Cabinet de Chevalier, Nicolas (1694, description manuscrite)

Version manuscrite du premier état du cabinet de Chevalier, situé à Amsterdam.

Le texte pré­sen­té ici, dans son fran­çais approxi­ma­tif, est celui d'un manus­crit conser­vé à la Konin­lijke Biblio­theek (Biblio­thèque royale) de La Haye sous la cote [ms 69B8]. Il se pré­sente a prio­ri comme le texte, publié la même année à Amster­dam, de la Des­crip­tion de la Chambre des Rare­tez de Che­va­lier… mais la com­pa­rai­son entre les deux textes montre de nom­breuses dif­fé­rences, en par­tie dues au fait que la confi­gu­ra­tion des lieux évo­quée dans le manus­crit et celle de la ver­sion publiée ne sont pas iden­tiques. De toute évi­dence, cette année-là, Nico­las Che­va­lier a démé­na­gé, ce qui nous conduit à consi­dé­rer le texte du manus­crit et le texte impri­mé comme deux repré­sen­ta­tions dif­fé­rentes d'un pre­mier état de la col­lec­tion. Ajou­tons que cette des­crip­tion n'occupe qu'une pre­mière par­tie du manus­crit : il fait en même temps office d'album ami­co­rum, ou de livre d'or, et recueille la trace du pas­sage des visi­teurs sans doute consi­dé­rés comme les plus pres­ti­gieux. On y trouve quelques dates anté­rieures à 1694 : on peut ain­si affir­mer que le cabi­net se visi­tait en 1692.

 

[2]

DESCRIPTION

DE LA  

CHAMBRE

DES RARETEZ

DE

NICOLAS CHEVALIER

avec les noms des

ama­teurs qui mont

hon­nore de leur

pre­sence qui ont

sous­crit chaqu’nt

un dic­tont ou devise

a la gloire de la curio­si­tez

amster­dam

1694

 

[v°]

[vierge]

 

[3]

[gra­vure tiers de page]

 

[v°]

[vierge]

 

[4]

[vierge]

 

[v°]

[vierge]

 

[5]

[gra­vure signée Schoo­ne­beek deux-tiers]

 

[v°]

[vierge]

 

[6]

[gra­vure tiers de page]

 

DESCRIPTION

De la Chambre

Des Rare­tez

DE

Nico­las Che­va­lier

 

Cette chambre est un vais­seau qua­ré un peu plus long que large. Elle reçoit son jour par deux croi­sées expo­sées au soleil orient d’Eté

 

[v°]

 

[2]

En entrant par la porte, qui est pla­cée au coin du mur opo­sé à la fenétre, vous avez a main droite une Biblio­theque, la quelle consiste en neuf planches qui contiennent tous livres choi­sis, et sur tout les ouvrages des plus celebres aut­heurs anciens et modernes qui ajent trai­té des medailles, anti­qui­tez meteores et autres matieres curieuses.

 

Au bout de cette biblio­theque il y a un espace consi­de­rable jusques a la fenétre le quel est rem­pli par un beau cla­ves­sin posé sur son pied au des­sus de ce cla­ves­sin le mure est orné de plu­sieurs rangs de petit tableaux deli­ca­te­ment tra­vaillez : quelques uns sont for­mez de paille et de fleurs de jeri­co d’autres sont com­po­sez par des lettres tres fine­ment ecrites a la main : on y voie aus­si diverses medailles et autres petit ouvrages de mina­ture

 

Ensuite jusques à la hau­teur de la biblio­theque vous avez quatre planches rem­plies d’urnes, bustes, Pateres, Pierres sur les quelles est en relief le buste de l’Empereur Seve­rus [blanc] culieres et autres ins­tru­mens concer­nant les sacri­fices, une nudi­té trou­vée dans les fon­de­mens de la ville de nimegue plu­sieurs veri­tables sta­tue antique comme la concorde une veri­table sta­tue ancienne d’homme ajant un ménir [ ?] sur la teste, un

 

[3]

buste d’un ancien Phi­lo­sophe, une téste ancienne avec une cou­ronne de l’aurier et un dia­deme, un bra­ce­let de metal, une Téte de Belier, ou il y a [en ?] [eu ?] le manche de bois d’un mar­teau, une figure par la quelle on repre­sen­toit les par­ties hon­teuses de l’homme et de la femme et que l’on por­toit au col, une autre de même nature en forme de croix, plu­sieurs anneaux Romain que les enfans de per­sonnes nobles por­toient aus­si au col sus­pen­du par une chaine d’or un poids de pierre a pointes avec quelques lettres, deux doigts dont sont on s’est ser­vi autre fois aux sacri­fices des anciens Romains plu­sieurs stiles pour écrire, qui nom­moit style il l’y a une hau­teur qui veulent que les anciens Romains se ser­voient pour arré­ter leurs man­teaux, et qu’ils appel­loient fibu­la, ou aciæ, une fiole lacri­male, une culiere à recueillir les larmes. au devant des planches pendent des lampes, des Romaines antiques, des clefs, des cou­teaux, Romaine antique de deux man­niere dife­rente le buste de Seve­rus en hivoire celuy de sa femme plu­sieurs cachet antique de Julius Cae­sare etc.

 

Entre la biblio­theque et la porte il y a une espace sur le quel sont ran­gez plu­sieurs [blanc] et

 

[4]

fleches, des crocs pour acro­cher les debris des vais­seaux fra­cas­sez, une espece de feret chi­nois qui a la figure d’une lance et ser­voit a la conduite de cer­tains petits bateaux contruits de peaux sem­blables a du vel­lin avec les quels ils alloit ramas­ser les debris des autres bati­mens.

 

La Biblio­theque est ter­mi­née par une planche qui regne tout le long du mur, elle sou­tient des bustes et figures entieres de bronze et de marbre, des urnes, des amphores, des Pierres trou­vées dans la mai­son de briet, sur les quelles se lisent diverses ins­crip­tions, des Pieres d’urnes avec ins­crip­tions, un micro­scope de deux pieds de haut, du [ciliage ?], de cornes de Rino­ce­ros ; de bas reliefs plu­sieurs figure de bronze antique modernes avec plu­sieurs autres rare­rez

 

Sur le le murs vers le pla­fond sont sus­pen­dues deux rames doubles, des quelles selon le raport des anciens aut­heurs les indiens et chi­nois se ser­vioient pour conduire ces petits bateaux dont il á été fait men­tion. Enfin le tout est ter­mi­né par un lezard de bre­zil de

 

[5]

qua­rante pieds de lon­geur [blanc] et d’une gros­seur pres que egale de puis la teste jusques a la  la queue pre­miere des­crip­tion de la pre­miers planches qui suit

 

[6]

Pre­miére

Planche, et pre­miére

face de la chambre

des

Rare­tez

 

[7]

Dis­crip­tion

de la seconde face

 

Les deux fenétres sont ornées de huit colonnes de medailles. sur l’entre deux de ces fenetres est pla­cé un bureau sur le quel sont posées deux figures de por­ce­laine blanche repre­san­tant deux pre­tresses chi­noises avec plu­sieurs autres figures chi­noises au milieu des quelles se voit un vase d’ivoire. au pied de ce vase il y a deux Tonelles de cris­tal de roche gar­nies de cercles de ver­meil doré enri­chie de pie­re­ries. elles sont ata­chées sur des petits tre­pieds de sem­blable metail ; le tout ouvrage des Indes. jan­nay veu deux sem­blable qu’une per­sonne nou­vel­le­ment venue de l’amérique appor­tée par curio­si­té a cause de l’usage, ou plû­tôt de l’abus qu’en font les négres de la côte d’or aux envi­rons de [nopo ?] en Gui­née un Capi­taine de navire qui reve­noit de ces pais-là les lui mit entre les mains, soit qu’il les eut prises par force, ou qu’il les ut

 

[8]

tirées par quel qu’autre moyen d’entre les mains de leurs pre­miers pos­ses­seurs. cest ce que je ne ce pas ; aus­si n’est il pas fort néces­saire le prin­ci­pal est de sca­voir qu’elle ont été deux objets d’Idolatrie ou de super­sti­tion aux negres, et quils ont accoû­tu­mé d’en por­ter sur eux de pareilles, de les regar­der avec vene­ra­tion, et de leur attri­buer plu­sieurs ver­tus sin­gu­lieres. cepen­dant elles n’ont aucune forme ni figure qui semble propre à don­ner ces sortes d’opinions, ils les nomment fetichs en leur langue, les portent ordi­nai­re­ment pen­dues à leur col, ou pas­sées en écharpe les plus riches les font faire d’or, et les plus pauvres en ont de bois ou de terre ou de cris­tal ; ils les prennent et les tiennent dévo­te­ment entre leurs mains lors qu’ils font leurs prieres, et sur tout dans le temps du renou­veaux et de la pleine lune, lors qu’ils com­mencent à lavoir paroitre sur l’orison, qui est le temps au quel ils luy rendent leurs plus humbles ado­ra­tions

 

Au des­sus du Bureau il y a un grand

 

[9]

miroir le quel est sur­mon­té par un tableau qui repre­sente une nimphe trai­née sur la mer par deux d’auphins dans un petit echaille tient avec ses deux mains ele­vées sur la teste une voile rouge ; plu­sieurs petits amours vol­tigent au tour d’elle sur le deux cote du miroire il l’y a des piee des­lan et arcque etc

 

[10]

Seconde

Planche, et seconde

face

de la chambre des

Rare­tez

 

[11]

Des­crip­tion

de la troi­sieme face

 

Au milieu de la face droite de cette chambre l’on voit une che­mi­née sou­te­nue sur deux colonnes de marbre au devant des quelles on a pla­cé deux figures l’une d’un mars l’autre d’une pal­las. en dedans de la che­mi­née du cote de la fenêtre il y a sur un pied d’Etale une tres belle urne antique de marbre blanc ornée de fes­tons de fruits avec cette ins­crip­tion

ACILIA HYGIA

V. A. XIX.

à l’autre coté sur un autre pied est posée une boite gra­vée dans la quelle est enfer­mée une flute douce si bien ima­gi­née qu’en tour­nant une petite mani­velle on luy fait expri­mer une dou­zaine d’airs tous dife­rens d’un tour et d’une mesure tout a fait dis­tincts et tres justes.

 

Entre ces deux pieds d’estaux est une boete qui contient un jaspe tres fin figure ovale long de huict pouce sur cinq, la super­fi­cie un peu

 

[12]

convéxe de l’un et de l’autre coté. l’histoire de josephe est peinte sur une des faces, et celle de Jonas sur l’autre. les cou­leurs y sont admi­ra­ble­ment bien dis­po­sées selon le melange ces dife­rentes teinte qui se trouvent natu­rel­le­ment dans ce marbre il est enchas­sé dans une bor­dure

 

Au des­sus de la plaque à feu sont sus­pen­dues plu­sieures boetes de fer blanc qui contiennent des Pira­mides d’ivoire de plu­sieurs hau­teurs et d’un tra­vail tres deli­cat

 

Le tour de che­mi­née et le man­teau sont com­po­sez de pieds et mains humaines en momie, d’une main de singe aus­si momie, d’œufs d’autruches, de roses de jeri­co, de cro­co­diles, d’armadilles, de came­leon, de tor­tues entieres, de Remore pois­son des plus curieux par la ver­tu qui luy est atri­buée de pou­voir are­ter les plus puis­sants bati­mens, du pois­son Pris­tis, ou Ser­ra nomé Spa­don par les hol­lan­dois, de plu­sieurs pois­sons volans, de mouches des indes de por­ce­pic, de plantes de coralle de toutes les sortes et de toute les cou­leurs, de gouces de cha­taignes,

 

[13]

de Coco, caco, et ouate avec quan­ti­té de fruits d’Araca, d’Eponges en arbris­seau et de plu­sieures sortes de Curio­si­tez les quelles revetent l’archtrave, la Frise, et la cor­niche d’une maniere qui plait et satis­fait beau­coup.

 

Sur la cor­niche on voit quinze Bustes celuy du milieu plus grand que les autres repre­sente Guillaume pre­miere prince d’Orange ; les sept de chaque coté sont les douze Empe­reurs entres les quels sont pla­cez deux Phi­lo­sophe sur les deux coins il y a deux bou­teilles en forme de petites tou­relles [ ?] ; elles sont rem­plies d’esprit de vint dans l’une nage une cro­co­dile conser­vé en son entiers et dans l’autre un Basi­lic

 

Au des­sus de ces orne­mens est atta­ché un tableau de saint Pierre d’un des meilleurs gouts, et des meilleurs colo­ris des plus habiles maitres. deux autres petits tableaux l’accompagnent

 

Dans l’espace qui est entre la che­mi­née et le coté des fenétres on a pra­ti­quée une alcove. au milieu est un Cabi­net, sur le quel sont posez les deux Bustes du Roy Guillaume

 

[14]

et de la Reine marie sepa­rez par une masse d’un tres beau marbre taillée en figures de deux hommes dont l’un sou­tient l’autre qui enleve une femme entre les bras. ce qui exprime assez bien l’enlevement des sabines. l’ouvrage est antique et d’un gout exquis.

 

Voi­ci la pein­ture du Cabi­net. sur les deux Batans fer­mez on voit une medaille, qui repre­sente les sciences et les arts ocu­pez a la fabrique des medailles et autres monu­ments au sujet des actions des hommes Illustres, afin d’en conser­ver la memoire chez la Pos­te­ri­té. autour on lit ces paroles,

 

SINGVLARIS. IN. SINGVLIS. IN.

OMNIBVS. VNICVS,

 

Ce qui exprime en fran­cois,

 

seul en chaque chose,

et unique en toutes ;

 

Le Pied d’Etale de ce Cabi­net est com­po­sé d’une grande quan­ti­té de tiroir qui forment une

 

[15]

sur­face plaine, sur la quelle on lit cette ins­crip­tion

 

REPOSITORIVM. NVMISMATVM,

AC. INSTRVMENTORVM. AD.

EA. SIGNANDA.

PERTINENTIVM.

 

L’interpretation fran­coise est

 

Cabi­net qui ren­ferme

des medailles, et les

Ins­tru­mens dont

on se sert pour

leur fabrique.

 

Le Cabi­net etant ouvert, vous voyez peints sur la face plu­sieurs monu­mens tant antiques que modernes et entre autres la colonne des princes de la mai­son d’Orange avec leur écus­sons, au des­sus des quels sont les sept fleches sur le

 

[16]

cha­pi­teau de la colonne est pla­cé le buste du Roi Guillaume trois : une Reno­mée embou­chant la trom­pete pour publier ses faits et ses ver­tus heroiques vole avec la cou­ronne de l’aurier a la main pour la luy mettre sur la tete vers le bas l’histoire paroit fort empres­sée et avec un air d’admiration décri­vant les exploits de ces Princes sui­vant les medailles et les autres monu­ments publiques qui luy sont apor­tez de toutes parts tou­chant ce sujet. vous aper­ve­vez dans un eloi­gne­mens le temps s’avancant avec sa faux et fai­sant efort pour abatre la figure d’un heros posée sur un pie­des­tale. sur le coté du Cabi­net ouvere, qui est vers la fenetre est encore depeinte l’histoire a la quelle on vient apor­ter des medailles, vases, urnes et autres pieces antiques qui ont été decou­vertes : et sur l’autre coté est la fable de cet homme qui apres avoir fait pen­dant un long tems tous les jours des prieres et des sacri­fices à son Idole avec espe­rances d’en rece­voir du secours, se fachant enfin de voir tant de vœux et tant d’ofrandes inutiles, prend un levie [ ?], brise

 

[17]

l’Idole et la metant en pieces en voit sor­tir un Tre­sor qui y avoit été ren­fer­mé par l’ouvrier

 

Le devant de l’alcove tant les Pilastres que le ceintre sont ornez de medailles et au pied de chaque Pilastre, il y a deux figures l’une de la Jus­tice et l’autre des trois graces.

 

Au des­sus de l’alcove il y a sept figures ran­gées sur une même ligne. la sta­tue Equestre du Roy Guillaume est au milieu. il est en atti­tude de com­man­dant a la tête de ses armées. vers la fenêtre, sont les bustes de la femme de Cara­cal­la et de son mari sepa­rez par une pyra­mide de verre qui est un ter­mo­metre tour­né en tri­angle et au bout est le dieu Terme. de l’autre coté sont les Bustes de Faus­tine sepa­ré de celuy de Cara­cal­la le fils par une sem­blable pyra­mide de verre ; et au coin est le buste de la belle Omphale la Reine de Lydie dons les charmes furent si puis­sans qu’ils enga­gerent her­cule a venir filer aupres d elle. Elle est marbre corin­thien jas­pé ; les autres sont marbre

 

[18]

blanc, tout ouvrage antique.

 

Le tout est ter­mi­né par ceste planche qui regne au tour de la chambre en forme de cor­niche et qui sou­tient des vases, des urnes, des cou­loirs et autres ins­tru­ments de difé­rentes formes et diverses gran­deurs concer­nants les sacri­fices.

 

A l’autre coté de la che­mi­née au des­sous de cette planche regnante il y a sept Planches rem­plies de plu­sieurs curio­si­tez antiques de dif­fe­rentes especes. comme vases d’unes. Pater. Cabi­net d’ambre avec des ba Reliefs divoire coraille en arbris­seau Rouge. de coraille blant aus­si en arbris­seau et de plu­sieurs cou­leurs de figure de verre. de plu­sieurs sortes de cocil­jage. de bustes et figure entiere de bronze. de Pierre curieuse qui se sont trouve dans le chas­teau de biet que jay rasemble en plu­sieurs temps dans des voyage que je fait

 

[19]

de temps et temps pour cela ; elle sont toute de dife­rente man­niere avec plu­sieurs autres curio­si­tez

 

[20]

Face troi­sieme

et Troi­sieme planche

de la

chambre Des

Rare­tez

 

[21]

Des­crip­tion

de la

Qua­trieme face

 

La qua­trieme est celle sur la quelle la porte est située    au milieu est une alcove ele­vée par une Estrade qui a deux degrez sur le coins de cha­qu une des quelle il y a des pieds d’Estaux qui sou­tiennent des figures : vers la che­mi­née est un marse et une diane, en buste, et vers la porte est une pal­las et le buste de mer­cure. sur les deux Pilastres qui sont aux cotez de l’alcove sont posées les sta­tues de deux gla­dia­teurs en ati­tude de com­ba­tant au milieu est un Cain tenant sont frere abel ren­ver­sé par terre et l’assomant avec une machoire d’ane. Des pyra­mide de verre a trois faces sont pla­cées entre les gla­dia­teurs et le Cain

 

[22]

Dans l’interieur de l’Alcove est un Cabi­net sou­te­nu sur un pied a six colonnes torses deux der­riere et quatre sur le devant. la frise repre­sente en pein­ture gri­saille la pompe d’un Triomphe antique. entre les colonnes sont les repre­sen­ta­tions d’un Tro­phée de terre et de celuy de mer et au milieu une har­pie sou­tient cette ins­crip­tion

 

[place vierge]

 

Toutela Pein­ture du Cabi­net qui est maniere gri­saille est apli­quée a l’histoire de Guillaume trois Roy de la Grand Bre­tagne ; comme nous l’explicqueront apret cest des­crip­tion de cest face

 

Les deux batans etant ouverts vous aper­ce­vez

 

[23]

plu­sieurs colonnes de Tiroirs qui contiennent des suites des medailles concer­nant l’histoire Rom­maine plu­sieurs medailles Grecques et autres antiques et curieuses l’histoire d’hollande par les medailles. dans le milieu est comme un petit Cabi­net par­ti­cu­lier qui ren­ferme les medailles conser­nant l’histoire du Roy Guillaume avec la suite que je feray paroir aus­si tot que jen pour­ray faire un second volume

 

Le haut du Cabi­net est ter­mi­né par une maniere de soc le quel contient quatre tiroir qui ren­ferment un tres grands nombre de semences et de mine­raux apor­tez des Indes d’Arabie et des autres lieux les plus curieux

 

Au des­sus de ce soc la sta­tue d’un her­cule sou­te­nant le monde sur ses epaules est pla­cée entre les bustes d’Heraclite et de Demo­crite, ces deux fameux phi­lo­sophes dont le pre­mier pleu­roit inces­sa­ment toutes les miseres des hommes, et le seconde ne ces­soit de rire du ridi­cule qui est inse­pa­rable

 

[24]

de toutes les actions humaines.

 

Dans le fond de l’alcove un peu plus haut que le Cabi­net il y a un demi cercle au devant du quel les douze médailles des Empe­reurs sont sus pen­dues et au des­sus de chaque medaille le buste du mesme Empe­reur est sur un pied d’estale les douze Bustes sont sepa­rez au milieu par un sphere et de six en six par les globes celestre et ter­restre

 

L’Espace qui est entre cet alcove et la che­mi­née est rem­plit par trois planches qui sou­tiennent des livres et autres choses dignes de remarque

 

Celui qui est vers la porte est gar­ni de plu­sieures armes Indiennes et chi­noises, comme [ ?], masses, glaive, poi­gnard, arba­léte, fleches, et de plu­sieurs miroirs chi­nois. sur le coté de l’alcove on voit des armes a feu Euro­peenes de la meillieure mains, au des­sos des queles est une balance des

 

[25]

Indes avec ses poids. jen feray la des­crip­tion ajeure et non pas isy.

 

La porte est ornée de divers corailles, d’Eponges en arbris­seau et de plu­sieurs rare­tez et audes­sus de la porte est un tableau repre­sen­tant une féste de vil­lage

 

Cette face est ter­mi­née comme les autres par cette planche qui regne tout a tour de la chambre des vazes des urnes des pierres ins­crites, et divers monu­nu­mens rares et excel­lents sont dis­po­sez sur cette planche ; au paravent que de faire la des­crip­tion du pla­font je feray celle de la pein­ture du Cabi­net qui tout a fait aplicque avec l’ornement de son alcove a l’histoire du Roy Guillaume

 

[26]

Qua­trieme

Planche, et qua­trieme

face

de la chambre des

Rare­tez

 

[27]

DESCRIPTION

DE LA

Pein­ture du cabi­net

et de son alcove

 

Nous n’entreront point dans le detail du Cabi­net je ferai seule­ment la des­crip­tion de la Pein­ture dont il est embel­li, avec celle des orne­mens de l’Alcove au milieu de la quelle il est pla­cé, me reser­vant a le faire dant mon grand ouvrage qui aura pour titre ; Le Cabi­net de Nico­las Che­va­lier. conte­nant une Des­crip­tion de la pein­ture dont il est orné ; l’histoire des Empe­reurs en abre­gé com­prise dans les medailles

 

[28]

antiques qu’il ren­ferme, et une diser­ta­tion sur plu­sieurs Pieces aus­si antiques qui ont éte trou­vées dans la mai­son de Biet pret de Leyde, avec une autre Des­crip­tion des ani­maux les plus rares et les plus dignes de la curio­si­té. nous repran­dront nostre dis­cour

 

On découvre dabord dans cette alcove un atlas, qui sou­tient le globe au milieu de deux belles Pira­mides Royalles, sur l’une des quelles est posé le buste du Roi, et sur l’autre celuy de la Reine ; sur la face du Pie­des­tal de celle du Roi on lit cette ins­crip­tion

 

Pru­den­tia augus­ta

 

Qui nous veut dire en fran­coit

 

Auguste par sa pre­sence

 

Et sur le pié­de­tal de la Pira­mide de la Reine on lit cest autre ins­crip­tion

 

[29]

Regum Decus

 

Sont expli­ca­tion en fran­coit est

 

L’honneur des Rois

 

A l’un des côtés de châque Pira­mide on voit la figure d’Heraclite et celle de Demo­crite ; le pre­mier repand des pleures à cause des soties et de la vani­té du monde et l’autre au contraire rit de toutes ses sotisse. vers le milieu de l’alcove paroit le Roi Guillaume sous la figure d’un Heros, qui sur­monte le Roi Jaques, repre­sen­té par le Geant Cacus. aux deux cotés il y a deux Pira­mides de verre tres belles à trois faces, qui marquent les degres de la cha­leurs ; et au haut de chaque Pira­mide une boule sur l’une des quelles est posée la sta­tue du Roi à che­val dans la pos­ture et avec toutes les marques d’un com­man­dant, et sur l’autre celle de la Reine aus­si à che­val en habit d’Amazone, prête à defendre ses cou­ronnes, avec cette ins­crip­tion au Pie­des­tail de la Pira­mide,

 

[30]

qui sou­tient la sta­tue du Roi

 

REX. ET. REGINA

BEATI

Heu­reux Roi Heu­reuse

Reine

 

Et cette autre à celuy de la Pira­mide de la Reine

 

Jun­git amor Patriæque

salus

L’amour et le salut de la

Patrie les unit

 

Sur l’une des colonnes de l’alcove on voit un gla­dia­teur, qui se pré­pare au com­bat, pour mar­quer les Pre­pa­ra­tifs de Guerre que le Roi fait de puis long tems, et sur l’autre Her­cule qui ter­rasse Briances, qu’on apper­coit mou­rant pour desi­gner que sa majeste porte des coups si ter­ribles à la puis­sance de Louis qua­torze qu’elle se sau­roit man­quer de

 

[31]

suc­com­ber. autour de l’alcove sur le der­riere on voit les bustes des douze Empe­reurs Romains, et sous chaque Buste la medaille de châque Empe­reur une sphere qui est au milieu de ces douze bustes les par­tage de sorte qu’il y en a six d’un coté et six de l’autre, qui sont encore sepa­rés par le milieu où l’on a pla­cé d’un coté le globe ter­restre et de l’autre le celeste à l’opposite l’un de l’autre. Tous ces Empe­reurs sont repre­sen­tés dans leur fir­ma­mens mar­quans leur admi­ra­tion et leur éton­ne­mens de voir les faits heroiques et les glo­rieux exploits du Roi Guillaume sur­pas­ser de beau­coup toutes leurs actions les plus écla­tantes. tout cela est accom­pa­gné de puis le haut des colomnes de l’alcove jusqu’au bas de plat­fonds, où l’on voit la repre­sen­ta­tion de plu­sieurs batailles par mer et par terre. outre outre les pira­mides dont je vient de faire men­tion on en voit encore une autre, ornée de medailles, qui repre­sentent plu­sieurs grandes actions de sa majes­té sur le demi cercle du haut de l’alcove à l’un des cotés paroit la sta­tues de mars, et a l’autre

 

[32]

celle de Pal­las en figure entiere, elles sont accom­pa­gnées de celles de Mer­cure et de Diane en buste cha­cune sur un autres Pie­des­tail. les trois pre­mieres de ces sta­tues repre­sentent les sciences mili­taire, et Poli­tique du Roi, et la qua­trieme est un embleme de la chas­te­té de la Reine. sur la face du Cabi­net on voit lors qu’il est fer­mé le Des­tin avec l’Eternité autour de sa tete, d’une main il tient des cloux, et de l’autre un mar­teau d’acier. Jupi­ter qui suit le Terme du Des­tin eter­nel enchaine la for­tune, repre­sen­tée sur une boule pour mar­quer son incons­tance, et n’ayant des che­veux que sur le devant de la tete, pour faire com­prendre que ce n’est que par cet endroit qu’on peut arre­ter l’occasion et qu’il faut la savoir prendre lors qu’elle se pre­sente ; d’un main elle tient son voile qui s’enfle et de l’autre elle repand la corne d’abondance, d’où l’on voit sor­tir des sceptres et des cou­ronnes, des Tre­sors et de pre­tieux joyaux, en un mot les Richesses et la

 

[33]

gloire, qu’elle dis­tri­bue au Roi, qui est repre­sen­té a che­val devant elle sous la figure d’un heros.

 

Der­riere la for­tune on apper­cois, des embra­se­mens et des ruines, la Terre paroit cou­verte de corps morts, d’armes, et de butin, d’une part on voit des fuyards, et de l’autre des tentes bri­sées, et des vil­lages rui­nés et saca­gés, et l’on connoit que tous ces mal­heurs son l’efet de la foudres, qui vient d’en haut.

 

Ce Cabi­net est sou­te­nu par six colomnes, par quatre sur le devant, et par deux sur le der­riere, au des­sus de celle qui sou­tiennent le devant on voit un Triomphe antique qui repre­sente ceux qu’on a fait à la haye, et au milieu on lit cette ins­crip­tion

 

INVEN. EXTRVX. ORN.

NICOLAVS. CHEVALIER

OLYMPIAD. D.CXVII. ANN. I.

AB. VRB. COND. M.M.CCCCXXXXIII

SAL. D.D.C.XCI.

 

Invente fait et orne

par nico­las che­va­lier

En la D. CXVII olym­piade

l’an de l’Empire de puis la

fon­da­tion de Rome M.M.CCCCXXXIII

et de salut DD.C.XCI

 

Au des­sous de cette Ins­crip­tion on voit une har­pie, qui paroit crier comme une per­due contre le bon­heur de ceux, à qui elle porte envie ; et a coté sont repre­sen­tés les heu­reux suc­cés des armes du Roi, par les Tro­phées d’armes des Enne­mis qu’il a def­faits en Irlande et Ecosse et ailleurs.

 

Pre­sen­te­ment sa majes­té viens ache­ver leur defaite afin de rendre la Paix a l’Europe, et la remettre dans sa

 

[35]

Pre­miere tran­quilli­té. on fait rendre a un cha­quun ce qui luy appar­tient ; voi­sy la pre­mier planche du Cabi­net

 

[36]

Pre­miere

Planche du cabi­net

ferme

 

[np]

[planche pleine page, signée R. de Hooge]

[ver­so vierge]

 

[37]

Expli­ca­tion

de la seconde

Planche du cabi­net

Pre­miere ouver­ture

 

La Cabi­net s’ouvre en deux par­ties ; dans la pre­miere on découvre un autre petit Cabi­net ren­fer­mé dans le grand, où sont gar­dées toutes les medailles qui consernent le Roi de puis sa nais­sance jusques à present J’ai don­né beau­coup de tems, et appor­té un soin par­ti­cu­liere à les amas­ser, et elles ont ser­vi à com­po­ser mon his­toire metal­lique, que j’ai condui­té jusqu’à la reduc­tion d’une par­tie de l’Irlande, et que j’espere de conti­nuer, aus­si tôt que j’aurai un nombre suf­fi­sant de medailles pour pou­voir rem­plir

 

[38]

un volume, n’ayant en vûe dans ce des­sein, que de conser­ver à la Pos­te­ri­té les belles et glo­rieuses actions d’un si grand Roi.

 

Ce petit cabi­net sert de Pie­des­tal à une magni­fique Pira­mide entou­rée des armes de sa majes­té, avec Jar­re­tiere, et tra­ver­sée par les quatre sceptres des Royaume d’angleterre, d’Eosse, de france, et d’Irlande.

 

Au coté droit on voit des lau­riers, qui croissent autour de cette Pira­mide, et au gauche une Palme, pour repre­sen­ter la gloire que ce prince Illustre a rem­por­tée dans la Paix et dans la Guerre. au des­sus à l’un de ces cotés, on voit la Peo­sie et l’Histoire, et à l’autre la Desse des siences, avec celle de la Guerre accom­pa­gnée de tous les tra­vaux de mars, qui éter­nisent la gloire des hommes Illustres par le moyen des medailles, qu’on frape pour leur faire hon­neur et pour leur ser­vir de monu­ment per­pe­tuel, au bas on aper­coit l’Antiquité, qui marque son éton­ne­ment et sa sur­prise, et qui fait méme

 

[39]

paroitre un peu de cha­grin de voir que le Roi Guillaume ait sur­pas­sé tout ce qui n’avoit pû l’étre dans les siecles pré­ce­dens,

 

On y voit encore un buste les plus grans conqué­rans, avec tout ce que l’antiquité a fait de plus beau et de plus ache­vé pour éter­ni­ser les actions heroiques, et les Triomphes superbes de Cesars et le Tibre qui a eu l’avantages de contem­pler ces actions et ces Triomphes avec admi­ra­tion, y paroit aus­si, éton­né et confus de voir que sa majes­té efface tous ces heros nour­ris du lait d’une louve

 

Sur une des portes de ce cabi­net paroissent les quatre monar­chies fon­dées par Ninus, Cyrus, Alexandre, et Jules Cesar, elles sont repre­sen­tées cha­cune sous la figure qui luy convient, mar­quant leur cha­grin, et leur colere de se voir dans le mepris et dans l’oubli depuis qu’on a vû écla­ter toutes les mer­veilles et les actions sur­pre­nantes du Roi,

 

On y voit aus­si un Bati­ment magni­fique

 

[40]

de l’antiquité, et d’autres monu­ments superbes, qui dis­pa­roissent à la vûe de ce monarque, qui est au jour d’huy l’admiration de tous les Peuples, et la ter­reur de ses Enne­mis, le sou­tient des foibles, et le libe­ra­teur des oppres­sés.

 

Sur l’autre porte on apper­çoit la veri­té, accom­pa­gnée de la sience des medailles, qui decouvre tout ce qu’il y a de plus cache dans le sein de la terre, d’où elle tire un vaze plein de medailles, qui ren­ferment la connois­sance des choses que l’histoire a per­dues, ou oubliées, et que cette science va cher­cher jusques dans les Tom­beaux les cer­cuiels, et les urnes de l’antiquité.

 

On voit au des­sus la Renom­mée de bout sur un monu­ment avec des ailes et une Trom­pette, qui fait revivre les actions illustres des grand de l’antiquité par cette decou­verte de medailles et publie par tout la terre la gloire et les actions heroiques du Roi

 

[41]

Guillaume troi­sieme

 

Comme cette planche est de meme que la pre­miere, et que j’en ai déjà don­né l’explication, je ne las­se­rai point la patience du lec­teur par des repe­ti­tion inutiles. On lit au bas la méme ins­crip­tion

 

[42]

Seconde

Planche du cabi­net

ouvert

 

[np]

[[gra­vure pleine page signée R. de Hooge]

[ver­so vierge]

 

[43]

Expli­ca­tion

de la

Troi­sieme planche

seconde ouver­ture

 

Cette seconde ouver­ture est celle du petit cabi­net ren­fer­mé dans le grand, et qui comme nous l’avons dit ci-des­sus contient dans les quatre coins l’histoire du Roi c’est là qu on trouve les medailles où est gra­vée l’Histoire des Illustres pre­de­ces­seurs de ce heros fon­da­teurs de cette flo­ris­sante Repu­blique, qui doit à leur valeur et à celle de sa majes­té toute la splen­deur et la gloire, où on la voit au jour d’huy :

 

Au coté droits de ce Cabi­net sont les Medailles antiques, qui contiennent

 

[44]

l’Histoire des Empe­reurs Romains et au gauche on voit avec des mon­noyes de divers Pais, d’autres medailles, qui com­prennent celle des grecs.

 

Dans le pie­des­tal du haut de ce Cabi­net il y a plu­sieurs tiroirs, qui ren­ferment des drogues, et des semences tres rares de diverses contrées, et au bas d’autres tiroirs, atta­chés au pié du Cabi­net, et rem­plis des mine­raux les plus recher­chés.

 

Pour la pein­ture elle repre­sente au milieu le Roi dans sa pre­miere jeu­nesse, éle­vé comme les Heros de l’antiquité, sur un bou­clier, apres avoir triom­phé de ceux qui por­toient envie a son heu­reuse nais­sance ce bou­clier est sou­te­nu par sept che­va­lier fameux, qui repre­sentent les sept pre­mier des pro­vinces unies, qui furent choi­sis par Nos­sei­gneurs les Etats pour por­ter à ce Prince la nou­velle de son réta­blis­se­ment dans les charges de ses ancétres par son éle­va­tion à celle de Capi­taine Gene­ral

 

[45]

de leurs armées par mer et par terre

 

La flote qui paroit en eloi­gne­ment vient le recon­noitre pour chef et pour ami­ral. au des­sous on voit la hol­lande repre­sen­tée sous la figure d’une femme armée de toutes pieces ; elle porte l’Ecusson des Etats Gene­raux, sur lequel est repre­sen­tée sa chere liber­té, rele­vant la gloire du Gou­ver­ne­ment, qui étoit comme aba­tue par les mal­heurs de la divi­sion. On y voit aus­si le siege du Gou­ver­ne­ment des ancêtres de ce prince Illustre ren­ver­sé par ses Enne­mis, avec les armes de la mai­son d’Orange, et l’Envie fou­droyée par un ange décen­du du ciel qui ins­pire à l’Etat d’éléver ce grand Prince né pour le bon­heur de sa patrie aux charges de ses Per­es ; ce qui reta­blit un meilleur suc­cés dans les affaires, sui­vi d’une Paix Pro­fonde.

 

Sur la porte, qui ferme cette par­tie

 

[46]

du Cabi­net, on voit au-dedans nôstre grand Roy Guillaume troi­sieme avec la Reine Marie son Illustre Epouse en pos­ses­sion des trois Trones de la grande Bre­tagne ; l’Angleterre, l’Ecosse, et l’Irlande deli­vrées de la ser­vi­tude qu’elles avoient sou­ferte sous la tira­nie du Roi Jaques, viennent leur offrir cha­cune son sceptre, et devant leurs Majes­tés paroissent aba­tues les brigues et les conspi­ra­tions, qui ont été faites contre leurs per­sonnes sacrées, et tout cela est accom­pa­gné d’armemens pour ces expe­di­tions, tant par mer que par terre.

 

Au pla­fond de l’alcove paroissent en dedans les succes heu­reux, pro­duits par la for­tune, avec la double corne d’abondance, qui repand tous ses Tre­sors sur les Illustres familles de Nas­sau et de Stuard, et les anges

 

[47]

de la Renom­mée du Roi et de la Reine, qui vont publier par tout le Triomphe et la gloire de leurs majes­tés. sur le Pie­des­tal, qui est au côté droit du cabi­net on voit Mars debout, et sur la face du devant ce dieu peint assis tenant le chifre du Roi : sur celui qui est au côté gauche on voit Pal­las aus­si dou­ble­ment repre­sen­tée de la méme maniere et dans la même pos­ture que Mars avec le chifre de la Reine qu’elle tient et sur deux autres Pie­des­taux un Tro­phée d’armes en une car­touche sur laquelle on lit deux Ins­crip­tion faites à la gloire de nôtre grand monarque voi­ci ces deux Ins­crip­tions, qui se lisent aus­si sepa­re­ment sur les deux Pie­des­taux

 

SVAVIS ODOR REFICIT

 

qui veut dire en fran­cois

 

Son odeur douce nous res­taure

 

[48]

l’autre est

 

DAT FLORENS FRVCTVS

 

qui est

 

En fleu­ris­sant il donne

ses fruits

 

Ces deux devises nous font com­prendre, que des le moment que leurs majes­tés ont été sur le Trone elles nous ont don­né des marque de leur pou­voir en nous ras­su­rant de nos craintes, et faits sen­tir les effets de la dou­ceur de leur Regne, ce qui est un temoi­gnage assure de leur bon­té et de leur amour pour les peuples ; pre­sen­te­ment il sent vat faire tout son pos­sible pour redon­ner le repos et la tran­qui­li­té a tout l’Europe qui gemit et lan­gui apret sa liber­té quil a per­du par les infrac­tion que la France a fait en ron­pant le

 

[49]

traite fait les alliée aus­si ne veulent il pas qui­ter les armes aupa­ravent de sasu­rer d’un paix solide et ferme

 

[50]

Troi­sieme

Planche du cabi­net

Deuxieme ouver­ture

 

 

[np]

[gra­vure pleine page, signée R. de Hooge]

[ver­so vierge]

 

[51]

Expli­ca­tion

de la IV planche

Conte­nant les deux faces

des deux cotes du

Cabi­net

 

Sur l’une des faces des deux côtés de ce cabi­net, on a repre­sen­té une nayade, pour signi­fier les vic­toires rem­por­tées par terre, et sur l’autre Nep­tune pour mar­quer celles qu’on a obte­nues sur mer. ces deux figures, sont accom­pa­gnées d’autres repre­sen­ta­tions, qui exposent à la vûe des cap­tifs, et des peuples rebelles vain­cus, avec toutes les armes dont on se sert pour les expe­di­tions tant de mer que de terre apres les vic­toires paroit la grace, dont les genoux sont embras­sés

 

[52]

par des per­sonnes qui s’humilient apres leur défaites, et qui posent les armes à ses piés.

 

On voit aus­si sur l’une de ces deux faces la Rage du peuple dom­tée et aba­tue, avec des sta­tues ren­ver­sées, et bri­sées, et plu­sieurs tre­sors de medailles. et sur l’autre le tems sur­mon­té par la sience des medailles toutes ces repre­sen­ta­tions sont accom­pa­gnées de Triomphes et de divers autres orne­mens, qui embe­lissent le Cabi­net.

 

Au reste tout y paroit avec beau­coup plus d’étendue, et de dis­tinc­tion que dans les planches pre­ce­dentes, comme on le peut voir dans celle-ci.

 

Nous repran­dront nostre des­crip­tion de la chambre de Rarete que nous avions quite pour faire celle de la pein­ture

 

53]

Du Cabi­net ; il ne reste plus a faire que la des­crip­tion du pla­font de la chambre ce que nous alons faire

 

[54]

Qua­trieme

Planche conte­nant

les deux faces

des deux côtes

du cabi­net

 

[np]

[gra­vure pleine page, signée « Gra­vé Par le Fameux Romain de Hooge »]

[ver­so vierge]

 

[55]

Des­crip­tion

de la

Cin­quieme planche

qui repre­sente le plat-

fond de la dite

chambre

 

Le Plat-fond de la chambre est de plu­sieurs ani­maux des plus rares et des plus sin­gu­liers.

 

On y voit un ser­pent mons­treux de cin­quante piée de lon­geur et quatre de gros­seur. plu­sieures cornes de licornes un

 

[56]

Cro­co­dile de huict pieds de long, d’un Remore de dix pieds, un Pris­tis ou ser­ra ou Spa­don de onze pieds, avec plu­sieurs autres de moindre lon­geur, plu­sieurs Pois­sons volans, un dau­phin, des œufs d’autruche, de Gousses de cha­taignes de coco, de caco et ouate avec un grand nombre des fruits les plus curieux de l’arabie et des Indes :

 

Une lan­terne chi­noise : un petit bateau chi­nois dont on usoit dans le pais pour recuillir les debris et pieces des bati­mens bri­sez et qui fai­soit ofra­gee par les tem­petes :

 

La Trompe d’un Ele­phant : plu­sieurs cannes de sucre : un Pois­son nom­mé aequi­la­rius Tri­go­nius : un autre aqui­la­rius titra­go­ni­ci : une Trom­pete

 

[57]

par­lante de dix piee de long de fer blant une de verre de la meme lon­geur fort extra­or­di­naire pour la lon­geur :

 

Des piez d’Elant et autres curio­si­tez de dife­rentes especes

 

[58]

Cin­quieme

planche de la

Des­crip­tion de

la chambre des

rare­tez conte­nant

le Plat-Fond

 

[59]

Pre­face

Aux ama­teurs des

medailles et autres curio­si­tés

dont il sera fait men­tione dans

mon grand ouvrage qui sera

la Des­crip­tion de mes rare­tez

qui pare­tra au pre­mier jour

 

Les Medailles tant antiques que modernes exigent ega­le­ment l’admiration des curieux. d’un jet d’œil elles nous apprennent la prise d’une ville, la levée d’un siege, les Revo­lu­tion d’un estat et la mort des grands hommes aus­si bien que leur nais­sance :

 

C’est un abre­gé his­to­rique qui nous dit plus en deux ou trois mots, qu’un livre ne fai­roit en

 

[60]

cent paroles,

 

Elles ins­truisent nos yeux dans le mesme tems qu’elles les recreent ; et pour si peu qu’on com­mence a connoitre l’Utilité et le pro­fit qu’on recoit des medailles et autres curo­si­tez et le plai­sir qu’on se donne a les consi­de­rer, on se trou­ver­ra obli­gé de louer mon des­sein ; et ne refu­se­ront pas d’honnorer ce recueil de leur applau­dis­se­ment quand il pare­tra en naten­dant nous supliont les ama­teurs de vou­loir sous­crire dans ce pre­sant volume cha­cun selon son Genie quel que Dic­ton à sa louange je join­dray isy les vers que jay fait a la louange d’aucuns ama­teurs qui mont hon­nore de signer dans leur livres ; je joint aus­si un vers que jay fait pour un amy qui a este sept anne sans avoir d’anfant cest pre­face ser­vi­ra de letre pour suplier les curieux ama cor­der la grace que je leur demande en aten­dant je demeu­re­ray

Mes­sieurs

vostre plus humble

et plus affec­tionne ser­vi­teur

[signa­ture : N Che­va­lier]

 

[61]

De Wilde ton esprit chez tous les curieux,

Tient le rang le pre­mier et le plus glo­rieux :

Car connois­sant à fond les médailles antiques,

Tu rends les faits dou­teux, cer­tains et authen­tiques,

Eta­lant par tes soins aux yeux de l’univers

De tant d’exploits cachez ces monu­mens divers.

 

A la gloire du Cabi­net

de mon­sieur

Jacob de Wilde.

 

Si l’on veut en deux mots bien entendre l’histoire,

Et des siécles pas­sez rap­pel­ler la mémoire ;

De Wilde, c’est chez vous que l’on doits s’adresser,

Per­sonne sur ce point ne vous peut sur­pas­ser :

Car vôtre Cabi­net ren­ferme les antiques,

Et seul vous avez l’art de les rendre authen­tique

 

Je suis vostre tres humble

et tres affec­tionne ser­vi­teur

[signa­ture : Che­va­lier]

En relation :

  • Cabi­net de Che­va­lier, Nico­las (1716–1720 ?)

    Qua­trième état connu de la col­lec­tion de Nico­las Che­va­lier, il s’agit du der­nier cata­logue impri­mé publié, sans date, du vivant du col­lec­tion­neur.

     

  • Cabi­net de Che­va­lier, Nico­las (1721)

    Cata­logue de vente après décès de la col­lec­tion de curio­si­tés de Nico­las Che­va­lier (1721).

     

  • Cabi­net de Che­va­lier, Nico­las (1712)

    Second cabi­net de Nico­las Che­va­lier, situé à Utrecht (1712).

     

  • Cabi­net de Che­va­lier, Nico­las (1702)

    Seconde Edi­tion. A Amster­dam, Chez l’Auteur, Mar­chand Libraire. 1702. Nico­las Che­va­lier décrit avec pré­ci­sion les objets et la confi­gu­ra­tion de ce qu’il appelle sa « chambre des rare­tez », gra­vures à l’appui, en seconde par­tie d’un petit ouvrage inti­tu­lé Remarques sur la piece antique de bronze… (1694 pour la 1ère édi­tion).

     

  • Cabi­net de Che­va­lier, Nico­las (1694)

    C’est là le pre­mier état de la publi­ca­tion du cabi­net de Nico­las Che­va­lier ; cette des­crip­tion date de 1694.

     

  • Cabi­net de Che­va­lier, Nico­las (1685–1720)

    La col­lec­tion de rare­tés de Nico­las Che­va­lier consiste en trois cabi­nets de curio­si­tés, consti­tués entre 1685 et 1720, dont nous don­nons ici les quatre publi­ca­tions détaillées.

     

  • « Sta­tuette des trois Grâces » de Nico­las Che­va­lier

    Cette sta­tuette, que Che­va­lier men­tionne pour cha­cun de ses cabi­nets suc­ces­sifs et que l’on retrouve pro­po­sée à la vente dans le cata­logue de vente après décès édi­té par la veuve Des­bordes, est en réa­li­té une sta­tuette qui repré­sente la triple Héca­té.