Cabinet de Rochon

Le dénommé Rochon semble avoir un cabinet à Paris, dont nous n'avons pas encore trouvé la trace, et conserve néanmoins quelques objets remarquables à Brest, comme le montre ce témoignage de Jacques Cambry.

Le citoyen Rochon, si connu de l'Europe savante, si cher à ses amis, n'a pas ici les pré­cieuses machines, ces mor­ceaux curieux en tout genres, que ses voyages, ses emplois, son amour pour le beau, ont pu ras­sem­bler à Paris. Je n'ai vu chez lui que le résul­tat d'un pro­cé­dé moderne, une gra­vure sur verre, de Puy­mau­rin fils, au moyen de l'acide spa­tique, faite à Tou­louse en 1787.

Une boëte de pla­tine, sur laquelle est un joli médaillon d'or repré­sen­tant un lion en repos : une espèce de guillo­chage, un cor­don d'or détruisent le mau­vais effet de la cou­leur,  du mat du pla­tine.

Un petit tableau du colo­ris le plus brillant, d'une jolie com­po­si­tion : l'enfant Jésus debout sur les genoux d'une vierge céleste, donne des cha­pe­lets à vingt petits Amours blancs, arron­dis comme ceux de l'Albane : la vierge, cou­ron­née de fleurs, porte une tunique de pourpre ; elle est assise au fond d'une cha­pelle ornée de colonnes de jaspe. Les loin­tains sont for­més d'un cahos de mon­tagnes bleuâtres, sur­mon­tées d'arbres, d'un châ­teau, entre les­quels, de cas­cades en cas­cades, cir­cule un fleuve blanc d'écume.

Source : Jacques CAMBRY, Voyage dans le Finis­tère, ou état de ce dépar­te­ment en 1794 et 1795, Paris, Librai­rie du Cercle Social, 1799, t. 2, p. 146–147 .  Livre numé­ri­sé par Google Books.

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