Résumé : parmi les cabinets de curiosités qui furent légués en 1773 au Cabinet d’histoire naturelle de Grenoble pour en constituer les premières collections, celui du négociant Raby l’Américain fut un de ceux dont l’influence se fit ressentir jusqu’à la création du Muséum d’histoire naturelle de Grenoble en 1851. Cette influence se mesure en termes d’orientation des collections. Les collections exotiques et ethnologiques de Raby, lesquelles voisinaient avec des collections minéralogiques alpines, préfigurèrent en effet la double vocation des collections du futur Muséum d’histoire naturelle de Grenoble : d’abord exotiques et ensuite alpines. A cette double vocation s’ajoute une réelle quête esthétique qui a été transmise par le cabinet de curiosités de Raby l’Américain à l’actuel Muséum d’histoire naturelle de Grenoble.

Joëlle ROCHAS1

Liste des abré­via­tions

  • ADI : Archives Dépar­te­men­tales de l’Isère, Gre­noble
  • AMG : Archives Muni­ci­pales de Gre­noble
  • BMG : Biblio­thèque Muni­ci­pale (d’études et d’information) de Gre­noble

Le Muséum d’histoire natu­relle de Gre­noble est l'héritier d'un cabi­net d'histoire natu­relle créé en 1773 par les admi­nis­tra­teurs de l'Académie del­phi­nale et de la Biblio­thèque publique de Gre­noble. D'abord pri­vée, cette ins­ti­tu­tion devint ensuite dépar­te­men­tale puis muni­ci­pale et c'est en 1851 que le cabi­net fut trans­for­mé en Muséum d'histoire natu­relle. La vie du Muséum d’histoire natu­relle de Gre­noble fut une suc­ces­sion d’adaptations aux évo­lu­tions de la vie des idées et des sciences au cours des XVIIIe et XIXe siècles. A sa nais­sance en 1773, le cabi­net d’histoire natu­relle reçut en héri­tage le legs des col­lec­tions scien­ti­fiques de plu­sieurs cabi­nets de curio­si­tés dau­phi­nois et gre­no­blois, par­mi les­quels celui de Raby l’Américain, un négo­ciant dau­phi­nois ayant fait for­tune aux Antilles. Evo­luant du cabi­net de curio­si­tés au cabi­net d’histoire natu­relle, le cabi­net de Gre­noble absor­ba par la suite plu­sieurs col­lec­tions miné­ra­lo­giques ain­si que les nom­breux dons des voya­geurs tout au long de la pre­mière moi­tié du XIXe siècle, jusqu’à se trans­for­mer vers 1850 en muséum d’histoire natu­relle.

Le cabi­net que légua Raby l’Américain au Cabi­net d’histoire natu­relle de Gre­noble à la fin du XVIIIe siècle don­na à celui-ci, à ses débuts, l’aspect des cabi­nets de curio­si­tés du début du XVIIIe siècle. Joseph-Claude Raby, dit Raby l’Américain ou Raby d’Amérique, était un négo­ciant né à Gre­noble en 1719. C’est dans cette ville qu’il mou­rut en 17792. Il avait fait des études vrai­sem­bla­ble­ment au Col­lège des Jésuites de Gre­noble, avant de par­tir aux Antilles vers 1740 pour rejoindre d’autres membres de sa famille. Il s’était enri­chi à Saint-Domingue dans l’exploitation des pro­prié­tés caféières et sucrières et dans la vente de biens fon­ciers. Reti­ré des affaires et ren­tré à Gre­noble en 1754, il jouis­sait en grand bour­geois de son immense for­tune et était deve­nu l’un des douze pre­miers membres fon­da­teurs de la Biblio­thèque publique de Gre­noble. Il en fut le pre­mier secré­taire. Il fit don de l’intégralité des col­lec­tions que conte­naient son cabi­net au Cabi­net d’histoire natu­relle de Gre­noble afin d’en consti­tuer les pre­mières col­lec­tions.

Por­trait de Raby

Les déli­bé­ra­tions de la Biblio­thèque publique révèlent, au décès de Raby l’Américain sur­ve­nu en 1779, le refus de sa veuve de céder dans son inté­gra­li­té en 1781 le cabi­net que son époux léguait à la Biblio­thèque publique. Ce refus nous donne l’occasion d’avoir la toute pre­mière des­crip­tion de ce qu’était à la fin du XVIIIe siècle le pêle-mêle du cabi­net de curio­si­tés d’un riche négo­ciant gre­no­blois. Ce cabi­net com­pre­nait des livres et des « effets d’histoire natu­relle », mais aus­si une col­lec­tion de mon­naies que la veuve refu­sa de remettre, pré­ten­dant qu’elle lui avait été offerte par son époux, ain­si qu’ « un modèle de fré­gate3 qui était sus­pen­du au plan­cher du cabi­net4, une lunette de longue vue […], des coquilles et une petite armoire sculp­tée sur les quatre faces ser­vant à ren­fer­mer les mon­naies […] ». Le refus de la veuve de Raby de lais­ser par­tir le coquillier, le moné­taire et son conte­nu5, cer­tains spé­ci­mens et ins­tru­ments du cabi­net, est révé­la­teur de la valeur mar­chande de ces col­lec­tions et du bon prix que la veuve avait espé­ré en reti­rer. Madame Raby contes­ta à la Biblio­thèque publique le droit de rece­voir un legs. Elle mani­fes­ta en revanche beau­coup d’impatience à être débar­ras­sée du bric-à-brac de son époux.

L’inventaire après décès de Raby l’Américain montre que son cabi­net de curio­si­tés se situait à son domi­cile, rue Neuve à Gre­noble, au deuxième étage de sa mai­son6. Depuis sa mai­son, Raby pou­vait voir l’ancien col­lège de Jésuites qui abri­tait le Cabi­net d’histoire natu­relle récem­ment créé par les Gre­no­blois. La mai­son était spa­cieuse et confor­table. Elle avait deux caves. Elle se com­po­sait de trois étages et d’une vaste sou­pente. Il y avait un jar­din atte­nant à la mai­son, une remise et une écu­rie. Les deux caves étaient bien pour­vues de son vin de pays, de ton­neaux et de bou­teilles de Côtes du Rhône, de vin de Bour­gogne et de Bor­deaux blanc, mais aus­si de vin d’Espagne et de Xérès. La mai­son se com­po­sait d’une cui­sine à l’entresol, d’une salle à man­ger, d’une grande salle meu­blée avec goût – meubles en noyer, cer­tains recou­verts de marbre de la Porte de France, tables en bois dorés et en mar­que­te­rie, un tru­meau au-des­sus de la che­mi­née et deux grandes glaces ornant les murs, fau­teuils recou­verts de tapis­se­rie, des lampes, un lustre, une pen­dule, des tableaux – don­nant sur le jar­din, et d’une anti­chambre où l’on ran­geait le linge de mai­son « à la Venise ». La quan­ti­té de linge de mai­son – 70 paires de draps, 85 dou­zaines de ser­viettes, 107 nappes de Venise –, les quan­ti­tés impres­sion­nantes de vais­selles conte­nues dans les pla­cards – seize dou­zaines d’assiettes de faïence de Stras­bourg et de por­ce­laine –, la somp­tuo­si­té de l’argenterie, les écuelles en or et en argent, les nom­breuses cafe­tières, les ser­vices de verres et carafes sont autant de marques de la richesse du maître de mai­son et du train de vie mené par celui-ci.

Le jar­din était culti­vé en « parc », indice révé­la­teur de la pré­sence à Gre­noble de jar­dins dans les­quels on culti­vait les plantes exo­tiques. Les Dolle, parents de Raby, étaient connus à Gre­noble pour la magni­fi­cence de leurs jar­dins dans les­quels ils culti­vaient les plantes et les arbres antillais envoyés pour eux de Saint-Domingue. Raby dis­po­sait en ville d’un jar­din pri­vé, vrai­sem­bla­ble­ment car­ré et divi­sé en quatre par­ties, culti­vé comme savaient le faire les jar­di­niers gre­no­blois, c’est-à-dire comme les jar­dins bota­niques du XVIIe siècle7. Il y avait un pigeon­nier dans le jar­din et c’est là que Raby sto­ckait ses liqueurs de pays et son « caf­fé des Isles ». Le pre­mier étage était occu­pé par la chambre de Mme Raby et son cabi­net de toi­lette. Au second étage se tenait la chambre de Raby don­nant sur la rue, son cabi­net de toi­lette sur l’arrière, la biblio­thèque et le cabi­net de curio­si­tés.

La chambre de Raby était meu­blée à la spar­tiate – un simple lit en noyer à rou­lettes, un bureau en noyer, une petite table, un bureau à cylindre – mais c’est là qu’il tra­vaillait à ses manus­crits et pré­pa­rait ses voyages d’affaires. Dans son bureau à cylindre « en mar­quet­te­rie avec secret et tiroir », on retrou­va le plan de Paris, celui de Londres, le conte­nu de son moné­taire – des pièces en or, argent et cuivre venant de Naples, des pièces d’argent de Constan­ti­nople, des louis de France, des vieilles mon­naies et des mon­naies en cours rap­por­tées de ses voyages en Espagne – et les bijoux dont cer­tains avaient été ache­tés lors de son voyage en Hol­lande. Dans sa com­mode se trou­vaient ses bas de soie, les cols en mous­se­line et les bou­tons de man­chette en or mas­sif, presque tous rap­por­tés de ses voyages. Sa chambre était conçue pour rece­voir les visi­teurs de la biblio­thèque et du cabi­net – des fau­teuils, des chaises.

La biblio­thèque atte­nante occu­pait une chambre et les col­lec­tions d’histoire natu­relle une gale­rie vitrée « don­nant sur le levant », condui­sant à la biblio­thèque. L’intégralité de ses col­lec­tions se com­po­sait de livres et de manus­crits, d’un médaillier, d’un coquillier que l’inventaire décri­vit tour à tour, et divers autres col­lec­tions d’histoire natu­relle ne figu­rant pas à l’inventaire mais que nous avons pu recons­ti­tuer. L’inventaire de la mai­son se fit en pré­sence des direc­teurs de la Biblio­thèque publique de Gre­noble – Ducros et Gagnon8 – héri­tiers pour la Biblio­thèque d’une par­tie des biens de Raby, de sa veuve, de son neveu Dolle et de Bovier, fils de l’avocat gre­no­blois Gas­pard Bovier, l’ami et exé­cu­teur tes­ta­men­taire du défunt. Le legs fait à la Biblio­thèque publique ne concer­nait qu’une par­tie de la biblio­thèque, le médaillier et le coquillier dans leur inté­gra­li­té, un de ses por­traits9. Les direc­teurs connais­saient déjà cer­tai­ne­ment très bien le conte­nu des col­lec­tions de Raby et avaient rete­nu les livres et le médaillier pour la biblio­thèque de Gre­noble et le coquillier pour le cabi­net d’histoire natu­relle. Mais d’autres col­lec­tions appar­te­nant à ce cabi­net de curio­si­tés avaient déjà dû rejoindre le cabi­net d’histoire natu­relle de Gre­noble du vivant de Raby et y être sto­ckées. Durant les trois jours que dura l’inventaire et devant l’obstination de la veuve à conser­ver cer­taines col­lec­tions de valeur de son époux, Ducros et Gagnon res­tèrent muets, et l’inventaire n’en fit donc pas état. Il nous a fal­lu en trou­ver la trace ailleurs.

La biblio­thèque de Raby occu­pait une chambre. Elle était équi­pée de « trois corps de tablettes en noyer gar­nies en grand car­reaux de verre » au-des­sus des­quelles se trou­vaient vingt-deux sta­tues en plâtre. Il y avait éga­le­ment dans la salle de cette biblio­thèque deux tables, un buf­fet, un petit bureau ren­fer­mant un buste de Mon­tes­quieu et un autre bureau en noyer. A côté de la biblio­thèque, se trou­vait un pla­card avec les effets de chasse de Raby, ses car­nas­sières, ses gibe­cières et ses fusils. Concer­nant le conte­nu de la biblio­thèque, nous avons éva­lué à 233 titres, soit 742 volumes le nombre de livres qui furent légués à la Biblio­thèque de Gre­noble. Edmond Mai­gnien, biblio­thé­caire à la Biblio­thèque de Gre­noble au début du XXe siècle, rajoute à ce décompte les 406 volumes qui furent ven­dus au titre de doubles par Ducros, ce qui por­te­rait à plus de 1.148 le nombre total de volumes conte­nus dans la biblio­thèque de Raby (il ne légua pas les 29 volumes de son Ency­clo­pé­die à la Biblio­thèque de Gre­noble mais à un de ses parents). Les titres que nous connais­sons sont donc les seuls titres conser­vés par le biblio­thé­caire Ducros, rete­nus prio­ri­tai­re­ment quand il s’agissait d’ouvrages scien­ti­fiques.

A la lec­ture du cata­logue dres­sé lors de l’inventaire, quelques ten­dances se des­sinent néan­moins. Il s’agissait bien là de la biblio­thèque d’un négo­ciant, inté­res­sé essen­tiel­le­ment par la vie éco­no­mique et ses affaires, d’un ancien plan­teur ver­sé en agro­no­mie. S’il pos­sé­dait les œuvres de Vol­taire, la Jéru­sa­lem déli­vrée du Tasse, les Lettres per­sanes de Mon­tes­quieu, l’œuvre de Cor­neille et celle de Rous­seau, les besoins de son négoce le pous­sèrent plu­tôt vers les dic­tion­naires de langue (l’anglais, l’italien) et les ouvrages de géo­gra­phie (l’Angleterre, Londres, la Suisse, Lyon, l’Italie, l’Amérique). Ce n’est qu’après en avoir appris la langue et étu­dié les cartes géo­gra­phiques que Raby s’intéressait à l’histoire des pays où l’avaient conduit ses voyages : his­toire de l’Angleterre, de Genève, de l’Amérique et de Saint-Domingue, des Indes occi­den­tales. En ce qui concerne la France, il eut une cer­taine affec­tion pour l’histoire du Dau­phi­né (il pos­sé­dait entre autres la Petite his­toire de Dau­phi­né par Cho­rier) et celle de Lyon. La biblio­thèque de Raby n’était pas luxueuse. Elle était pra­tique. On y trou­vait le Conseil pour for­mer une biblio­thèque, un des grands des­seins de l’élite gre­no­bloise de ce der­nier quart de siècle. C’était la biblio­thèque d’un ama­teur de voyages, comme le montrent les titres Voyage de Bou­gain­ville et son sup­plé­ment, Voyage au Cap de Bonne Espé­rance, Voyage autour du monde, Second voyage de Cook, aux­quels s’ajoutaient « huit rou­leaux de quartes géo­gra­phiques ».

C’était aus­si la biblio­thèque d’un natu­ra­liste et d’un ama­teur de phy­sique : il pos­sé­dait les 31 volumes de l’Histoire natu­relle de Buf­fon ain­si que d’autres titres en his­toire natu­relle, l’œuvre du miné­ra­lo­giste Romé de l’Isle, auteur de la loi de la « constance des angles » des cris­taux, en deux édi­tions dif­fé­rentes, des ouvrages de méde­cine, des livres sur les ani­maux, mais aus­si des ouvrages de mathé­ma­tiques et d’autres sur l’utilisation des ins­tru­ments des cabi­nets de phy­sique. A côté du voya­geur négo­ciant, on découvre le voya­geur rêveur – les Contes des mille et une nuits, Robin­son Cru­soe — ain­si qu’un Raby ama­teur de musique et de théâtre (il avait sus­pen­du des lunettes d’opéra dans ses col­lec­tions miné­ra­lo­giques) et qui, si l’on en juge par ce cata­logue, aurait aimé vivre la vie aven­tu­reuse d’un comé­dien. Par­mi les ouvrages de reli­gion figu­raient deux bibles pro­tes­tantes qui l’accompagnèrent pro­ba­ble­ment dans son voyage à Londres et en Hol­lande au cours duquel il visi­ta des temples et assis­ta à des offices reli­gieux. D’autres ouvrages, fort nom­breux, de théo­lo­gie et de phi­lo­so­phie sont en rap­port direct avec les manus­crits dont il fut l’auteur, ceux qu’il a copiés ou ras­sem­blés pour les faire cir­cu­ler.

En plus des impri­més, la biblio­thèque de Raby com­pre­nait éga­le­ment 4 manus­crits ain­si que 181 cahiers divers et petites bro­chures10. Tra­vaux maçon­niques, écrits d’économie poli­tique ou scien­ti­fiques, ces manus­crits étaient le reflet de l’athéisme mili­tant et de l’intérêt que por­tait aux voyages cet ami des ency­clo­pé­distes. Nous don­nons la liste des prin­ci­paux titres de ces manus­crits, telle que nous avons pu la recons­ti­tuer : Jour­nal pour mon voyage de Pro­vence et d’Italie (1764) ; Essai his­to­rique et cri­tique sur les trois plus fameux impos­teurs : Moyse, Jésus, Maho­met (1768) ; Lettres poli­tiques et cri­tiques sur des prin­cipes éco­no­mique pour la France d’un voïa­geur à un de ses amis à Bor­deaux (1770) ; Recherches sur l’origine et sur la nature de l’âme et sur l’existence de Dieu (1770) ; Jour­nal de mon voyage en Oisans (1774) ; Jour­nal d’un voïage à Bor­deaux, à Londres, en Hol­lande (1775) ; Lettres cri­tiques et phi­lo­so­phique d’un bonze chi­nois à un Doc­teur en Sor­bonne (1776–1777)11. Un médaillier était joint à la biblio­thèque. Les goûts de numis­mate de Raby se retrouvent dans le conte­nu de son cata­logue – Trai­té des mon­naies ou encore Numis­ma­ta impe­ra­to­rum – comme d’ailleurs tous les thèmes déve­lop­pés dans son cabi­net de curio­si­tés : médailles, voyages et décou­vertes, coquilles et miné­ra­lo­gie, règne ani­mal, ins­tru­ments d’optique. Le cata­logue de la biblio­thèque de Raby résu­mait à lui seul le conte­nu de ses col­lec­tions. Les ouvrages sur l’Amérique étaient en rela­tion avec la col­lec­tion de coquilles qu’il avait ras­sem­blée lors de ses tran­sac­tions aux Antilles ; les ouvrages sur la Suisse et l’Italie étaient liés direc­te­ment aux col­lec­tions de fos­siles de Suisse, du Pié­mont et d’Italie ; ceux sur l’utilisation du micro­scope et ses trai­tés de mathé­ma­tiques avec ses ins­tru­ments de phy­sique. La double orien­ta­tion de ses col­lec­tions, essen­tiel­le­ment exo­tiques mais aus­si alpines, est confir­mée par la lec­ture de ses manus­crits dans les­quels il a dépeint tout à la fois l’Amérique du Nord, les Antilles, l’Afrique du Nord mais aus­si les Alpes, avec le Dau­phi­né, la Savoie et Genève12. Dans la biblio­thèque de Raby l’Américain étaient éga­le­ment expo­sés des ins­tru­ments de phy­sique ajou­tés aux ins­tru­ments de navi­ga­tion de ce curieux : « un micro­scope solaire, un étui de mathé­ma­tique gar­ni d’une bous­sole, un pié­des­tal, un globe céleste aux pieds posés sur quatre colonnes dorées et noires en bois, une sphère, un miroir optique ». Le micro­scope devait faire par­tie des ins­tru­ments d’optique com­po­sés d’ « un sex­tan, un octan et trois micro­scopes solaires » – que le voya­geur avait repé­rés à Londres chez l’opticien « George Adam, à l’enseigne de Tycho Bra­hé13 », et qu’il s’était pro­mis de com­man­der dès son retour à Gre­noble. La fré­gate et le tour qui avait ser­vi à sculp­ter les socles sur les­quels repo­saient les oiseaux natu­ra­li­sés ornaient sa biblio­thèque, dans la plus pure tra­di­tion des cabi­nets de curio­si­tés héri­tée de la Renais­sance.

Si la des­crip­tion de la biblio­thèque ne sem­bla pas poser de pro­blème aux clercs de notaire char­gés de l’inventaire, on peut s’amuser au pas­sage en la lisant, de l’effroi qui sem­bla les sai­sir à la décou­verte du cabi­net qu’ils com­men­cèrent à appe­ler « coquillier », puis qu’ils dési­gnèrent d’un terme plus vague et englo­bant de « Cabi­net Gale­rie », pré­fé­rant ain­si le loca­li­ser plu­tôt que le défi­nir. La gale­rie vitrée du second étage était équi­pée de quatre corps de rayon­nages, le der­nier avec tiroirs, aux­quels s’ajoutaient deux autres corps faits uni­que­ment de tiroirs. Les trois pre­miers corps étaient entiè­re­ment recou­verts de coquilles et de coraux blancs et rouges consti­tuant ain­si le « coquillier14 », auquel Raby n’avait pas hési­té à joindre un per­ro­quet de Java et deux pas­se­reaux d’Afrique au plu­mage noir et blanc. Le qua­trième corps conte­nait une par­tie de la col­lec­tion miné­ra­lo­gique, des bou­teilles ren­fer­mant des pois­sons, une queue de raie, des oiseaux mouches et une tête de méduse, des bocaux avec des fruits d’Amérique, mais aus­si des noix de coco, « un fla­con à poudre des Nègres15 », une lunette de longue vue gar­nie d’ivoire et une lunette d’opéra. Les cris­taux de dif­fé­rentes cou­leurs – noirs, verts – com­po­saient le qua­trième corps de rayon­nages avec des­sous, ran­gés dans des tiroirs, les fos­siles marins, les bois pétri­fiés, dif­fé­rents bois et fruits d’Amérique, des mor­ceaux de canne à sucre, ses pin­ceaux et ses cou­leurs pour tra­vailler sur ses col­lec­tions. Les deux der­niers corps entiè­re­ment faits de tiroirs ter­mi­naient sa col­lec­tion miné­ra­lo­gique. La pre­mière par­tie était réser­vée aux pierres fines – 20 camées16 –, aux coquillages – 24 buc­cins17, 11 por­ce­laines18, 20 « tur­bins19 » – et aux fos­siles marins ran­gés dans une petite boîte. La der­nière par­tie était consa­crée aux miné­raux du Dau­phi­né – char­bon de La Motte d’Aveillans, miné­raux d’argent des mines d’Allemont et géodes20 de Mey­lan, près de Gre­noble. Une esquisse de sys­té­ma­tique semble avoir vague­ment pré­si­dé à l’organisation de ces col­lec­tions – d’abord les coquilles, ensuite les miné­raux – mais ce sont sur­tout les cou­leurs, la recherche d’esthétique et la théâ­tra­li­sa­tion des objets qui ont gui­dé le « clas­se­ment » de Raby : contre toute attente, dans le der­nier tiroir affec­té à la miné­ra­lo­gie du Dau­phi­né se cachait un cro­co­dile natu­ra­li­sé.

Il est très dif­fi­cile aujourd’hui de trou­ver la syno­ny­mie des spé­ci­mens décrits dans l’inventaire après décès de Raby21. L’orthographe des employés, qui écri­vaient vrai­sem­bla­ble­ment sous la dic­tée du père Ducros pré­sent à l’inventaire, est par­fois hési­tante et les noms des spé­ci­mens décrits se sont per­dus : « arches de Noé, huîtres hiron­delles, cœurs de bœuf, jam­bon­neaux, gâteaux feuille­tés, parures de Nep­tune, cer­veaux de Nep­tune, man­chettes de Nep­tune » ou « conques de Vénus ». Tou­te­fois, les manus­crits des voyages de Raby étant liés au conte­nu de ses col­lec­tions miné­ra­lo­giques, ils peuvent appor­ter, aujourd’hui encore, une aide pré­cieuse à la déter­mi­na­tion des col­lec­tions miné­ra­lo­giques de Raby. On retrouve par exemple dans ses col­lec­tions les miné­raux – des cris­taux, des mines d’argent – qu’il fit trans­por­ter à Gre­noble au retour de son Voïage en Oisans aux mines d’Allemont. On retrouve éga­le­ment les coquillages rap­por­tés de ses voyages à l’étranger : ain­si, « un petit cadre de fleurs faites avec des coquilles » révèle la pré­sence dans son cabi­net de curio­si­tés des fos­siles d’Afrique qu’il ache­ta à Amster­dam, lors de son Voyage à Londres et en Hol­lande dans les bou­tiques d’histoire natu­relle :

J’ai ache­té deux fleurs de 7 ans d’Affrique pour un flo­rin, un scor­pion pour un flo­rin, et un canot coquille pour un flo­rin22.

L’inventaire montre la part impor­tante de coquilles d’huîtres conte­nues dans ses col­lec­tions, ce que confirme le manus­crit de son jour­nal de voyage à Londres en 1775. Ces col­lec­tions étaient si impor­tantes que Raby en offrit au Bri­tish Museum, espé­rant quelque spé­ci­men en échange :

Ils sont mal en huitres. J’y ai dépo­sé deux petites huitres epi­neuses, trois gateaux feuille­tés, deux concas mediocres, une geode jolie, et on ne m’a rien don­né ni offert23.

Depuis la « Gale­rie » de Raby, on pou­vait éga­le­ment accé­der par une trappe à un gre­nier dans lequel il remi­sait des barils rem­plis de café, toutes sortes de den­rées rap­por­tées « des Isles » ain­si que le blé et les pro­duc­tions de sa ferme24.

A ces col­lec­tions décrites par l’inventaire, il faut ajou­ter celles don­nées par Raby de son vivant pour le cabi­net d’histoire natu­relle, vrai­sem­bla­ble­ment pour débar­ras­ser son épouse d’une par­tie de son bric-à-brac : des vête­ments et armes d’Indiens. Les vête­ments d’Indiens ne furent réper­to­riés qu’à l’avènement du Muséum en 1841. S’ils sont dif­fi­ci­le­ment repé­rables aujourd’hui dans les réserves du Muséum d’histoire natu­relle de Gre­noble, ils font intel­lec­tuel­le­ment par­tie de la Col­lec­tion eth­no­lo­gique Raby. Le cabi­net de curio­si­tés de Raby com­pre­nait donc éga­le­ment des col­lec­tions péru­viennes et mexi­caines : du Pérou, Raby avait rap­por­té un arc, un car­quois et des flèches empoi­son­nées au curare – « car­quois ren­fer­mant des flèches trem­pées dans le suc du man­ce­nillier, arbre très véné­neux »25 ; du Mexique, il avait rap­por­té « un orne­ment en plumes d’oiseaux, deux tabliers de fila­ment d’écorce d’arbre, un panier en paille, ouvrage des sau­vages de l’Amérique26 ». Encore accro­chés aux murs du cabi­net avant la mala­die de Raby, l’arc, le car­quois, les flèches et l’ornement en plumes d’oiseaux devaient en par­faire le décor. On peut pen­ser à ces gra­vures du XVIIIe siècle qui montrent les pro­prié­taires de musées pri­vés, revê­tus d’un cos­tume exo­tique de leurs col­lec­tions, fai­sant les hon­neurs de leur cabi­net de curio­si­tés à leurs visi­teurs27. La mai­son et l’organisation du cabi­net de Raby se prê­taient à ce type de visite et il n’est pas impos­sible d’imaginer Raby, revê­tu de ses plumes d’Indien, mon­trant ses col­lec­tions à ses amis Ducros et Gagnon.

Enfin, le nombre d’animaux natu­ra­li­sés conte­nus dans le cabi­net devait être consi­dé­rable, en rai­son des efforts, de la durée et de la fatigue occa­sion­nés par leur trans­port : nous avons pu lire dans la comp­ta­bi­li­té du père Ducros, au titre des dépenses pour le Cabi­net d’histoire natu­relle de Gre­noble en 1781, qu’il avait fal­lu enga­ger deux per­sonnes une jour­née entière pour vider le cabi­net de Raby de ses ani­maux natu­ra­li­sés et les trans­por­ter. L’inventaire confirme la pré­sence de l’animal emblé­ma­tique des cabi­nets de curio­si­tés : le cro­co­dile.

La double orien­ta­tion des inté­rêts de Raby, d’abord exo­tique puis dau­phi­noise, ne se trouve pas seule­ment repré­sen­tée par les col­lec­tions conte­nues dans son cabi­net de curio­si­tés. C’est toute la mai­son de Raby qui parle de son amour des voyages et du regard qu’il porte, en retour, sur les richesses de sa pro­vince natale : il a marié dans ses caves les meilleurs crus à son petit vin de pays, les den­rées exo­tiques à ses récoltes de blé, les tis­sus d’Italie ou d’Angleterre à ses meubles en noyer et jusque dans son pigeon­nier, il a caché le meilleur « caf­fé des Isles » à côté de ses liqueurs des Alpes.

En natu­ra­liste connais­seur, Raby appré­ciait les col­lec­tions com­plètes des cabi­nets bien orga­ni­sés, mais pré­fé­rait par-des­sus toutes celles qui offraient un « fort joli coup d’œil ». Pour l’arrangement d’un cabi­net, sa démarche de natu­ra­liste se dou­blait d’une cer­taine recherche esthé­tique. Lors de ses visites aux cabi­nets étran­gers, Raby affec­tion­nait par­ti­cu­liè­re­ment ceux qui étaient encore orga­ni­sés comme les anciens cabi­nets de curio­si­tés : il appré­ciait notam­ment les spé­ci­mens sus­pen­dus au pla­fond. Il for­mu­la par exemple des regrets quant à la nudi­té des pla­fonds du cabi­net d’histoire natu­relle du Bri­tish Museum :

Les pla­fonds sont nuds, on se contente de mettre sur les cor­niches les grosses pieces : encor sont-elles assé éloi­gnées du pla­fond28.

Il appré­cia en revanche l’escalier « g arni d’un très gros caï­man qui, sus­pen­du dans le milieu, en occup[ait] dia­go­na­le­ment toute la lon­gueur ». Nous avons pu déduire de ses com­men­taires que le pla­fond de son cabi­net de Gre­noble devait être entiè­re­ment gar­ni de spé­ci­mens, ce qui nous est confir­mé par les déli­bé­ra­tions de la Biblio­thèque de Gre­noble.

Il faut alors ima­gi­ner le cabi­net de curio­si­tés de Raby l’Américain dis­po­sé de la façon sui­vante avec, au deuxième étage de sa mai­son, dans la gale­rie condui­sant à la biblio­thèque, la col­lec­tion de coquilles dans son coquillier, les fos­siles, le per­ro­quet et les ani­maux natu­ra­li­sés sur les rayon­nages, posés sur leurs socles sculp­tés ; les fruits dans des bocaux, les pois­sons et les oiseaux-mouches dans des bou­teilles, les miné­raux ran­gés dans des boîtes au fond des tiroirs,le modèle de fré­gate et la lunette de longue vue sus­pen­dus au pla­fond, le pla­fond cou­vert de spé­ci­mens, les parures et les armes d’Indiens accro­chés aux murs, les objets eth­niques sur des éta­gères et les ins­tru­ments d’optique sur les tables. Au bout de cette gale­rie se trou­vait une salle aux murs recou­verts par des cen­taines d’ouvrages dis­po­sés dans les rayon­nages en noyer for­mant sa biblio­thèque ; au-des­sus de la biblio­thèque, vingt-deux sta­tues en plâtre ; dans la salle trô­nait le beau médaillier sculp­té ren­fer­mant, avant la mala­die de Raby, sa col­lec­tion de mon­naies. Tous ces objets étaient expo­sés avant 1779 dans la mai­son de la rue Neuve (actuelle rue Vol­taire) à Gre­noble, dans le cabi­net de curio­si­tés de Raby d’Amérique. Ils étaient le fruit des voyages du négo­ciant et prou­vaient la fas­ci­na­tion qu’avait exer­cée sur ce Dau­phi­nois la mer.

Carte n° 2 : Les voyages de Raby de 1760 à 177929

Notes de bas de page numériques

1 Cet article s’inspire de ma thèse inti­tu­lée « Des cabi­nets de curio­si­tés au muséum : les ori­gines scien­ti­fiques du Muséum d’histoire natu­relle de Gre­noble (1773–1855) », pre­mière mono­gra­phie en France sur un muséum de pro­vince.
2 P. LEON, Les Dolle et les Raby : mar­chands et spé­cu­la­teurs dau­phi­nois dans le monde antillais du XVIIIe siècle, Paris, les Belles Lettres, 1963.
3 Il s’agit de la sculp­ture d’une Petite Fré­gate (Fre­ga­ta minor), oiseau marin de la famille des fré­ga­ti­dés vivant à Hawaï et dans les mers tro­pi­cales, au plu­mage sombre, aux longues ailes, à la queue four­chue, au bec long et cro­chu.
4 Nous pré­ci­sons que le plan­cher dési­gnait au XVIIIe siècle aus­si bien la par­tie basse que la par­tie haute d’une salle : ici, le pla­fond du cabi­net de curio­si­tés de Raby.
5 Moné­taire : armoire ren­fer­mant des mon­naies dans les cabi­nets de curio­si­tés.
6 Copie de l’inventaire de la suc­ces­sion de Raby l’aîné à ses neveux, n° 12, pages inti­tu­lées « le Cabi­net et la Biblio­thèque », Gre­noble, mars 1781 (ADI, 2E 704).
7 Au XVIIe siècle, appli­quant aux plantes l’esprit ency­clo­pé­dique qui orga­ni­saient les col­lec­tions d’histoire natu­relle, les jar­di­niers avaient cou­tume de divi­ser les jar­dins en quatre par­ties, cha­cune d’entre elles cor­res­pon­dant aux quatre points car­di­naux. Les plantes d’Orient étaient alors plan­tées dans la par­tie est du jar­din. Les jar­di­niers ne savaient pas plan­ter les fleurs par famille puisque la sys­té­ma­tique n’en était qu’à ses bal­bu­tie­ments : ils orga­ni­saient les parts de jar­din par groupes d’espèces iden­ti­fiées.
8 DUCROS (le père Etienne, 1735–1814) : fran­cis­cain, orni­tho­logue et pre­mier garde du Cabi­net d’histoire natu­relle de Gre­noble de 1775 à 1807 ; GAGNON (Hen­ri, 1728–1813) : méde­cin, notable gre­no­blois, grand-père de Sten­dhal, secré­taire per­pé­tuel de l’Académie del­phi­nale.
9 « Je donne et lègue à la Biblio­thèque de cette ville, quand elle sera consti­tuée léga­le­ment par lettres patentes et bien assu­rée au public, tous mes livres, manus­crits lit­té­raires, cartes géo­gra­phiques, ins­tru­ments de science, effets d’histoire natu­relle, mon moné­taire et un de mes por­traits si Mes­sieurs les Direc­teurs paraissent le dési­rer. », in Tes­ta­ment de Claude Joseph Raby d’Amérique, Gre­noble, 7 avril 1779, p. 3–4 (ADI, 3 E 1432/37).
10 Cer­tains textes de Raby ont été publiés et pré­sen­tés par Fran­çoise Weil, doc­teur ès lettres et conser­va­teur hono­raire des biblio­thèques : J. RABY, Bré­viaire phi­lo­so­phique (1760–1770) ; Jour­nal pour son voyage de Pro­vence et d’Italie (1764) ; Jour­nal d’un voyage à Bor­deaux, à Londres et en Hol­lande (1775), textes édi­tés et pré­sen­tés par Fran­çoise Weil, Paris, Cham­pion, 2004, 464 p.
11 Les manus­crits de Raby, dépo­sés à la Biblio­thèque de Gre­noble, se trouvent sous les cotes sui­vantes : BMG, R 5600 ; BMG, U 929 ; BMG, MS 448 ; BMG, MS 540 ; BMG, MS R 6975 ; BMG, R 5761 et BMG, U.891–892.
12 J.-C. RABY, « Sur le Cana­da, lettre 6 » ; « Sur la Nou­velle Angle­terre et le Mis­sis­si­pi, lettre 7 » ; « Sur l’île de Saint Domingue, lettre 8 » ; « Sur la Mar­ti­nique, la Gua­de­loupe, la Guiane Cayenne, lettre 9 » ; « Sur les Iles de France, de Bour­bon et sur l’Inde, lettre 10 » ; « Sur le Maroc, Alger, lettre 11 » ; « Sur Mar­seille, lettre 12 » ; « Sur le Can­tal, le Dau­phi­né, Savoie, Genève, lettre 13 », in Lettres et cri­tiques sur des prin­cipes éco­no­miques pour la France, 1770, extrait de la table des matières d’après l’original (BMG, MS 448).
13 TYCHO BRAHE (1546–1601) : astro­nome danois.
14 Coquillier : armoire ren­fer­mant des coquilles dans les cabi­nets de curio­si­tés puis les cabi­nets d’histoire natu­relle du XVIIIe siècle.
15 Nous igno­rons de quoi il s’agit : sans doute une poudre médi­ci­nale ou un aphro­di­siaque. La biblio­thèque de Raby conte­nait de nom­breux ouvrages de méde­cine et notam­ment un des­ti­né à gué­rir les mala­dies des « Blancs ».
16 Camée : pierre fine que l’on sculpte en relief pour mettre en valeur ses couches diver­se­ment colo­rées.
17 Buc­cin (que le clerc de notaire a ortho­gra­phié « buc­cine » comme on le fai­sait en 1698) : le mot désigne la coquille en forme de trom­pette d’un gros mol­lusque gas­té­ro­pode marin.
18 Por­ce­laine : mol­lusque logé dans un coquillage uni­valve.
19 Tur­bin ou tur­bine : le mot dési­gnait au XVIIe siècle un coquillage en forme de tou­pie.
20 En miné­ra­lo­gie, une géode est une masse pier­reuse sphé­rique ou ovoïde, creuse, dont l’intérieur est tapis­sé de cris­taux .
21 Inven­taire de la suc­ces­sion de Raby, op. cit., « art. n° 599 : le Coquiller ».
22 J. RABY, Jour­nal d’un voyage à Bor­deaux, à Londres et en Hol­lande, Par­ti en 1775 le 6 avril, texte ori­gi­nal, feuillets sur Londres(BMG, R 5751).
23 Idem, feuillets sur Amster­dam.
24 Raby pos­sé­dait une pro­prié­té agri­cole à Her­beys, dans les envi­rons de Gre­noble, qu’il fai­sait exploi­ter. On y culti­vait le blé et la vigne. La pro­prié­té com­pre­nait de grandes par­celles labou­rables, des noye­raies et des ver­gers.
25 « Curio­si­tés, objets d’art : Pérou, Mexique », in [S. GRAS], Cata­logue du Musée des Antiques […] de Gre­noble, notices n° 223 et 224 (AMG, R 2.57 d 3).
26 Idem, n° 232. (AMG, R 2.57 d 3).
27 « L’Indien mon­trant un coquillage à des dames », gra­vure du XVIIIe siècle, in P. MAURIES, Cabi­nets de curio­si­tés, Paris, Gal­li­mard, 2002, p. 193.
28 J. RABY, Jour­nal d’un voyage à Londres, op. cit., texte ori­gi­nal.
29 Pour réa­li­ser cette carte, nous nous sommes ins­pi­rés du Grand atlas de l’histoire mon­diale, op. cit., p. 181 (« L’Economie euro­péenne : com­merce et indus­trie entre 1550 et 1775 ») ; le fond de carte sur l’Espagne, l’Italie et l’Angleterre est dis­po­nible sur : http://perso.wanadoo.fr/croquis.geo.sdlv (consul­té le 11.07.2005) ; le fond de carte sur la Hol­lande sur : http://membres.lycos.fr/ceuro/1024/paysbas/cpay.html (consul­té le 11.07.2005 ; celui sur la France sur : http://www.hist-geo.com/ (consul­té le 11.07.2005 ; celui sur le Maroc et l’Algérie sur : http://www.atlashistorique.net/recherche_geographique/recherche_procheorient.html (consul­té le 11.07.2005).