbre gri­sastre fait en forme d’hydre.   Une lampe sepul­crale des anciens.   De la mesche inex­tin­guible, ou lin incom­bus­tible, avec lequel on sepa­roit les cendres des morts de celles du bois, et duquel on fai­soit du linge qui se lavoit dans le feu.   Deux lacry­moirs antiques dif­fe­rents.   Un dieu penates.   Un petit dieu des Egyp­tiens fort antique.   Une belle sta­tuë tres antique du dieu mer­cure, ayant des aisles au bonet, et tenant un bource ou teste de quel-

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que ani­mal.   Un vase ancien, ou urne de bronse, ou metal de Corinthe, (reson­nant comme une cloche si on le frape) avec des ins­crip­tions incon­nuës à l’entour incrus­tées d’argent.   Un excellent relief ancien de bronze repre­sen­tant la chasse du tau­reau.   Autre sur l’ivoire repre­sen­tant le siege d’une ville. Un caillou fort dur escrit en bosse, antique, et tiré d’un sepulchre.   Du pavé à la mosaique du temple de Diane.   Les pierres blanche et noire, dont on jet­toit le sort ancien­ne­ment.   Divers livres, manus­crits (du temps qu’on ne sça­voit impri­mer.) Et entre autres une bible en par­che­min.   Grande quan­ti­té de medaillons et medailles antiques, d’argent, de bronze et plomb, romaines, grecques, gotiques et hebraiques, toute dans leurs armoires et chasses.   De medailles ou figures sur l’esmail et la nacre.   Beau­coup de mon­noyes de diverses nations.   Beau­coup de gra­veures antiques, toutes dans leurs estuis.   450. rares tailles douces tant antiques que modernes des meilleurs aut­heurs, comme Miche­lange, Raphaël, Lucas, et albert, mises dans un fort grand livre.   Des fleches antiques.   Des cottes de maille.   Lances, bou­clier, Chau­se­trapes, flasques de corne de buffle, masses d’armes ayans de petits mou­lins dans le manche, et autres armes du temps pas­sé.

    Choses arti­fi­cielles.

Deux chefs d’œuvres de tour­ne­rie, l’un de douze gobe­lets, espais seule­ment comme du papier, l’autre est de tous les uten­siles d’une mai­son dans une boete.   Un panier tres-bien esla­bou­ré, fait avec un os de cerise.   Un cueiller de la chine et du papier, toile, et cartes le tout de soye du mesme

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pays.   Une coupe de bois de lierre qui separe le vin de l’eau.   Une riche et grande tasse de por­ce­laine tres-fine.   De beaux ouvrages de decou­pure sur du par­che­min et papier.   Un livre rare, qui fueille­té par six diverses fois se trouve tous­jours divers, fai­sant tan­tost tous ses fueillets blancs, tan­tost noirs, puis escripts, puis peints et en fin rem­plis de car­tables, et puis de musique.   La clef d’Archimede.   Un fort beau chas­teau de car­ton peint.   Une porte s’ouvrant de tous cos­tez, et une autre inven­tion depen­dant de celle-la.   Une pierre qui four­nit d’ancre pour un grand nombre d’annees.   Un papier sur lequel ayant escript, on le peut effa­cer et y res­crire toute sa vie avec de l’ancre, sans l’user.   Deux eaux tres-claires qui mes­lees pro­duisent de l’ancre en un clin d’œil.   Un rare et beau cof­fret d’Ivoire per­cé à jour, et cloué d’argent, et un autre fort-bien tra­vai­lé.   Un miroir concave d’acier, qui brusle le bois, fond le plomb au soleil, ren­verse les objets, porte fort loin la lumiere, et fait le visage tres gros.   Un miroir convexe, dans lequel on se void tout debout, et y voit tout ce qui est dans le cabi­net.   Un miroir tout rond comme une boule.   Un petit miroir ardent, et qui gros­sit les objets.   Un miroir cylin­drique d’acier alon­geant fort le visage, et plu­sieurs pers­pec­tives qui si raportent.
De lunettes à la puce, ou micro­scopes qui gros­sissent fort les objets.   De lunettes de mul­ti­pli­ca­tion, et pour apro­cher les objets.   Un tri­angle de verre pour voir l’Arc-enciel.
Deux sta­tues d’albastre et une de cire fort bien faite, qui crie et remue les yeux.   Une Bous­sole.   Du

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mer­cure fixe ou pierre qui englou­tit l’argent vif qu’on luy pre­sente.   Un arc des sau­vages, et la flesche.   Un plat d’escorce de cocos.   Un gobe­let de la chine de cer­tain jonc tres artis­te­ment agen­cé et ver­ni dedans de cou­leur d’or.   Deux choses liquides et froides, qui mes­lées excitent en un ins­tant une fort grande cha­leur.   De l’or potable.   De l’escriture et papier de la Chine et Arme­nie.   Des paniers de fruits, tres-bien imi­tez des natu­rels, tant en verre qu’autres matieres.   Un ther­mo­metre.   Plu­sieurs autres sortes d’instruments de musique, comme un lut d’ivoire, une harpe etc.   Diverse pote­rie d’Italie rare en forme de bas­sins, plats, pignes, coqs, dau­phins et vases.   Un tres-beau plat de fayence où est repre­sen­tée l’histoire d’Andromede.   Un vase de Cas­si­doine.   Une boule jas­pée fort grosse.   Deux figures en taille douce à trois faces où on void trois choses diverses en un mesme por­traict selon qu’on se situe.
Autre repre­sen­tant un archer qui vous vise droit de quel cos­té qu’on se mette.   Autre où on void quatre hommes bien qu’il n’y en aye que deux.   Deux globes, qui ont quatre pams ou envi­ron. de Dia­metre, et deux autres tres petits.   Deux grosses boules de verre jas­pé.   Un che­net [che­vet ?] qui s’ouvre par lettres, et autres telles inven­tions gen­tiles.  Un verre qui s’alonge.   Une pers­pec­tive dans un cof­fret.   Plu­sieurs rare­tez sur le verre et autres matieres.   La poudre de sim­pa­thie.   Un jeu de quilles qui avec la boule et la boite ne pese qu’un grain de bled, et un jeu d’echecs ne pesant que trois grains.   Quatre liqueurs en une fiole, repre­sen­tans les quatre ele­mens qui sont

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dis­tinc­te­ment sepa­rees. Cin­quante por­traits à l’huile, excel­lens, grands, ou petits, des­quels il y en a quatre de fort grands douze de Rome, et les autres de Flandres et Paris, et un excellent ori­gi­nal ancien sur le cuivre, à sca­voir un petit Ecce Homo.   Seize autres petits tableaux de minia­ture.   20. grands de des­trempe.   2. de marbre en bosse et deux sur le velin, cou­verts de talc et gar­nis d’ebene.   Il y en a sur la toile, cuivre, et bois et sont tous cor­ni­chez, leurs repre­sen­ta­tions sont des his­toires nudi­tés, hommes illustres, frui­tages, pai­sages etc.
Un fro­mage et un pain et trois plats de car­ton ver­ni qui sont tres bien tra­vaillez.   Un cabi­net d’essences et autres choses chi­miques.   Une poudre fai­sant chan­ger l’eau com­mune en ancre.   Une poudre qui change l’eau en vin.   Une saliere antique de esmaille de l’ouvrage des Peni­caux.   Les douze Cesars aus­si de cuivre esmaillé.   Toutes les choses sus­dites sont ren­gees en huict cein­tures envi­ro­nans la chambre, à sça­voir six aux parois qui sont toutes pleines de por­traits, une sur deux rangs de livres en nombre de cinq cens volumes, par­my les­quels il y en a de fort curieux, et une dans six cens armoires pleines de rare­tez.
Il y a en outre beau­coup de manus­crits en tous arts et sciences.   Des belles Cartes Geo­gra­phiques, et quan­ti­té de pieces de demy relief en plomb, estain, plastre, souffre, bronze, et cire.
On void aus­si une grotte arti­fi­cielle dans le sus­dit cabi­net rem­plie de conge­la­tions coquillages, etc. qui est gran­de­ment recrea­tive.

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PSEAUME. 92

Joye ô Dieu m’ont livrée
Tes ouvrages tres-saincts,
Dont és faits de tes mains
Il faut que me recrée.
O Dieu qu’elle hau­tesse
Des œuvres que tu fais,
Et qu’elle est en tes faits
Ta pro­fonde sagesse.
A cecy rien connoistre
Ne peut l’homme abru­ty,
Et le sot abes­ti
Ne sçait que ce peut estre.

FIN.

*

SOURCE : Les Anti­qui­tez, rare­tez, plantes, mine­raux, et autres choses consi­de­rables de la Ville, et Com­té de Castres d’Albigeois, et des lieux qui sont à ses envi­rons, avec l’Histoire de ses Comtes, Evesques, etc. Et du recueil des Ins­crip­tions Romaines, et autres anti­qui­tez du Lan­gue­doc, et Pro­vence. Avec le Roolle des prin­ci­paux Cabi­nets, et autres rare­tez de l’Europe. Comme aus­si le Cata­logue des choses rares de Maistre Pierre Borel, Doc­teur en Mede­cine Aut­heur de ce livre.  Castres, A. Colo­miez, 1649.

Loca­li­sa­tion:

- LA ROCHELLE, Média­thèque : Rés. 362C, Fonds ancien. [exem­plaire sai­si ci-des­sus]

- PARIS, BN (deux exem­plaires) : RES.8.LK7.1682 ; RES.LK7.1682.
PARIS, Arse­nal (deux exem­plaires) : 8.H.14017 ; 8.H.14018.
AIX, Biblio­thèque Méjanes : 8°7620 Impr. 1500–1987.
AUXERRE, Biblio­thèque muni­ci­pale : C2394-8°, His­toire.
AVIGNON, Biblio­thèque muni­ci­pale : 8°26142 Cat. ano­nymes 1950.
GRENOBLE, Biblio­thèque muni­ci­pale : E.15818.Rés., CGA.
MONTPELLIER, Média­thèque : 30504, Fonds ancien.
NANCY, Biblio­thèque muni­ci­pale : 300632, Fonds ancien.
TOULOUSE, Biblio­thèque d'Etude et du Patri­moine (trois exem­plaires) : Rés. D XVII 374 ; Rés. D XVII 375 ; Rés. D XVII 24.

Biblio­gra­phie com­plé­men­taire : voir A.  Schnap­per 1988, p. 231–233.

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